|
|
|
|
|
|
|
|
LIBRAIRIE VALETTE
11, rue de Vaugirard - 75006 PARIS
Tel : 33 (0) 1 43 26 45 64 et 33 (0) 1 43 25 91 82
Fax : 33 (0) 1 46 33 62 98
e-mail : librairie.valette@wanadoo.fr
![]()
![]() |
Pour être informé gratuitement, par mail sur les prochaines ventes. Cliquez ici. Merci |
Les prix sont en euros - Prices are net and in euros.
|
SALEL Hughes, Olivier de MAGNY, Jacques PELETIER et Pierre de RONSARD. Les Iliades d'Homère, prince des poètes, traduict de grec en vers françoys, par M. Hughes Salel l'Umbre dudict Salel par Olivier de Magny. Avec le premier et second de l'Odissée d'Homère par Jacques Peletier du Mans. Autres Poesies par P. de Ronsard et par autres poetes de ce temps à l'imitation dudict Homère. Paris, Claude Gautier, 1570. Deux parties en un volume in-8, vélin ivoire à rabats, médaillon à froid à décor d'entrelacs au centre des plats, filet à froid, dos à faux nerfs orné, tranches dorées (Reliure de l'époque). Tchemerzine IV, 264 (à Olivier de Magny) et V, 153 (Peletier du Mans). Première édition de ce "rare ouvrage" (Tchemerzine) comportant la traduction en vers français des treize premiers livres de l'Iliade par Hugues Salel et la traduction des deux premiers livres de l'Odyssée par Jacques Peletier du Mans. La poésie de Ronsard, annoncée sur le titre, est une longue épitre : P. de Ronsard aux manes de Salel (V° du 10ème f. préliminaire au V° du 12ème ). Il contient également une épitre au même par Olivier de Magny. Exemplaire réglé conservé dans sa première reliure.
ARIAS MONTANUS Benedict. Humanae salutis monumenta. Anvers, Chr. Plantin, 1571 (1572 ?). In-8, maroquin rouge, deux doubles filets dorés dont un brisé, large décor aux petits fers au centre et aux angles couvrant presqu'entièrement les plats, dos à nerfs orné, dentelle intérieure, tranches dorées (Gruel). L'un des très beaux livres publiés par Plantin illustré d'un titre frontispice, une figure du Christ et 70 planches gravées en taille-douce d'après Peter van der Borcht par les frères Wierix, de Bruyn et Huys. Chaque planche figure dans un encadrement gravé formé de fleurs, fruits, papillons, oiseaux et animaux dans le style des manuscrits ganto-brugeois. Trois éditions sont parues à peu près au même moment et les bibliographes ne semblent pas s'accorder sur la priorité à donner à l'une ou à l'autre. C'est en tout cas celle-ci, la seule avec bordures, qui est la plus recherchée et, selon P. Bérès (cat. 71, n° 36) : "Ces encadrements autour des figures confèrent à l'ouvrage un caractère précieux et indiquent peut-être la première édition". Très bel exemplaire dans une admirable reliure décorée de Gruel.
JAMYN Amadis. Les uvres Poétiques. Reveuës, corrigées et augmentées en cette dernière impression. Paris, Mamert Patisson, 1579. [suivi de] Le Second Volume des uvres. Paris, Felix Le Mangnier, 1584. In-12, maroquin olive, double jeu de filets en encadrement avec fleurons d'angle, décor répété au dos, tranches rouges (Reliure de l'époque). Tchemerzine II, 740-741. "Edition la plus complète, très recherchée à cause du second volume qui est fort rare, n'ayant eu que cette seule édition" (cat. Herpin, n°194). Le premier volume, qui fut remis en vente en 1582 avec un nouveau titre, est augmenté de quelques pièces. Le second volume, entièrement en édition originale, est beaucoup plus rare, et doit être réuni au premier volume "pour faire un exemplaire parfait" (Tchemerzine). "C'est dans ce second recueil que se trouve la curieuse prosopopée sur la mort de Caylus, de Maugiron et de Saint-Mesgrin, mignons de Henri III. Les tendres regrets que Jamyn met dans la bouche de ce roi, sous le nom de Cléophon, sont eux qu'un amant désolé pourrait adresser à sa maîtresse" (de Backer I, n°407). A partir du f. 129 débute, sous un titre particulier, le Discours de la Philosophie à Passicharis et à Rodanthe. Paris, Robert Le Mangnier, 1584. La réunion de ces deux volumes est jugée "fort rare" par Herpin, de Backer (ex. Lurde ; "il est fort difficile de trouver les deux volumes réunis"), La Roche Lacarelle (ex. Bancel et Lignerolles ; "le second volume est fort difficile à rencontrer"), par le cat. Double ("fort rare"). Cette rareté semble en fait bien avérée car il n'est passé aucun exemplaire en vente publique depuis 1967. Précieux exemplaire, grand de marges (138 mm), apparemment le seul connu en reliure ancienne (dos un peu passé, petite réparation au premier plat).
RONSARD Pierre de. Les uvres Revues, corrigées & augmentées par l'Auteur. Paris, Gabriel Buon, 1584. In-folio, maroquin rouge, dentelle intérieure, tranches dorées (David). Tchemerzine V, 482. Sixième édition collective, la dernière publiée du vivant de l'auteur et qui constitue "le testament du poète". Portraits sur bois de Muret au verso du 4ème f. préliminaire ; celui de Charles IX se trouve p. 406 et celui de Henri III p. 470. "L'édition in-folio de 1584, la plus monumentale de celles qui virent le jour du vivant de Ronsard représente le testament du poète. Il lui consacra, au témoignage de Du Perron dans son Oraison funèbre, ce qui lui restait de forces, et trouva beaucoup de contentement (...) de voir qu'il avait eu le loisir avant d'estre prevenu d'aucun accident, de leur (= ses oeuvres) dire le dernier à Dieu et de les disposer en la façon qu'il voulait qu'elles fussent leues de la postérité". (Catalogue de l'exposition Ronsard. B.N., 1985). Superbe exemplaire richement relié.
BLASON (Le) DES BARBES de maintenant, chose tres ioyeuse, & recreative à toute personne. Amy lecteur, ie ne veux attenter Que ce blasme vienne offenser les yeux le ne l'ay faict pour mal te contenter, Mais seulement pour passetemps ioyeux. A Paris, suivant la coppie imprimée, s.d. (v.1590). In-12 de 8 ff., maroquin rouge, triple filet doré en encadrement, dos à nerfs orné, dentelle intérieure, tranches dorées (Trautz-Bauzonnet). Deuxième exemplaire connu et le seul en mains privées de ce blason poétique en vers. Une première édition, non datée mais de 1551, est restée longtemps inconnue des bibliographes et n'est connue que par l'unique exemplaire de la collection Rothschild à la Bibliothèque nationale : "M. Brunet (I, 970) et l'éditeur du Recueil de poésies françaises (II, 210) ne citent du Blason des Barbes qu'une édition imprimée à Paris vers la fin du XVIème siècle (Bibl. nat., Y. 6133 Res) et une édition publiée par Loys Costé, à Rouen, en 1602 (Bibl. nat., Y. 6118 Rés). Ces deux réimpressions sont précédées d'un avis "Au lecteur" dans lequel notre Blason est présenté comme une "censure des barbes de maintenant, qui a esté autrefoys imprimée""... Notre pièce a été reproduite d'après les éditions postérieures dans les Blasons de Méon (pp. 163-169), dans les Joyeusetez et dans le Recueil de Poesies fançaises (II, 210-222). Très bel exemplaire, très grand de marges (témoins), de la bibliothèque Lignerolles (cat. 1894, n° 1101).
PLEGINCK Martin. (Les Escrimeurs). (Vers l590). Suite de 7 gravures (100 x 72 mm) montées dans un album in-4. Toile bordeaux, étiquette de maroquin. Premier tirage de cette copie par le graveur allemand Martin Pleginck de la suite des escrimeurs de Jost Amman. La suite s'ouvre par une estampe à trois personnages, avec une légende en vers allemands : un jeune homme tenant une épée est entouré par deux musiciens, joueur de flûte et joueur de tambour. Dans chacune des six autres estampes sont représentés deux hommes qui se battent à différentes armes : poignard, épée, sabre, hallebarde, pique. Enfin, la dernière planche, la plus curieuse, représente deux paysans se battant avec des fléaux. Dans la marge du bas de chaque planche sont quatre vers allemands. Martin Pleginck, orfèvre, dessinateur et graveur, était l'élève de Hermann et adopta la manière de Jost Amman. Cette suite semble très rare et Bartsch (IX, p. 306, n°23) n'en connaissait que 5 gravures. On joint deux gravures de cette suite par Jost Amman. Belles épreuves à bonnes marges, de la très riche collection militaire d'Anne S.K. Brown (ex-libris).
