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DUFRICHE-VALAZÉ (Charles-Eléonor,1751-1793) conventionnel (Orne) ; membre influent du
parti Girondin, condamné à mort, il se poignarda en entendant la sentence.
Lettre autographe,
[Conciergerie]
7 octobre an II
(1793), à sa femme à Alençon.
1 page in4, adresse.
Émouvante lettre de prison, écrite 23 jours avant sa mort.
On est venu hier le chercher à la prison de la Force : “on m’a transféré à la Conciergerie. J’y suis logé
avec Vergniaud, Ducos et Fonfrède. Tous mes autres collègues ont été pareillement transférés.
(…) il y a quatorze lits, mais vu la grandeur de la chambre, nous ne sommes point tassés (…) Je suis
donc aussi bien qu’on peut être. Il n’y a qu’une chose à laquelle je ne peux pas me faire, c’est que je suis
dans le voisinage de la veuve Capet ; et que les même verroux nous enferment l’un et l’autre comme
pour indiquer par ce rapprochement une complicité entr’elle et moi, c’est peut-être ce qu’il y a de plus
extraordinaire dans ma destinée. Amie, je me porte bien, très bien”. Il espère que sa femme et ses deux
enfants vont bien, alors il sera content. Il termine sa lettre ainsi : “Et je crie avec toi vive la République”.
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DUBOIS-CRANCÉ (Edmond-Louis-Alexis, 1747-1814) général et conventionnel (Ardennes).
Pièce signée “Dubois Crancé”,
contresignée par Sébastien de Laporte (1760-1823, Haut-Rhin),
Quartier général de la Pape 23 août 1793.
1 page in-4 à en-tête
Les Représentants du Peuple envoyés près l’Armée des Alpes
.
Siège de Lyon.
[Au printemps 1793, Dubois-Crancé fut nommé commissaire à l’Armée des Alpes. Promu général de
brigade, il dirigea le Siège de Lyon. Le 7 août, alors qu’il tentait de négocier la reddition immédiate des
révoltés en leur promettant la vie sauve, ces derniers répliquèrent en mettant sa tête à prix.]
“Considérant que les troupes de la République qui ont été requises pour combattre les rebelles de la
ville de Lyon, et qui se trouvent campées ou cantonnées aux environs de la dite ville, sont exposées
aux mêmes frais et aux mêmes dangers que si elles etaient placées à moins de dix lieues des frontieres,
arretent que tous les bataillons de volontaires, que ceux des troupes de lignes, compagnies de
volontaires, et généralement toutes les troupes reunies pour combattre les rebelles de la ville de Lyon,
seront payés sur le même pied que s’ils etaient placés à moins de dix lieues des frontieres.”
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