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165.
HORTENSE DE BEAUHARNAIS
. L.A.S. « Hortense », Rome 11 novembre 1828 ; 2 pages in-8.
300/400
Elle est arrivée « très bien portante à Rome et très engraissée de mon séjour à la campagne, malgré le mauvais tems. Et au petit mal de gorge
près, il y a longtems que je n’ai été aussi bien ; à présent je vais craindre de devenir trop grasse. […] j’avois devancé le tems, tant de douleurs
et de souffrances vieillissent avant l’âge et je crois qu’avec le calme de ces dernières années, le climat de l’Italie, je ne me suis replacée qu’où
je devois être ». Elle a fait de la musique avec M. de Rigné : « on me défend pourtant de chanter et je sens qu’il faut que je ménage ma voix.
Je ne suis pas trop disposée à dessiner beaucoup non plus car toute la matinée se trouve prise. Nous fesons des lectures avec mon fls. Je vais
soigner ma belle-mère [Letizia] qui est si seule et qui paroit si heureuse de me voir, que j’ai peu de moments libres. Au reste c’est une vie bien
employée que celle qui est encore utile aux autres, et quand des petites dames avec légèreté ou pédanterie ne verront en moi que
ma jeunesse
à louer, et si parce que je les reçois avec gaité elle me suppose plus frivole que courageuse, je leur ferai mon compliment sur leur perspicacité et
je jugerai que dans le choix d’éloges qu’elles ont voulu faire de moi, elles pouvoient en choisir de meilleurs »...
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HORTENSE DE BEAUHARNAIS
. 2 L.A.S. « Hortense » et « H. », [Rome] 22 mars et 28 avril 1829 ; 2 pages et demie et 1 page
et demie in-8.
500/600
22 mars
. Au sujet de ses rubis : « si tu peux bien les vendre, fais-le ; cela servira à payer ce que je dois ». Elle parle des enfants d’Églé,
« le voyageur » et Aloïs, qu’elle espère avoir avec leur mère. Puis sur ses comptes : « Je t’ai fait un petit budget à part, pour ma toilette
j’espère ne plus le passer à l’avenir, tu me préviendras pour cela. Je te prie de m’avoir trois douzaines de mouchoirs de batiste, une plus
belle et les autres plus simples, mais toujours avec un grand ourlet sous broderie tout autour ». Elle veut faire le point sur les souscrip-
tions de livres : « Ils sont tous dépareillés. C’est pourquoi je veux savoir ceux que je suis obligée de conserver et j’abandonnerai les
autres et je ferai appareiller ceux qui me plaisent »…
28 avril
, au sujet de commissions, de livres, de ses comptes… « Tu me choisiras une petite robe à ton goût. Je veux aussi deux jolies
ceintures de fantaisie comme ta bleue ». Elle a demandé directement ses chapeaux à Herbeau...
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HORTENSE DE BEAUHARNAIS
. L.A.S. « Hortense », [Arenenberg] 21 [juin ? 1829] ; 4 pages in-8.
500/700
Sur son mari. Elle est impatiente de voir Églé, et aussi Jules : « Il me doit bien une visite, il est par trop parisien ». Elle remercie de
toutes les commissions, et veut payer des acomptes sur les gros mémoires. « L’affaire de mes livres était si mal ordonnée que je n’ai pas
un ouvrage entier et j’y mettais 1900 par an. Il faudra même que tu voyes avec mon libraire s’il veut me recompletter quelques ouvrages
précieux, tel que celui d’Egypte où il manque quelques volumes […] Je veux bien que tu vendes les poires de rubis mais sans te presser
car je préfère les garder à les mal vendre ». Elle a vu son mari à Rome : « il a désiré me parler de nos enfants. Il m’a trouvé si bien
conservée que par retour de tendresse sans doute il ne cesse de me causer depuis ce tems des petits tourments. Je voudrois bien pour
chasser l’ennuye et l’occuper qu’il se remît à écrire quelque petit roman. Son fls et sa belle-flle en serait aussi plus tranquilles car en
vieillissant on ne change pas. J’ai encore une grande lettre à lui répondre qui me fatigue d’avance. Il veut que je m’établisse à Florence
sans
nous voir
dit-il toujours mais le séjour d’Arenenberg lui déplait. On croirait que je viens ici pour me rapprocher de la France, que
je veux me mêler de politique, je lui ai déjà répondu que ce n’étoit plus la mode de tourmenter et que la France heureuse étoit loin de
s’inquiéter de moi et qu’ensuite je n’étois pas assez riche pour faire de nouveaux établissements […] mais malgré mes réponses il revient
à la charge, il m’envoye un homme d’affaires qui me tient deux heures à Florence pour me répéter la même chose, il écrit au milieu de
la nuit, à ses enfants, dit qu’on me réveille aussi pour ne pas varier aucune de ses demandes, auxquelles je réponds toujours de même,
il ne payera rien de la maison de Paris. […] Au contraire il veut que j’assure dès à présent ma fortune à mes enfants, qu’il faut marier
Louis &c &c &c c’est à n’en plus fnir et mes enfants voyent bien que cela devient une manie de tourmenter, ils sont assez grand pour
devenir juges et je sais bien que je ne puis y perdre »…
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HORTENSE DE BEAUHARNAIS
. 2 L.A.S. « Hortense », [Arenenberg] 17 juillet et 24 septembre 1829 ; 3 pages et 1 page et demie
in-8 (piq. à la 2
e
lettre).