GOLTZIUS Henri. La Passion de Jésus-Christ. S.l., 1596-1598. In-4, maroquin bordeaux (René Aussourd). Strauss, Hendrick Goltzius, n°332-334, 339-343, 353-356. Suite complète en premier tirage des 12 estampes dessinées et gravées par Henri Goltzius. C'est ici le premier état, sur deux, avant l'adresse et avec les remarques données par Strauss. "Elève de Dirk Volckertsz, Coornhert et Philippe Galle, Goltzius est un superbe graveur et ses oeuvres sont justement recherchées par les amateurs" (Bénézit). Le papier possède le filigrane avec fleurs de lys ou fleur de lys avec tour. Une des plus célèbres suites de la Passion du Christ, aussi remarquable par la composition que par le dessin ou les effets de lumière. Souvent imitée ou contrefaite, elle doit être placée à côté de celles de Dürer, Lucas de Leyde ou Schongauer. Inspiré par les deux premiers, Goltzius y a introduit des éléments d'interprétation personnels, agrandissant les scènes et plaçant ses personnages dans des espaces plus lar-ges que Dürer ou Lucas de Leyde. I1 en arrive ainsi à une vision totalement originale du Chemin de Croix, où le Christ est représenté menant la procession vers le Golgotha, contrairement aux versions de Schon-gauer, Dürer ou Lucas Leyde. L'originalité de Goltzius a été ainsi soulignée par Carelvan Mander : "in regard to the movement of the figures and also in other respects, Goltzius followed his own concepts". Très belles épreuves, à bonnes marges (202 x 135 mm), montées sur papier ancien, avec cadre dessiné en or.
SCALION DE VIRBLUNEAU. Les Loyalles et pudicques Amours de Scalion de Virbluneau A Madame de Boufflers. Paris, Jamet Mettayer, 1599. In-12, cartonnage bradel, pièce de titre maroquin rouge (Reliure du XIXème siècle). Brun. Le livre français illustré de la Renaissance, p. 290. Unique édition de ce rarissime ouvrage poétique auquel Théophile Gautier a consacré une longue étude dans son premier volume des Grotesques. L'illustration, gravée sur cuivre, se compose d'un titre-frontispice, d'un portrait de l'auteur, répété, et de 10 (ici 9) jolies figures emblématiques très curieuses dont 5, tirées avec le texte, occupent chacune une page entière, et 5, tirées hors-texte. L'une d'elle représente Virbluneau étendu à terre et succombant, percé de nombreuses flèches décochées par l'Amour ; les deux figures qui suivent les ff. 57 et 127, beaucoup plus grandes que les autres, sont pliées. Selon Brun, "On ne connaitrait de ce livre fort rare qu'un exemplaire complet, celui de la vente Brunschwig (n°544)". L'exemplaire de cette vente provient de la bibliothèque Blanchemain qui a indiqué sur un feuillet de garde : "Parmi les deux ou trois exemplaires connus, ce volume est le seul qui soit complet et en bon état. Très rare". L'exemplaire de la Bibliothèque Nationale est incomplet ainsi que les deux exemplaires de la Bibliothèque de l'Arsenal (l'un incomplet de feuillets de texte et de 2 planches, le second incomplet d'une planche).
DESPORTES Philippe. Les Premières uvres. Dernière édition, reveüe & augmentée. Rouen, Raphaël du Petit-Val, 1600. In-12, maroquin rouge, triple filet, dos richement orné aux petits fers autour d'ombilics mosaïqués de maroquin vert, dentelle intérieure, tranches dorées (Lortic). Belle édition rouennaise, imprimée en italiques par Raphaël du Petit-Val. Comme l'édition parisienne de M. Patisson (1600), cette édition est précédée de vers latins de Germain Vaillant de La Guesle, Jean Dorat, J.A. de Baïf et J. Grojan, et français de Des Yveteaux, Fr. Chovayne, Biard, et un auteur qui signa des initiales M.D.L., accompagnées de la devise Et florida pungunt. Très bel exemplaire, superbement relié par Lortic.
DESPORTES Philippe. Les Premières oeuvres. Dernière édition revëue et augmentée. Paris, Mamert Patisson, 1600. In-8, maroquin rouge, large motif central à petits fers sur les plats, dos à nerfs orné, dentelle intérieure, tranches dorées (Trautz-Pauzormet). Édition très recherchée, l'une des plus belles et des plus complètes de cet auteur ; c'est la dernière publiée de son vivant. Très bel exemplaire, réglé, en reliure décorée de Trautz-Bauzonnet.
LA VALLETTRYE de. Les uvres poétiques. Paris, Estienne Vallet, 1602. In-12, veau blond, dos à nerfs orné de fers dorés, tranches rouges (Reliure de l'époque). Édition originale d'une grande rareté de cet ouvrage qui manquait à la plupart des grandes collections poétiques : de Backer, Nodier, Rothschild, Viollet le Duc Brunet, lui, cite l'exemplaire de Soleinne et selon le rédacteur du catalogue, l'auteur serait originaire de Douai ou de Valenciennes. Le volume se compose de quelques poésies assez libres : Les Amours, Le Faux honneur des dames, L'Amour mercenaire et fripponier , et d'une pastorale en cinq actes La Chasteté repentie. "La plupart des pièces, dit M. Weiss, sont pleines d'obscénités et d'équivoques grossières". Exemplaire provenant de la bibliothèque La Vallière comme l'indique une inscription manuscrite : cat. de Nyon 17273. Double à vendre. II a appartenu également au financier et bibliophile Crozat.
DESPORTES Philippe. Les C.L. Pseaumes de David. Mis en vers françois. Paris, Abel l'Angelier, 1603 . In-8, vélin doré à recouvrement, médaillon doré formé de branchages au centre des plats, double filet doré, dos lisse orné de filets et fleurs dorés, tranches dorées (Reliure de l'époque). Première édition complète de cette traduction par Desportes, accompagnée des Prières et méditations chrestiennes et des Poesies chrestiennes qui n'ont jamais été rééditées dans leur ensemble. Frontispice gravé au burin par Thomas de Leu. La gloire de Desportes éclipsait celle de Ronsard avec qui il était intimmement lié ; jusqu'à l'arrivée de Malherbe, il fut considéré comme le plus grand poète français. L'ouvrage était destiné à mettre à la disposition des catholiques français un texte biblique aussi commode que celui que Marot avait procuré aux réformés ; Desportes y travailla pendant les dernières années de sa vie. Superbe exemplaire, réglé, conservé dans sa première reliure en vélin doré. Ex-libris d'une congrégation religieuse : "Ex-Bibl. St Victor".
Surprise (la) et fustigation d'Angoulevent. Poëme héroïque adressé au Comte de Permission par l'Archipoète des pois pilez. Paris, 1603. In-12, maroquin bleu, filets dorés, dos à nerfs orné, dentelle intérieure, tranches dorées (R. Thomas). 12 pages. Unique édition de cette "pièce des plus rares" (Brunet V, 296). C'est une satire en vers contre Nicolas Joubert, sieur d'Angoulevent, à laquelle celui-ci répondra la même année (voir le numéro suivant). L'ouvrage débute au verso du titre par un curieux bois gravé représentant un arbre avec trois médaillons dont deux vides et l'un, au sommet, portant le portrait d'un homme aux cheveux longs (sans doute Nicolas Joubert) dans les cieux étoilés avec la lune et le soleil. Dessous un quatrain commente la figure : "Tel arbre on doit bien estimer Qui touche au cercle de la Lune Car vous voyez sans peine aucune Qu'il produit les sous sans semer" Très bel exemplaire réglé.
JOUBERT Nicolas dit le Sieur d'Angoulevent. La Guirlande et responce d'Angoulevent à l'Archipoëte des pois pillez. Paris, Hubert Velut, 1603. In-4 de 4 ff., maroquin rouge, dos à nerfs, dentelle intérieure, tranches dorées (Trautz--Bauzonnet). Édition originale, très rare, de cette pièce composée de 138 vers. L'auteur, Nicolas Joubert, prince de sots, chef des comédiens de I'hôtel de Bourgogne, publia cette pièce en réponse à une satire : La surprise et fustigation d'Angoulevent, poème héroïque adressé au Comte de Permission, par l'Archipoëte des pois pillez. Cet ouvrage donnera lieu à une nouvelle réponse en 1604 : Réplique à la réponse du poëte Angoulevent et tout ceci débouchera sur un procès longuement décrit au catalogue Rothschild (IV, col. 364-365). Très bel exemplaire (petite épidermure au 1er plat) de la bibliothèque Lignerolles (cat. 1894, n° 1497 : "très rare opuscule"). L'exemplaire Rothschild, relié par Chambolle-Duru, est curieusement décrit comme provenant de la bibliothèque Lignerolles (où il est pourtant bien indiqué comme étant en maroquin rouge de Trautz-Bauzonnet).
MONTCHRESTIEN (Antoine de, sieur de Vasteville). Les Tragédies Edition nouvelle augmentée par l'Auteur. Rouen, Jean Osmont, 1604. In-12, vélin. Tchemerzine IV, 916. Seconde édition, en partie originale, "très recherchée" (cat. vente Herpin, 1903), illustrée d'un beau titre-frontispice gravé par Léonard Gaultier. Elle contient pour la première fois Hector, tragédie en cinq actes. Selon Soleinne, on trouve chez Montchrestien, dans la tragédie d'Aman "de très beaux vers qui pourraient se rapprochés de ceux de Racine" et Herpin, dans son catalogue, n°265, note que "Son théâtre est bien supérieur à celui de ses contemporains et se distingue par une certaine élégance de style qui lui est particulière".
