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91.
Étienne-Nicolas MÉHUL
(1763-1817) compositeur. L.A.S., [juin 1816 ?],
à François-Adrien Boieldieu ; 2 pages in-8, adresse (beau portrait gravé par
Quenedey joint).
700/800
Très belle lettre. Il dit le plaisir que la musique de Boieldieu lui a fait
ressentir la veille : « Elle est tout autant belle et jolie, énergique et gracieuse.
Ton final du 1
er
acte est beau, ta romance du 2
e
acte est ravissante. Ton quatuor
est charmant, le dialogue du milieu est d’une vérité admirable. Je suis aussi fort
content de l’air des troubadours et du chœur des pèlerins. Tout cela a la couleur
du tems. C’est un bien grand mérite. Il faut plus que du talent pour peindre ainsi
des mœurs imaginaires. Après les complimens, qui sont sincères, je te dois de
sincères remercimens pour toutes tes bontés en faveur d’Herold. Aidé par toi,
ce brave jeune homme ira loin, et j’ai la certitude qu’il ne se montrera jamais
ingrat. Le pas que tu lui as fait faire hier décidera à coup sur de sa destinée
entière, et si j’en crois mes pressentimens, cette destinée sera heureuse. Adieu,
mon cher Boyeldieu, si la cour et la ville sentent comme moi, tu vendras des
milliers de ta romance, un pareil morceau vaut un opera tout entier. Il me
semble que les miracles de la musique des Grecs devoient s’opérer par cette
simplicité touchante »… [Le 18 juin 1816, on avait créé à l’Opéra-Comique (salle
Feydeau)
Charles de France, ou Amour et gloire de Boieldieu
, en collaboration
avec Ferdinand Hérold.]
92.
Étienne-Nicolas MÉHUL
(1763-1817) compositeur. L.A.S. de Nicolas Dalayrac (1753-1809), suivie
d’une L.A.S. de Méhul, 25 avril ; 1 page in-8, adresse.
250/300
Dalayrac écrit à Méhul qu’une dame « que je n’ai pas vue depuis longtems, mais que j’ai connue autrefois »
s’adresse à lui pour obtenir des billets pour le « premier concert du Conservatoire »…Méhul lui répond : « Mon
cher Dalayrac je n’ai plus qu’un billet à ma disposition s’il peut te convenir, je n’en disposerai pas avant de savoir
ta reponse ».
93.
Félix MENDELSSOHN-BARTHOLDY
(1809-1847) compositeur allemand. L.A.S., [Leipzig], au Consul
général Clauss ; 1 page in-8, adresse ; en allemand.
1 200/1 500
Il le prie d’excuser son absence ce soir et celle de son ami. Un catarrhe très violent, qui le tourmente depuis un
certain temps, et de retour ces jours-ci, l’oblige à garder le lit. Il regrette bien de ne pas être en mesure de passer la
soirée avec lui et le Liedertafel… [Clauss était le consul général du Hanovre à Leipzig.]
94.
Giacomo MEYERBEER
(1791-1864) compositeur. L.A.S., Berlin 28 juillet 1828, à Germain
Delavigne ; 4 pages in-4 (trace d’onglet ; portrait lithographié joint).
1 000/1 500
Très belle et longue lettre à un des librettistes de
Robert le Diable
(qui sera créé à l’Opéra le
21 novembre 1831).
Il explique son long silence et les motifs qui l’ont empêché de venir à Paris comme il l’avait promis à Scribe :
« Mais tant de souffrances morales et physiques m’ont accablé depuis alors, que j’ai droit à l’indulgence et à
l’excuse de mes amis […] Eh ! Puis vous l’avouerais-je ? Il me repugnait de vous écrire avant de pouvoir vous
annoncer que la partition de notre Robert [
Robert le Diable
] était terminée, et mes maladies et mes chagrins en
ont retardé la fin, 4 mois au dela de l’époque pour laquelle je l’avois annoncé à M. Scribe […] Le premier et le
plus grand de ces chagrins, c’étoit la perte de mon enfant, que ma femme avait mis au monde l’automne passé,
& que nous idolatrions. C’étoit pour la premiere fois de ma vie que j’apprenois à connaitre cette inexprimable
joie d’être père. Eh bien ! le ciel m’a ravi cette charmante créature après 4 mois d’une existence, dont la moitié
étoit remplie par une maladie extrêmement douloureuse. Pendant six semaines je passois jour & nuit auprès du
lit de ce petit ange, pour l’entourer de mes soins jusqu’au moment de sa mort »… Sa santé ne résista pas à ce choc