500/600
17 juillet
. Elle est déçue de ne pas voir Églé. Elle parle du prochain mariage de sa nièce [Amélie de Leuchtenberg avec l’empereur du
Brésil Pedro I
er
] : « C’est aller bien loin chercher des grandeurs. Enfn si mes enfants se trouvent mal en Europe, ils pourront aller se
placer près de leur cousine ». Puis elle rage contre le « menteur » Bourrienne « qui ose avancer que je lui donnois des lettres »… Are-
nenberg est charmant. Elle raconte la visite
incognito
d’un monsieur qui se présente comme « une de mes anciennes connaissances » et
lui dit : « mon cousin et moi nous avions tant de reconnaissance pour vos bontés et pour celles de l’impératrice que j’ai eu besoin de
venir vous en remercier pour moi et pour celui qui n’existe plus » ; c’était le Grand-Duc de Mecklenbourg-Strelitz. « Il a passé la mati-
née avec moi et nous avons été fort contents de nous retrouver après tant de tems. Il arrivoit de Berlin où il avoit assisté au mariage
de son neveu le fls du roi de Prusse. Ma petite campagne l’a charmé et il s’est en allé en me disant qu’il avait un poids de moins sur le
cœur en me voyant dans un lieu si agréable et avec l’apparence d’être aussi heureuse que possible »...
24 septembre
. Elle a été contente du séjour de Léon : « Il t’aura dit combien je lui ai parlé raison et si je ne l’ai pas trop ennuyé cela prouve
qu’il est déjà à moitié sage. Au reste il m’a plu beaucoup, j’ai trouvé qu’il avait gagné sur bien des points […] La grande duchesse est ici,
elle a été si contente de son séjour de Paris, que nous en parlons souvent. Elle m’a dit que tu avais été bien aimable pour elle »… Elle la
charge de trouver des leçons pour une « bonne chanteuse » qui va à Paris : « elle chantera après chez toi tant que tu voudras »...
169.
HORTENSE DE BEAUHARNAIS
. L.A.S. « Hortense », Rome 11 novembre 1829 ; 2 pages in-8.
400/500
Elle va quitter son bottier Melnotte « s’il me prend un prix aussi énorme pour mes bottines. Je ne suis plus dans la position qu’on me
fasse payer plus qu’à tout autre ». Elle va acquitter toutes ses dépenses de l’année : « après ces 3000 francs, je ne devrai plus rien, et je
suis bien aise que tu saches que le total de ces deux années pour mes toilettes est cent fois moins que par le passé, et j’ai eu peut-être
beaucoup plus de choses. Cela prouve le peu d’ordre qu’il y avoit avant ». Adèle la quitte et se marie : « sous ta surveillance elle pourra,
puisqu’elle n’a rien à faire, s’occuper uniquement de mes chiffons. Tu pourras l’employer à tout cela d’autant plus qu’elle pourra encore
me faire mes robes, car elle travaille à merveille ». Elle parle de Léon qui est « un jeune homme distingué […] Quant aux belles-flles,
ma chère Eglé, il ne faut pas s’abuser. Elles se ressemblent toutes. Tant qu’on possède un mari les belles-mères ne sont rien. Il faut en
prendre son parti. On reste toujours étrangère et quand le ménage va bien, il faut encore se trouver trop heureuse et ne pas avoir l’air
de faire la moindre attention. C’est mon système et il me réussit très bien »...
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