LE LOYER Pierre. Discours et histoire des spectres, visions et apparitions des esprits, anges, démons et âmes, se monstrans visibles aux hommes... Paris, Nicolas Buon, 1605. In-4, maroquin rouge, dos à nerfs orné, triple filet doré sur les plats, tranches dorées (Reliure de l'époque). Dorbon, 2589. Caillet, 6456. Seconde édition, augmentée de quatre livres. Cet ouvrage, aussi célèbre que celui de Pierre Lancre, fut conseillé par les docteurs de Paris "pour 1'instruction des bons catholiques, contre les pernicieuses et erronées opinions des anciens et des modernes athéistes, naturalistes, libertins, sorciers, hérétiques, et pour se préserver de leurs prestiges et illusions diaboliques, et convaincre leur imposture". Très bel exemplaire en maroquin de l'époque provenant des bibliothèques Henri Bordes (cat. 1902, n°23), Rahir (cat. 1937, V, n°1452), et marquis de Gambais. Petite auréole au coin du 2ème plat. De toute rareté dans cette condition.
SADELER Gilles. Menses XII Anni Solaris. 1607. In-4 oblong (365 x 280 mm) broché. Titre-frontispice et douze planches gravées à l'eau-forte. Très belle suite gravée par Gilles Sadeler illustrant les douze mois de l'année avec les signes du zodiaque et les occupations de la vie quotidienne (souvent champêtres) spécifiques à chaque mois : la tonte des moutons en juin, la récolte des fruits en septembre, les vendanges en octobre, etc Belles épreuves à très grandes marges.
MELZO Ludovico. Regole militari del cavalier Melzo sopra il governo e servitio della cavalleria. In Anversa, appressa Eiachima Prognaesio, 1611. In-4, vélin doré, double encadrement de torse et guirlande dorées autour d'un médaillon central, fleurs de lis en écoinçon, dos lisse orné, tranches dorées ciselées (Reliure de l'époque). Cockle, 723. Mennessier de La Lance II, p. 182. Edition originale d'un des plus anciens traités d'art militaire décrivant l'utilisation, la tactique et le déploiement de la cavalerie en campagne. Elle est illustrée d'un frontispice et de 16 planches doubles ou dépliantes qui se répartissent en deux séries bien distinctes : 1- Détails d'équipement et d'armement du cavalier (planches I-III, à double page). 2- Vues cavalières représentant les diverses actions, les combats, les embuscades et campements des troupes à cheval (planches IV-XVI, dépliantes).; la précision et l'animation de ces dernières en font un témoignage des plus immédiats sur les conditions concrètes des petites opérations de la guerre au début de ce XVIIème siècle, qui allait voir les princes européens s'affronter en tant de conflits meurtriers. Superbe exemplaire en vélin doré. De la bibliothèque de J. Renard (ex-libris).
REGNIER Mathurin. Les Satyres, Revuës & augmentées de nouveau. Paris, Toussainct du Bray, 1613. Petit in-8, veau marbré, dos orné de dauphins dorés, tranches dorées (Reliure du XVIIIème siècle). Tchemerzine V, 385 ; Le Petit, pp. 110-111 ; Lachèvre, p. 330. Quatrième édition, en partie originale, "fort rare et très importante car elle a fixé le texte des éditions postérieures" (Le Petit). Elle est augmentée, par rapport à la précédente édition de 1612 des satires XIV, XV, XVI, XVII et de neuf pièces gaillardes. Agréable exemplaire en reliure ancienne (petite tache d'encre couvrant le n° des pages aux trois derniers feuillets).
TABOUROT. Les Escraignes dijonnoises. Recueillies par le Sieur des accords. Paris, Jean Richer, 1614. In-12, veau blond, pièce de titre maroquin, triple filet doré sur les plats, dentelle intérieure, tranches dorées (Petit successeur de Simier). Tchemerzine V, 834. Rare édition séparée de ce petit opuscule qui sera parfois joint aux Bigarrures et Touches. Tchemerzine (sans doute à la suite de Brunet) ne cite qu'une "probable" première édition séparée à la date de 1592 : "Nous n'avons pas la date de la première édition du premier livre des Escraignes dijonnoises, premier livre, qui n'a jamais été suivi d'un second ; mais La Monnoye, dans sa note sur l'article Estienne Tabourot, de la Croix du Maine, nous apprend que les Escraignes furent réimprimées séparément, à Lyon, en 1592, in-16" (Brunet V, 629 qui ne cite d'adjudication pour aucune édition). Tabourot nous apprend dans un prologue que les "escraignes" sont des huttes en terre dans lesquelles les filles des vignerons bourguignons se réunissent pour la veillée. Le nom a été, par extension, appliqué à des contes ou à des traits souvent peu édifiants. Bel exemplaire.
ESTERNOD Claude d'. L'Espadon Satyrique. Rouen, D. Ferrand, 1624. In-12, maroquin rouge, filets dorés autour des plats, dos lisse orné, tranches dorées (Reliure du XVIIIème siècle). Rare édition illustrée d'un bois sur le titre représentant un faune armé d'une épée. Ce recueil de 16 satires, dont la I6° intitulée : Contre l'apostat Léandre, autrement dit Constance Guenar sera supprimée dans l'édition suivante, connut huit ou neuf éditions : "toutes sont devenues rares" (Gay). D'Esternod, qui fut consacré par Pierre Louys "maître en l'art lyrique", a été également reconnu par Rémy de Gourmont comme un des meilleurs poètes satiriques : "De tous les poètes satiriques, érotiques, burlesques et un peu grotesques (tels des mascarons mimant par la déformation de leur face l'éternelle moquerie dont l'âme est boursouflée) que fit éclore la verdeur du siècle dix-septième, le sieur d'Esternod... est un des plus inconnus, des plus étranges, des plus excentriques, des plus hétéroclites, des plus musée-secret... Ces élucubrations disent un poète d'une singulière virilité et d'une souplesse rare ; elles le proclament un autre Régnier, moins soutenu sans doute, mais moins monotone, parfois aussi solide, et doué d'un certain lyrisme grimaçant. Plus que chez Régnier, la rime est chez d'Esternod inattendue; elle vient de loin souvent, ce qui fait les belles rimes. Sa langue est plus osée, plus pittoresque, pleine de mots parlants, d'amusantes images..." (Promenades littéraires IIème série, 1906). Superbe exemplaire en maroquin du XVIIIème provenant des bibliothèques Le Fors de Chassimont (ex-libris armorié) et Charles Nodier (cat. 1844, n°561) ; cité par Brunet et Lachèvre.
AUBIGNE Théodore Agrippa d'. Les Avantures du Baron de Faeneste Comprinses en quatre parties. Les premières, augmentées & distinguées par chapitres. Ensemble la quatriesme partie nouvellement mise en lumière. Au dézert, imprimé aux dépens de l'Auteur, 1630. Petit in-8, veau blond, triple filet encadrant les plats, dos à nerfs orné à la grotesque, pièces de titre maroquin rouge et maroquin vert, dentelle intérieure, tranches dorées (E. Niédrée). Tchemerzine I, p. 175. Second tirage (sur trois) de la première édition complète, renfermant 1es quatre parties, considérée, à tort semble-t-il, comme contrefaçon par de Backer (et annoncée dans son catalogue comme autre tirage de la première édition). "Ce volume dut être imprimé, comme les Tragiques, chez l'auteur, qui possédait tout le matériel d'une imprimerie. Toutefois on attribue l'exécution à Aubert, imprimeur à Genève ; et d'autres pensent qu'il fut imprimé à Maillé, par Jacques Moussat" (Le Petit, p. 115). Bel exemplaire, parfois un peu court en tête, joliment relié vers 1850 par Niédrée. Des bibliothèques V. Sardou (ex-libris) et Comte Roger du Nord avec note de sa main datée 1856.
[PASSE Crispin de]. Le Miroir des plus Belles Courtisanes de ce temps. Spiegel der Alderschoonste Cortisanen deses Tyts. Spieghel der Allerschönsten Courtisannen dieser Zeyt. Ghedruckt voor den Auther, Anno 1631. Petit in-4 oblong, maroquin rouge, large dentelle aux petits fers, dos à nerfs orné, dentelle intérieure, tranches dorées (Hardy). Franken. L'uvre gravé des Van de Passe, n°1369. Second tirage, fort rare, offrant de très belles épreuves. Publiée pour la première fois en 1630, cette suite connut un grand nombre d'édition, toutes peu communes. "Brunet cite sans les décrire des éditions datées de 1632 à 1635 ; Franken a vu des planches en contre-partie d'une copie publiée en 1701 et une édition in-8 de 1710 en hollandais dans laquelle les planches dédoublées ont été tirées chacune sur un ff." (Colas. Bibliographie du costume, n°2289). Cette suite est illustrée d'un frontispice et 40 portraits en médaillon tirés sur 20 feuilles représentant les courtisanes françaises, anglaises, hollandaises, allemandes, En regard de chaque portrait figure un quatrain en français avec la traduction en hollandais et allmenand. Très bel exemplaire, grand de marges, dans une très jolie reliure à dentelles de Hardy, provenant des bibliothèques William Crawford et Edouard Rahir (cat. 1936, IV, 1515).
[Gazette de France]. Paris, Théophraste Renaudot et autres, 1631-1679 et 1706-1756. Quatre-vingt douze volumes in-8, plus neuf après 1756, veau ou vélin moucheté (Reliure de l'époque). Cat. Rothschild IV, 3153. Ensemble de 101 volumes comprenant les très rares premières années du premier périodique français. Créée à l'instigation du cardinal de Richelieu et dirigée par Théophraste Renaudot, médecin, philanthrope et historiographe du Roi (1586-1653), la Gazette voit le jour le 30 mai 1631. D'abord hebdomadaire, paraissant le vendredi, puis, dès 1633, le samedi. Elle sort deux fois par semaine à partir de 1762, année où elle prend le nom de Gazette de France qu'elle conserve jusqu'en 1792. De 1631 à 1682, chaque livraison hebdomadaire est accompagnée d'un cahier annexe intitulé Nouvelles ordinaires. En outre, sont également publiés des Relations et des Extraordinaires, très nombreux jusqu'au milieu des années 1670, avant de disparaître peu à peu. En 163l, l'hebdomadaire comprend quatre pages ; à partir de 1642, i1 en a huit et les Nouvelles ordinaires quatre. A partir de 1675, la Gazette proprement dite passe à douze pages. Certaines années du milieu du XVIIeme siècle, les volumes peuvent être constitués aux deux tiers par les Extraordinaires. Le nombre total de pages des volumes varie donc sensiblement d'une année à l'autre : il dépasse parfois 1700, mais finit par se stabiliser autour de 700. En 1638, Renaudot déclare publier 1200 copies, auxquelles il faut ajouter les nombreuses réimpressions provinciales que la Gazette connaît très rapidement. On peut ainsi recenser 38 villes françaises qui en ont bénéficié. Principal rédacteur, Théophraste Renaudot se fait aider par de nombreux correspondants anonymes qui, de Paris, la province et diverses capitales européennes, contribuent à la réalisation de cette publication dont le caractère épistolaire est nettement marqué. Dans les premières années de la Gazette, le cardinal de Richelieu et même le roi Louis XIII ne dédaignent pas de prendre régulièrement la plume. Premier hebdomadaire et même premier journal français, la Gazette, grâce au talent de son fondateur et de par la richesse de son contenu est un très précieux outil d'information sur la vie politique et sociale de son époque. Elle se compose des volumes suivants : o années 1631/1632 et 1633 à 1679 : 41 volumes en vélin o années 1706 à 1756 : 51 volumes en veau (19) ou en vélin moucheté (32) ; auxquels sont joints l'année 1631 (en double incomplet) o neuf volumes postérieurs : 1760, 1762, 1763, 1764, 1769, 1781, 1784, 1786 et 1787 en reliure ou demi-reliure de l'époque. Comparaisons avec l'exemplaire Rothschild Années 1631-1679 (42 vol.) : manquent les années 1648, 1650, 1664, 1665, 1666 et 1668. - 1631 : manque la 2ème série composée de 21 n°. - 1632 : titre + 2 ff. + pp. 136-141 et 220-225 manquent mais la Gazette du 24 déc. est présente - 1635 : manque le n°62. - 1642 : manquent les pp. 599-600 - 1643 : le titre est bien présent - 1644 : 2ff. supplémentaires (une épitre à Mazarin) - 1645 : le titre ne manque pas - 1651 : id. - 1654 : id. - 1655 : n°57 et 156 présents - 1656 : le n°97 manque mais le titre est présent - 1657 : titre général présent - 1658 : n°96 ne manque pas - 1660 : titre général présent - 1661 : id. - 1662 : nombreux articles que l'on ne retrouvent pas dans l'exemplaire Rothschild ("Estat sommaire des pauvres" ; "Nouvel advis sur les misères du temps" ; Copie de la depesche du Roy ; Copie d'une lettre de M. Le Tellier "Reflexion sur les misères du temps"; ainsi que les comptes-rendus des premières conférences de l'Académie) mais titre manquant - 1663 : titre absent - 1667 : id. Années 1706-1756 (51 vol. + 9 vol. postérieurs : 1760, 1762, 1763, 1764, 1769, 1781, 1784, 1786 et 1787). - 1707 : titre de 1706 corrigé (id. jusqu'en 1718) - 1760 : titre manquant ainsi qu'un f. - 1762 : 39 pp. de table - 1769 : manque le n°1 - 1781 : n°3 et 5 manquant. Ensemble comprenant des exemplaires abîmés (années 1659, 1660, 1667 et 1682), quelques accidents d'usage, quelques feuillets restaurés, quelques mouillures.
ROCQUIGNY. La Muse chrestienne. Reveuë, embellie & augmentée d'une Seconde Partie par l'Autheur. s.l.n.e., 1633. Deux parties en un volume petit in-4, brochure moderne. Seconde édition, en partie originale, rarissime, inconnue à cette première date de 1633, de ces poèmes d'un poète protestant. Le titre semble indiquer une première édition dont on n'a jamais vu d'exemplaire et qui ne se trouve citée nulle part. Les quelques bibliographes qui citent la seconde édition, tels Brunet (supplément II, 491 : "poésies fort rares"), Viollet le Duc ou Frère, citent tous l'édition à la date de 1634. Il en est de même de l'exemplaire conservé à la Bibliothèque Nationale. Le volume s'ouvre sur des poèmes à la louange de l'auteur, notamment par P. du Moulin. Suivent des pièces satiriques en stances de quatre ou six grands vers, "assez bien faits" (Viollet le Duc), intitulés le Triomphe de charité, le Chant pastoral, et les Misères, en six chants, sur le banissement, fuite et persécution des fidèles sous le règne déplorable de Henri III. Mais la partie la plus intéressante est la seconde, paraissant ici pour la première fois, avec un titre séparé, et traitant notamment du Petun, ou tabac, du Vin, de la Sauce du Melon. On y apprend que, dès 1630, il y avait impôt sur le tabac, contrebande et abus de son emploi, dont l'auteur détaille les méfaits : "Il provoque la soif, avance la tristesse, La douleur du poumon, le tremblement soudain, Il aveugle, borgne & force le plus sain, D'aller au lunetier avant que l'âge presse. Il flatte la paresse, empire le langage, Allentit la chaleur, trouble l'entendement ; Il gaste la mémoire, oste le jugement, Enfin il perd le sens lorsqu'on deust estre sage." De la bibliothèque Monmélien (cachet sur la page de titre).
BOSSE Abraham. Histoire de l'enfant prodigue. Paris, Le Blond, v. 1636. Six planches in-4 oblong (325 x 260 mm), encadrées sous verre. G. Duplessis n°34-38. Abraham Bosse savant graveur, expo. B.N 2004, n°132-139. Suite complète de six eaux-fortes, une des plus belles de ce graveur. Toutes les planches sont à l'intérieur de cadres gravés. 3ème état avec la planche L'enfant prodigue dans une maison de débauche couverte et l'effacement du privilège du roi, sans doute à cause du côté scabreux de la scène. La manière qu'eut l'auteur de représenter des personnages bibliques en costumes Louis XIII surprit beaucoup, note Mariette cent ans plus tard, mais eut un grand succès : cette idée de Bosse ayant été applaudie, cela l'engagea à faire une suite assez ample de ces sortes de sujets qui sont tous plus amusants les uns que les autres. Très belles épreuves avec petites marges. Quelques rousseurs uniquement sur les supports.
BOSSE Abraham. La Parabole du mauvais Riche et de Lazare. S.l.s.n, in-folio, présentées sous cache, à grandes marges (377-372 x 310-305 mm) et en très belles épreuves. Sous chaque pièce figure une légende en vers. G. Duplessis, n°40-42. Suite complète de trois planches. "Cette mort de Lazare n'est pas exempte d'un certain lyrisme qui tranche sur de nombreuses gravures de Bosse" (cat. expo. B.N 2004, n°181).
[PASSE Crispin de]. Les abus du mariage, ou sont clairement representez les subtilitez deshonnestes tant des femmes que des hommes dont ils usent pour se tromper l'un l'autre a cecy sont adjoustez quelques enseignemens pour corriger tels abus [titre trilingue français, hollandais et allemand]. Ghedruckt in't Jaer ons Heeren, 1641. Petit in-4 oblong, maroquin tabac, dos à ners, dentelle intérieure, tranches dorées (Thibaron-Joly). Franken, L'uvre gravé des Van de Passe, n°1372. Très rare suite, une des plus belles de Crispin de Passe, divisée en deux parties : - la première renferme un frontispice et 20 portraits en médaillon de femmes galantes et de coureurs de jupons tirés sur 10 feuilles. - La deuxième, qui a pour titre Les Cocquages d'Espagnie e d'Italie e les ruses des meschantz femmes, compote 30 portraits en médaillon de personnages de l'époque connus par leur infortunes conjugales et de leurs femmes représentées en compagnie de leur amant. Au-dessous de chaque portrait se trouve un quatrain en hollandais ; au verso, deux quatrains en français accompagnés de la traduction en hollandais et en allemand. Le volume se termine par un dialogue en hollandais entre deux bergers, Mopsis et Melibea illustré d'une belle planche représentant le Char de Pan et d'une planche de partition de musique. "Selon le Kunst.catalog de Rud-Weigel XXIII, la première édition est sans date, et a aussi un titre hollandais" (Franken, qui n'avait pas vu cette édition). Très bel exemplaire grand de marges.
MONTAIGNE Michel de. Les Essais. Nouvelle édition exactement purgée des défauts des précédentes, selon le vray original : Et enrichie & augmentée aux marges du nom des Autheurs qui y sont citez & de la Version de leurs Passages ; Avec des observations très-importantes & nécessaires pour le soulagement du Lecteur. Ensemble la Vie de l'Autheur, & deux Tables, l'une des Chapitres, & l'autre des pricipales matières, de beaucoup plus ample et plus utile que celle des dernières Editions. Amsterdam, Antoine Michiels, 1659. Trois volumes in-12, maroquin vert, triple filet d'encadrement avec fleurons d'angle, dos à nerfs orné, pièces de titre et de tomaison maroquin rouge, roulette intérieure, tranches dorées (Reliure du XVIIIème siècle). Tchemerzine IV, 905. Frontispice gravé par P. Clouwet représentant l'auteur. "Jolie édition très recherchée" partagée avec Foppens à Bruxelles. Joli exemplaire en maroquin vert ancien (un peu court en tête, petite réparation, sans gravité, à un cahier).
RABELAIS François. Les uvres. [Amsterdam, Elzevier], 1663. Deux volumes in-12, maroquin bleu marine à grain long, entredeux à palmettes avec petites feuilles dans les angles, cadre au filet, brisé aux angles, dos lisse orné de compartiments à fond pointillé, guirlande intérieure à froid avec filet doré, gardes de soie rouge avec dentelle dorée, tranches dorées (Simier). Première édition elzévirienne "fort jolie" selon Brunet. Superbe exemplaire dans une luxueuse reliure décorée de Simier, provenant de la bibliothèque Abdy (1976, n°182).
CORNEILLE Pierre. Le Théâtre. Reveu & corrigé par l'Autheur. Paris, Louis Billaine, 1664-1666. [suivi de] CORNEILLE Thomas. Poëmes dramatiques. Paris, Thomas Jolly, 1665-1666. Ensemble six volumes in-8, maroquin noir, triple filet doré sur les plats, dos à nerfs ornés de fleurons dorés, dentelle intérieure dorée, tranches dorées (Chambolle-Duru, 1869). Edition collective des uvres de P. Corneille augmentée de Sertorius, Sophonisbe et Othon qui forment la quatrième partie. "Cette édition de 1664, en 4 volumes ou parties in-8°, est très importante, parce qu'elle donne pour la première fois, d'une façon plus complète, les modifications orthographiques que Corneille apporta dans ses uvres" (Le Petit, p. 199). L'édition est illustrée de 3 frontispices et 24 figures par Le Sueur et Chauveau, celle de la Toison d'or est nouvelle et signée Ladame. Exemplaire auquel on a joint les deux volumes des Poëmes dramatiques de Thomas Corneille : "les deux recueils étaient si bien destinés à être vendus ensemble que, dans les exemplaires en reliure ancienne, ils sont réunis" (E. Picot, Bibliographie cornélienne). Très bel exemplaire provenant de la bibliothèque de Saint Genies (ex-libris).
AUVRAY Jean. Le Désert [Dessert] des Muses, ou les Délices de la Satyre gallante. A Paris, chez Pierre Lamy, s.d. (Bruxelles, Vieugart, vers 1670). In-12, maroquin bleu, triple filet d'encadrement sur les plats, dos à nerfs orné à la grotesque, dentelle intérieure, tranches dorées (Niédrée). "Recueil fort rare" (Brunet II, 651), imprimée à Bruxelles, certainement par Ph. Vieugart. Jean Auvray fut successivement chirurgien puis avocat ou magistrat : "Il y a eu dans sa vie, comme dans celle de Verlaine, des périodes alternantes de foi ardente et d'épicurisme. Il est facile de s'en rendre compte en consultant la bibliographie de ses uvres où les poésies pieuses succèdent aux pièces satyriques. Jean Auvray montre qu'à la fin du XVIème siècle et à l'aube du XVIIème une extrême liberté de langage et peut-être de murs pouvait s'allier à un fonds de religiosité solide et cela sans aucune hypocrisie" (F. Lachèvre. Le libertinage au XVIIème siècle. Recueils collectifs de poésies libres et satyriques, pp. 80-81). Le Dessert des Muses est un recueil de poésies érotiques extraites du Banquet des Muses d'Auvray. Il a été réimprimé en 1863 par Gay dans les Raretés bibliographiques. Bel exemplaire provenant des bibliothèques de Ch. Nodier (cat. 1844, n°563) et de La Villestreux ; cité par Brunet, Gay et Willems. Il provient en dernier lieu de la bibliothèque Robert Hoe (cat. 1912, n° 883), de Backer (cat. 1926 n° 669) et du Général Willems. Il a figuré au catalogue P. Bérès, XVIIème siècle, 1977, n°31 : "charmant et célèbre exemplaire".
Recueil de diverses pièces, comiques, gaillardes et amoureuses. Paris, Jean-Baptiste Loyson (Bruxelles Daniel Elzevir), 1671. Petit in-12, veau fauve, filets dorés encadrant les plats, dos à nerfs ornés de filets, tranches dorées et marbrées (Reliure ancienne). 2 ff. et 318 pp. Première édition très rare de ce recueil de nouvelles licencieuses qui contient : les Amants trompés et les dames enlevées - le Praticien amoureux - l'Assemblée des filous et des filles de joye - le Poète extravagant -1'Assemblée des maistres d'hostel, le jour de la my-caresme - le Cavalier grotesque -1'Apothicaire empoisonné. Une autre édition, parue à la même date, ne comprend que 286 pp. Le Bulletin du Bibliophile de 1861, p. 236, a consacré une notice à ce petit volume : "ce volume imprimé en petits caractères est très facétieux et fort divertissant. II est tellement rare que nous ne l'avons vu figurer dans aucune vente..." Exemplaire des bibliothèques Charles Nodier (ex-libris cat. 1844, n° 829) et Cailhava, cité dans le supplément de Brunet col. 416. Charnières restaurées.
CORNEILLE, Pierre. Pulcherie, comédie héroïque. Paris, Guillaume de Luyne, 1673. In-12, maroquin rouge, dentelle intérieure, tranches dorées (Chambolle-Duru). Edition originale. Bel exemplaire.
LARMESSIN Nicolas II de. [Costumes grotesques]. [Début du XVIIIème siècle]. Petit in-folio, demi-maroquin rouge, dos orné. Rare réunion de 38 des célèbres planches fantastiques des métiers de Larmessin. Chaque planche se compose d'un personnage à pleine page composé ou orné, à la manière d'Arcimboldo, d'instruments servant dans son métier. Ce recueil comprend les habits de Laboureur, Boucher, Pescheur, Meusnier, Parmeur, Jardinier, Bonnetier, Rotisseur, Foureur, Cabaretier, Sellier, Chapellier, Caffetier, Vigneron, Mareschal, Malletier-Coffretier, Cuisinier, Comédien, Plombier, Savetier, Vannier, Remouleur, Serrurier, Imprimeur, Ceinturier, Charron, Médecin, Fripier, Monnoyer, Laitier, Tailleur, Orlogeur, Boulanger, Tabletier, Cartier, Peigné, Masson, Plumassier. "On a beaucoup de mal à attribuer cette suite entre les trois Nicolas de Larmessin qui gravèrent entre 1650 et 1755. Roger Armand Weigert (in Sur les Larmessin et les costumes grotesques, Nouvelles de l'Estampe, Paris, 1969, n°4) les attribue à Nicolas II, frère cadet du propriétaire de La Pomme d'Or, mort en 1694. A l'origine, soixante--dix-sept planches auxquelles la veuve Larmessin Ier en rajouta douze. Reprenant le principe des têtes composées d'Archimboldo, il les applique systématiquement aux métiers, mais, contrairement à Bracelli, une fois dépassée la surprise due à l'effet graphique, l'image reste très rationelle. Elle revêt même un aspect documentaire et, presqu'un siècle avant les planches de l'Encyclopédie, nous renseignent sur les instruments techniques utilisés à l'époque. La suite connut un grand succès, fut imitée en Allemagne et retirée au XVIIIème siècle par Gabriel Huquier. On retrouve ce principe dans certains tableaux modernes. Dans "La Partie de tennis" du futuriste Carlo Carra, la tête de la joueuse de tennis est constituée par une raquette" (Quatre siècles de surréalisme. L'Art fantastique dans la gravure. Befond, 1973, p. 208 avec reproductions pl. 125 à 128). "Les Costumes grotesques de Larmessin sont aujourd'hui devenus célèbres, grâce au goût de la fantaisie graphique remise en honneur par les dessinateurs modernes. Publiée d'abord en 1695, la série des Costumes grotesques peut être attribuée à Nicolas II de Larmessin, frère cadet de Nicolas Ier mort en 1694, et père du plus célèbre graveur de la famille, Nicolas III. Les recherches de M. R.-A. Weigert (Nouvelles de l'estampe, 1969, n° 2) ont permis de distinguer d'une part entre les différents Nicolas de cette famille compliquée, mais aussi entre diffé-rentes séries de ces planches exceptionnelles. Le principe - et l'humour - de ces dessins consis-tait à habiller différents corps de métiers avec les accessoires de chaque profession. Certains s'en écartent en incluant des costumes contemporains ; d'autres sont des imitations allemandes qui témoignent de la vogue que connurent ces fantaisies graphiques. Les succès de l'invention de Larmessin, qui, malgré les antécédents maniéristes de ces compositions factices, est tout à fait originale à la fin du XVIIème siècle, est encore attesté par des retirages, et par l'utilisation décorative qu'on en fait fréquemment aujourd'hui" (Le Dessin d'humour du XVIème siècle à nos jours. Cat. exposition de la Bibliothèque Nationale, 1971). Ces planches, déjà rares vendues séparément, se trouvent très rarement réunies en recueil. Un exemplaire figurant dans l'importante collection Lipperheide (n°7971) ne comportait que 36 planches. Belles épreuves grandes de marges.
RACINE Jean. Les uvres. Tome II. Paris, Claude Barbin, 1673. In-12, maroquin bleu, petit fer d'armoiries au centre et monogramme aux angles, monogramme répété au dos, doublure de maroquin rouge, dentelle et filet en encadrement, armoiries au centre, double garde, tranches dorées sur marbrure (A. Motte). Tchemerzine V, 364 ; Guibert, pp. 125-127. Rarissime recueil factice composé d'éditions originales et constituant le premier essai d'édition collective. Ce second tome contient, après un feuillet comportant au verso la liste des pièces et la page de titre : "Les uvres de M. Racine", quatre pièces en édition originale : - Britannicus, tragédie. Paris, Claude Barbin, 1670. Huit ff. et 80 pp. - Bérénice, tragédie. Paris, Claude Barbin, 1671. Dix ff. et 88 pp. - Bajazet, tragédie. Paris, Pierre Le Monnier, 1672. Quatre ff. et 99 pp. - Mithridate, tragédie. Paris, Claude Barbin, 1673. Six ff. dont le premier blanc, 81 pp. et un feuillet blanc. De cette "édition" de toute rareté on ne connaît que deux exemplaires, l'un ayant appartenu à Lignerolles puis à Guyot de Villeneuve, l'autre ayant fait partie de la collection Lindeboom. Ces deux exemplaires sont cités (en note) par Tchemerzine dans la description de l'édition de 1675 : "N.B. Avant cette édition collective officielle, les libraires habituels de Racine ont formé des recueils factices sous des titres collectifs ". Restée inconnue de Brunet, Le Petit, etc il se trouve bien décrit, mais comme pour Tchemerzine sans reproduction, par Guibert, le bibliographe de Racine qui indique que "les recueils à la date de 1673 sont extrêmement rares et nous n'en avons retrouvé aucun dans les bibliothèques publiques". L'édition originale de Bérénice comporte en tête de l'épître à Colbert un bandeau avec une tête humaine et deux oiseaux, particularité que l'on rencontre dans un exemplaire en reliure ancienne conservée à la B.N. (voir Guibert, p. 58 n°1). Très bel exemplaire, grand de marges, provenant de la collection du marquis de Naurois, descendant de Racine. De cette "édition" de toute rareté on ne connaît que deux exemplaires, l'un ayant appartenu à Lignerolles puis à Guyot de Villeneuve, l'autre ayant fait partie de la collection Lindeboom. Ces deux exemplaires sont cités (en note) par Tchemerzine dans la description de l'édition de 1675 : "N.B. Avant cette édition collective officielle, les libraires habituels de Racine ont formé des recueils factices sous des titres collectifs ". Restée inconnue de Brunet, Le Petit, etc il se trouve bien décrit, mais comme pour Tchemerzine sans reproduction, par Guibert, le bibliographe de Racine qui indique que "les recueils à la date de 1673 sont extrêmement rares et nous n'en avons retrouvé aucun dans les bibliothèques publiques". L'édition originale de Bérénice comporte en tête de l'épître à Colbert un bandeau avec une tête humaine et deux oiseaux, particularité que l'on rencontre dans un exemplaire en reliure ancienne conservée à la B.N. (voir Guibert, p. 58 n°1). Très bel exemplaire, grand de marges, provenant de la collection du marquis de Naurois, descendant de Racine. Les lettres de noblesse de Racine qui sont "d'azur, au rat et au cygne d'argent" se trouvaient sur la façade de leur maison de la rue de la Pêcherie. Jean Racine ne conserva que le cygne dans ses armes, visible sur la pierre tombale à Saint-Etienne-du-Mont. Le médaillon au monogramme dans les angles reproduit le cachet de Racine. La doublure est ornée des armes de la famille Naurois.
BOXEL (Johann). Anweisung der Kriegsübung so absonderlich mit Musquet und Piquen, als samptlich mit einem Corpus der Ed. Gros Mög. Herren Staten von Hollandt und West-Frieslandt Compagnien Garde zu Fus (...). Graven-Hage [La Raye], A. Leers, 1675. Petit in-4, maroquin rouge, dos à nerfs orné, triple filet doré en encadrement sur les plats avec armes au centre, roulette intérieure, tranches dorées (Chambolle-Duru). Ponti, 734. Graesse I, 515 (qui ne cite que l'édition de 1669 avec 82 pl.). Première et très rare édition de la traduction allemande dédiée à Frédéric-Guillaume dit le Grand-Electeur, Electeur de Brandebourg et duc de Prusse. L'originale hollandaise avait paru en 1669. Le texte est divisé en trois parties. Celle qui est paginée, Das dritte Buch der Kriegs-Übung, commence par une nouvelle page de titre à la même adresse et à la même date. L'ensemble est un traité sur le maniement du mousquet, de la pique et sur l'évolution des corps d'infanterie. Il fut rédigé par un homme de terrain qui était capitaine d'une compagnie. Mais parmi les fonctions et les devoirs des officiers, les instructions à la milice sont signées de Christian Huygens, secrétaire du conseil d'Etat des Provinces-Unies et père du célèbre physicien. L'exemplaire comprend un frontispice (composition allégorique de la victoire) et 98 planches gravées sur cuivre réparties en cinq parties : - 36 planches concernent les mousquetaires et le maniement de leur arme à feu portative. - 20 planches présentent les piquiers. - 18 planches sont relatives aux exercices des mousquetaires et des piquiers. - 8 planches détaillent les exercices de tir des mousquetaires. - 16 planches doubles montrent l'armement de l'infanterie, des dispositions d'escouades de fantassins et des régiments en ordre de bataille. Exemplaire aux armes du duc de Chartres, Robert-Philippe-Louis-Eugène-Ferdinand d'Orléans, petit-fils du roi Louis-Philippe. "[Sa] collection qui était très importante comprenait surtout des ouvrages sur l'art militaire" (Olivier, 2584, fer n°3). Très bel exemplaire.
[BLESSEBOIS Paul Alexis dit Pierre Corneille]. St Germain où les Amours de Me D.M.T.P. avec quelques autres galanteries. s.l.n.d. [vers 1680]. Petit in-12, veau olive, roulette à froid en encadrement, dos lisse orné (passé), roulette intérieure, tranches dorées (Ducastin). Roman licencieux dirigé contre Madame de Montespan, traditionnellement attribué à Corneille Blessebois, le Casanova du dix septième siècle. C'est le même que Lupanie, avec un titre nouveau et l'adjonction de quelques pièces de vers "obscènes" dignes de l'auteur du Rut et de Filon.
LA FONTAINE Jean de. Les épistres de Sénèque. Nouvelle traduction. Paris, Louis Bilaine, Claude Barbin, 1681. Deux volumes in-8, veau écaille, armoiries dorées, dos à nerfs orné, pièce de titre maroquin rouge, tranches marbrées (Reliure de l'époque). Tchemerzine III, 886. "Edition originale extrêmement rare" (Tchemerzine, qui n'a pas vu d'exemplaire). C'est, selon La Rochebilière (n°175), un des plus rares ouvrages de La Fontaine. Après la mort de son ami Pintrel, qui avait acquis sa maison de Château-Thierry, La Fontaine consentit à revoir et corriger une traduction de Sénèque que ce dernier avait laissée, et non seulement La Fontaine publia lui-même l'ouvrage auquel il fit quelques retouches, mais il prit la peine de traduire en vers français tous les vers latins qui se trouvent chez l'auteur ancien. "Plusieurs passages de Virgile et d'Euripide y sont très heureusement rendus. Ces exercices du talent flexible de notre fabuliste avaient échappé à la connaissance de tous les littérateurs jusqu'à l'époque où nous les avons tirés du livre où ils étaient ensevelis pour les placer dans ses uvres complètes" (Walckenaer. Histoire de la vie et des ouvrages de La Fontaine, pp 317-318). Cette traduction de Sénèque parut d'abord sans nom d'auteur (comme c'est le cas ici pour le titre du premier volume) mais l'ouvrage ne se vendant pas, Barbin fit faire des cartons pour les titres en mentionnant les noms de Pintrel et surtout de La Fontaine (tel est le cas ici du titre du second volume) ce qui assura la vente de l'ouvrage qui sera remis en vente avec des nouveaux titres en 1684. Précieux exemplaire, très grand de marges, aux armes de Louis-César de Crémeaux, marquis d'Entragues (Olivier 570), condition apparemment unique. Provenance : marquis d'Entragues (armoiries et ex-libris) et Charles-Pierre Claret de Fleurieu, ministre de la marine (ex-libris).
LA FONTAINE Jean de. Poèmes du Quinquina, et autres ouvrages en vers. Paris, Denis Thierry et Claude Barbin, 1682. In-12, maroquin rouge, triple filet doré encadrant les plats, dos à nerfs orné, roulette dorée sur les coupes et roulette intérieure dorée, tranches dorées, étui (Reliure de l'époque). Edition originale. Exemplaire de second tirage. Bel et précieux exemplaire en maroquin de l'époque, condition de toute rareté. Tchemerzine ne cite que deux exemplaires en maroquin de l'époque, l'un chez La Rochebilière, l'autre chez Lignerolles. Des bibliothèques Mortimer Schiff (ex-libris) et Lucius Wilmerding (ex-libris).
LA FONTAINE Jean de. Poèmes du Quinquina, et autres ouvrages en vers. Paris, Denis Thierry et Claude Barbin, 1682. In-12, maroquin rouge, triple filet doré encadrant les plats, dos à nerfs orné, dentelle intérieure, tranches dorées (Hardy). Tchemerzine III, 887. Edition originale. Exemplaire de premier tirage, sans aucun carton, avec les fautes signalées par La Rochebilière et Tchemerzine. Outre le Poème du Quinquina célébrant les vertus de la fameuse écorce, récemment découverte, le volume renferme quatre pièces en édition originale ; deux contes ou nouvelles, La Matrone d'Ephèse et Belphégor, et deux opéras, Galatée et Daphné. Exemplaire réglé provenant de la bibliothèque Thomas Powel (ex-libris héraldique).
LA BRUYERE. Les Caractères de Théophraste. Huitième édition, Revüe, corrigée & augmentée. Paris, Estienne Michallet, 1694. In-12, veau marbré, armoiries dorées, triple filet doré, dos à nerfs orné avec pièces d'armes, roulette intérieure, tranches marbrées (Reliure de l'époque). Tchemerzine II, p. 806-808. Edition en partie originale contenant 1120 caractères, dont 46 nouveaux et contenant pour la première fois réuni aux caractères le Discours de l'Académie Française. C'est la dernière édition augmentée par l'auteur, fixant le texte définitif. Exemplaire de premier tirage avant les cartons signalés par La Rochebilière (cat. n°633) et Tchemerzine. Précieux exemplaire aux armes de Joseph d'Albert, duc de Luynes (1672-1758). Voir Olivier pl. 1844. Restauration à un mors.
LUYKEN Johannes et Casparres. Het menselyk bedryf. Vertoond. In-100. Verbeeldingen : van : Ambachten, Konsten, Hanteeringen en Bedryven, met Versen Amsterdam, Gedaan, door Johannes, en, Caspaareo Luiken, 1694. In-4, veau marbré (Reliure de l'époque). Praz II, p. 100. Landwehr, Emblem Books in the Low Countries, n°371. Très rare première édition du livre des métiers de Jan Luyken. Cet ouvrage, qui peut aussi être considéré comme un livre d'emblèmes, n'eut par la suite pas moins de 8 réimpressions avec quelques différences. L'illustration de J. et C. Luyken se compose d'un frontispice et de 100 belles gravures sur cuivre représentant des ouvriers et des artisans hollandais dans leurs ateliers. Chaque métier illustre un proverbe ou une maxime en vers et donne lieu à une petite scène familière qui évoque la vie des hollandais du temps.
[CURIOSA]. Les Jésuites de la maison professe de Paris en belle-humeur. A Lions, chez Jean Montos [Leyde], 1696. In-12, maroquin citron à long grain, filet d'encadrement avec fleurons d'angle, dos à nerfs orné de rosaces, pièce de titre maroquin noir, dentelle intérieure, tranches dorées (Reliure vers 1830). Première édition (?) rarissime, ornée d'un frontispice, de ce pamphlet anti-religieux "rempli d'anecdotes fort libres" (Galitzin, n°850, à la date de 1761). Très souvent réimprimé aux XVIIème et XVIIIème siècles, ce "livre beaucoup plus rare que décent" (cat. Nodier n°1169, éd. de 1761) sera édité une dernière fois par Gay en 1874. Deux éditions parurent en 1696, l'une avec l'adresse de "Pampelune, Colin Matras", l'autre à l'adresse de "Lions, chez Jean Montos", sans que l'antériorité de l'une ou l'autre édition, également rares, ait été établie. En 1760 et 1761, ce livre reparaîtra sous l'adresse de "Lions, Jean Montos". Bel exemplaire joliment relié.
[ROLLOS (Peter)]. Le centre de l'amour découvert soubs divers emblemes galans et facétieux. A Paris, chez Cupidon (Hollande ?), 1698. Petit in-4 oblong, demi-vélin (Reliure de l'époque). 6 ff., 92 ff. Praz, p. 303 ("rare"). Suite érotico-emblématique composée d'un titre-frontispice et de 93 figures à pleine page des plus curieuses, la dernière en forme de conclusion, le tout gravé en taille-douce par Peter Rollos. Un distique ou un quatrain, en latin et en allemand, se trouve sous chaque figure tandis qu'une pièce de vers plus longue, en français, remplie de sous-entendus malicieux ou obcènes, est imprimée en vis-à-vis. C'est le seul livre d'emblèmes véritablement érotique et certaines figures sont assez libres. Petites restaurations marginales.
GAULTIER GARGUILLE. Les débats et facétieuses rencontres de Gringalet et Guillot Gorgeu son Maître. Reveues tout de nouveau & augmentée de ses Ordonnances touchant la Police humaine. Troyes, Jacques Oudot, s.d. (fin du XVIIème siècle). In-12, maroquin rouge, triple filet doré, dos à nerfs orné, dentelle intérieure, tranches dorées (Duru, 1848). Très rare édition de cette facétie illustrée d'un bois sur le titre représentant une scène de théâtre mettant en présence deux hommes et deux femmes. L'édition est restée inconnue du Catalogue descripif de la bibliothèque bleue de Troyes. Cette facétie sera réimprimée dans le tome XVI des Joyeusetez. Très bel exemplaire.
MAROT Clément. Oeuvres. La Haye, Adrian Moetjens, 1700. Deux volumes in-12, maroquin rouge à long grain, encadrement droit formé de filets et pampres dorées, dos lisse ornés de multiples filets, feuillages et mille points dorés, encadrement intérieur de roulettes dorées, doublure et gardes de tabis bleu, tranches dorées (Bozérian). Première édition sous cette date, avec les pages de titres ornées du même fleuron. Très bel exemplaire, dans une fine reliure de Bozérian.
ESTERNOD Claude d'. Satyres amoureuses et galantes et l'ambition de certains courtisans, nouveaux venus, & gens de fortune. Amsterdam, Adrien Moetjens (imprimé en France), 1721. [suivi de] Jugement de Pluton sur la folie des hommes, A l'occasion d'une aventure burlesque arrivée à la Cour de Panorme. s.l.n.d. [suivi de] Les Amours du Chevalier Du Tel, et de Dona Clementina, histoire nouvelle & véritable. s.l., 1716. In-12, veau marbré, filets, armoiries dorées, dos à nerfs orné, tranches rouges (Reliure de l'époque). Dernière édition ancienne de l'Espadon satyrique de Claude d'Esternod. Elle reproduit l'édition de 1680 où la 16ème satyre y est remplacée par l'Ode satyrique d'un amoureux à sa maîtresse. Claude d'Esternod, un moment trop injustement oublié, fut qualifié par Pierre Louys de maître en l'art lyrique et par Rémy de Gourmont de poète d'une singulière virilité et d'une souplesse rare L'Espadon satyrique sera réimprimé en 1863 par Gay. Précieux exemplaire aux armes de la Marquise de Pompadour (avec la signature de Beauchamps sur le titre), provenance piquante pour ce recueil concernant en grande partie les courtisans.
MANDEVILLE John. The Voyages and Travels... Werein is set down the way of the Holy Land and to Hierusalem ; As also to the Lands of the great Caan, and of Prestor John ; to India, and divers other contries ; Together with many and strange Marvels therein. Londres, A. Wilde, 1722. In-8, veau brun avec, encastré dans les plats, un fragment de la première reliure portant l'initiale W surmontée d'un faucon doré, filet doré d'encadrement, dos orné, tranches rouges (Reliure moderne). Rare édition illustrée d'une figure sur le titre et 69 bois dans le texte, de facture populaire, fantastiques pour la plupart, représentant des animaux ou des personnages fabuleux, des diables, etc... "Jean de Mandeville, voyageur anglais, né à Saint-Alban vers l'an 1300, mort à Liège en 1372. Il voyagea pendant trente-trois ans en Palestine, en Egypte, en Asie et en Chine. Il a laissé une Relation de son voyage, pleine de récits merveilleux et de mensonges, qui à cause de cela surtout obtint au moyen âge une grande célébrité. Le hâbleur anglais prétend avoir rencontré des hommes à tête d'animal, des diables vomissant des flammes du haut des montagnes, des oiseaux gigantesques pouvant enlever un éléphant dans leurs serres ; Il décrit l'arbre de vie qu'il a vu, et dont les feuilles sont vertes et blanches. A côté de ces inventions se trouvent des observations véridiques et vraiment curieuses sur les fours à poulets d'Egypte, la poste aux pigeons, la récolte du baume, sur les mines de diamants, sur la croissance et la récolte du poivre; il signale au midi une autre étoile polaire, ce qui aurait pu induire à penser que la terre est ronde. " (Larousse du XIXème siècle).
HOOGHE Romeyn de. Aesopus in Europa. Gravenhage, Fr. Moselange, 1737-38. In-4, maroquin citron, chaînette dorée sur les plats, dos orné de fleurons dorés, tranches dorées (Reliure de l'époque). Seconde édition de ce recueil de 40 pamphlets, chacun illustré d'un beau frontispice gravé par Romeyn de Hooghe. Beau tirage des 40 gravures sur cuivre à caractère satirique et mettant en scène de nombreux animaux ; Romeyn de Hooghe fut le premier graveur hollandais à mettre son talent au service de la satire politique. Très bel exemplaire, grand de marges, en maroquin de l'époque. Provenance : M.J.E. Faivre de Bouvot (ex-libris du XVIIIème siècle).
LE SAGE, Alain René. Histoire de Gil Blas de Santillane. Dernière édition , revue et corrigée. Paris, les libraires associés, 1747. Quatre volumes in-12, maroquin rouge, triple filet doré, dos à nerfs orné, dentelle intérieure, tranches dorées (Chambolle-Duru). Premier tirage des 32 figures hors-texte, gravées à l'eau forte. Exemplaire de première émission (il existe une contrefaçon) de cette édition très recherchée qui fixe le texte définitif de Gil Blas : "Cette bonne édition, la dernière publiée par Le Sage, a fixé le texte des nombreuses éditions postérieures. Elle est très recherchée" (Le Petit, p. 488). Superbe exemplaire.
LA FONTAINE Jean de. Contes et Nouvelles en vers. Amsterdam (Paris,), 1762. Deux volumes in-8, maroquin vert, large dentelle dorée aux petits fers avec, dans un médaillon placé aux angles, un semé de trèfles, dos lisse orné, roulette intérieure, gardes de tabis rose, tranches dorées (Reliure de l'époque). Célèbre édition dite des Fermiers Généraux et publiée à leurs dépens. Premier tirage de l'illustration comprenant deux portraits, 80 figures d'Eisen gravées par les meilleurs artistes, 4 vignettes et 53 culs-de-lampe par Choffard. Ce livre, le chef-d'uvre d'Eisen, est depuis toujours considéré comme un des plus beaux, le plus parfait, des livres illustrés du XVIIIème siècle. Magnifique exemplaire, un des plus beaux que l'on puisse trouver, dans une fraîche reliure de l'époque en maroquin vert, probablement de Derôme, orné d'une dentelle aux petits fers d'une très grande élégance et qui présente la particularité de présenter, répété tout autour de la dentelle, un semé de trèfles. Ce pourrait bien être ici, bien plus qu'un élément décoratif, des pièces d'armoiries ; celles de Laurent de Chazelles (1724-1808), conseiller au Parlement de Metz (Olivier, pl. 2413 qui reproduit ses pièces d'armes, sans citer d'exemplaire, d'après un fer appartenant à M. Berthelin). Les exemplaires en maroquin à dentelles sont assez rares mais, comme le note Cohen, "les reliures en maroquin vert, bleu ou citron sont infiniment moins communes que celles en maroquin rouge". Les reliures d'une qualité semblable à celle du présent exemplaire sont tout à fait exceptionnelles. L'exemplaire, protégé dans des boîtes étuis en maroquin, comporte, à part, 9 des 20 planches refusées. Provenance : bibliothèque Henri Bonnasse (avec son ex-libris), banquier marseillais qui fut un collectionneur actif dans les années 1940 à 1960. Ses plus beaux livres, comme celui-ci, furent acquis à l'amiable puis trois ventes furent organisées en 1980 et 1982.
[VOLTAIRE, François-Marie Arouet]. L'Ingénu, histoire véritable, Tirée des Manuscrits du Père Quesnel. Utrecht [Genève, Cramer], 1767. [suivi de : VOLTAIRE] Le Taureau Blanc, traduit du Siriaque par Mr. Mamaki, , interprète du Roi d'Angleterre pour les Langues Orientales. Londres [Genève], 1774. Deux ouvrages en un volume in-8, veau fauve marbré, triple filet doré encadrant les plats, dos lisse orné, double pièce de titre maroquin vert, tranches marbrées (Reliure de l'époque). Bengesco I, n°1468, 1509 Edition originale de l'Ingénu, un des principaux contes philosophiques de Voltaire qui sera plusieurs fois réimprimé cette même année 1767 sous le titre le Huron ou l'Ingénu. Prenant le parti du "bon sauvage", Voltaire attaque tour à tour les Jésuites, les Jansénistes, les Hauts Fonctionnaires et les Médecins. Seconde édition donnée par Voltaire du Taureau Blanc avec des nouvelles notes ajoutées. Bel exemplaire agréablement relié à l'époque.
RESTIF DE LA BRETONNE. La Fille Naturelle. La Haye, 1776. Deux parties en un volume in-12, maroquin rouge, triple filet doré sur les plats, dos à nerfs orné, dentelle intérieure dorée, tranches dorées (Chambolle-Duru). Contrefaçon de la première édition de Paris : "cette édition est faite avec soin" (P.L. Jacob, Bibliographie de Restif de La Bretonne). Ce roman, publié sans annonces, eut pourtant du succès, ou du moins se vendit, puisqu'on en fit quatre éditions. "Il n'en est pas moins rare" (P.L. Jacob). Très bel exempaire, grand de marges, relié par Chambolle-Duru.
VILLETTE Marquis de. Oeuvres. Londres (Montargis), 1786. In-16, maroquin vert, armoiries dorées au centre des plats, triple filet doré, dos orné, pièce de titre maroquin rouge, filet sur les coupes, dentelle intérieure, tranches dorées (Reliure de l'époque). 4 ff.n.ch. et 196 pp. dont 20 ff. d'échantillons de papier. Premier livre imprimé en Europe sur du papier autre que du papier de lin ou de coton. Leorier Delisle fit fabriquer par la papeterie de Buges près de Montargis, du papier avec des matières autres que le chiffon : "j'ai soumis à la fabrication du Papier toutes les Plantes, les Ecorces & les Végétaux les plus communs. Les Echantillons qui sont à la fin de ce volume ne sont que des extraits de mes expériences. J'ai voulu prouver qu'on pouvait substituer aux matières ordinaires du Papier, qui deviennent chaque jour plus rares, d'autres matières les plus inutiles" (Epitre dédicatoire). Les vingt derniers feuillets donnent des échantillons de papiers fabriqués avec des orties, du houblon, de la mousse, des roseaux, de l'osier, du chiendent, des feuilles de bardanne et de pas-d'âne, etc... Cet exemplaire est imprimé, pour le reste, entièrement sur du papier de Guimauve. Il y a eu un autre tirage sur du papier d'écorce de tilleul. Précieux exemplaire de dédicace aux armes de Charles-Louis, marquis de Ducrest (1747-1824), chancelier de la maison d'Orléans et frère de Mme de Genlis. Cette provenance semble extrêmement rare et les armes sont restées inconnues à Olivier. Néanmoins les pièces d'armes des ducrest sont reproduites par Olivier, pl. 82, accolées à celles du marquis de Genlis qu'épousa Stéphanie-Félicité Ducrest de Saint-Aubin, la sur du marquis de Ducrest. Très bel exemplaire aux armes, en maroquin vert (petit trou à 3 feuillets d'échantillon).
CONSTANT Benjamin. Adolphe. Londres, H. Colburn ; Paris, Treuttel et Wütz, 1816. In-12, demi-maroquin vert à coins, tranches mouchetées (Reliure légèrement postérieure). Edition originale parisienne. Agréable exemplaire.
HUGO, Victor. Le Télégraphe. Satire Paris, Delaunay, Dentu, Petit, 1819. In-8, demi-maroquin rouge à grain long à coins (G. Huser). |