Vendredi 6 novembre 2026 BIBLIOTHÈQUE ÉMILE ROSSIGNOL PREMIÈRE PARTIE
experts Ariane Adeline Membre du SLAM et du SFEP +33 (0)6 42 10 90 17 livresanciensadeline@yahoo.fr Lots 1 à 7 (lot 7 en collaboration avec Patrice Rossignol) Patrice Rossignol Membre de la Compagnie Nationale des Experts (CNE) +33 (0)6 10 31 22 68 patrice-rossignol@club-internet.fr Lots 8 à 87 contact Flamine Bouvet-Lanselle +33 (0)1 47 42 78 01 f.bouvet@giquello.net 5, rue La Boétie - 75008 Paris +33 (0)1 47 42 78 01 - info@giquello.net
Librairie Rossignol 2, rue Casimir Delavigne - 75006 Paris Du lundi 26 au samedi 31 octobre de 10h à 13h et de 14h à 18h +33 (0)6 10 31 22 68 Hôtel Drouot : Mercredi 4 novembre de 11h à 18h Jeudi 5 novembre de 11h à 20h Vendredi 6 novembre de 11h à 12h Téléphone pendant l’exposition +33 (0)1 48 00 20 02 Alexandre Giquello Violette Stcherbatche BIBLIOTHÈQUE ÉMILE ROSSIGNOL PREMIÈRE PARTIE MANUSCRITS LIVRES PRÉCIEUX DU XVE AU XVIIIE SIÈCLE Vendredi 6 novembre 2026 - 14h Drouot - salle 2
4 J É R ( ) ’ J’ai le sentiment étrange de n’avoir bien connu mon grand-père, Jean - dit Émile - Rossignol, que vers la fin de sa vie. Non qu’il ait été pour moi mystérieux ou lointain. Comme, je pense, ma sœur et mes cousins, j’ai avec lui de nombreux souvenirs d’enfance et d’adolescence, moments heureux de vacances en famille ou de visites au « magasin ». Mais je n’ai découvert l’homme qu’il était véritablement qu’en pénétrant son univers lors de mon entrée à la Librairie Rossignol, en 1987. Doté d’un caractère des plus raisonnables, tout en mesure et pondération – je l’ai toujours connu fumant huit cigarettes quotidiennes, ni une de plus, ni une de moins – cet homme menant depuis longtemps une vie faite d’habitudes, sans jamais le moindre excès, cet homme était en réalité un passionné. Chez lui, bien sûr, rien d’exubérant, mais un feu intérieur qu’au-delà du calme apparent on pouvait percevoir à travers le regard clair de ses yeux bleus. La passion ? Il l’avait connue avec Myrta, rencontrée après un premier divorce et dont la disparition prématurée fut, je crois, la grande épreuve de sa vie. Après ce drame a¡ectif il avait retrouvé la paix grâce notamment à la présence de ses deux fils : Gabriel, l’aîné, qui en 1958 l’avait rejoint à la librairie et avec qui il formera pendant près de quarante ans un binôme lié comme les doigts de la main ; et Alain, chirurgien à SaintMalo, musicien amateur et romancier à ses heures, qu’il visitait régulièrement lors d’escapades dominicales. Il eut aussi le bonheur d’être choyé par ses belles-filles, Catherine et Françoise - deux sœurs ayant épousé les deux frères - toutes deux gaies et dynamiques et qui s’attachèrent à délivrer ce désormais célibataire des tracas du quotidien tout en apportant à sa vie la touche d’originalité et de fantaisie qu’il aimait au fond et qui, sans elles, lui aurait manqué. Cette sérénité acquise lui permit de se livrer corps et âme et sans entrave à sa passion première, ancrée en lui de longue date, celle des beaux livres… Il avait débuté sa vie de libraire en 1920, à l’âge de quatorze ans. Pourquoi si tôt ? Je ne l’ai jamais bien su : il n’aimait guère parler d’un passé qui n’avait sans doute pas été sans heurts. Les scolarités écourtées n’étaient de toutes façons pas si rares à cette époque, surtout lorsqu’on se destinait à ces métiers auxquels on se formait « sur le tas ». Il rejoignit donc cette année-là son père Émile qui venait d’inaugurer sa nouvelle boutique au 18 de la rue Bonaparte. Né en 1882, ce premier Émile avait débuté comme commis à la Librairie Dorbon avant de s’installer à son compte en 1906, d’abord avec son confrère Apt au 6 rue de Miromesnil, puis deux ans plus tard et seul cette fois, au 28 de la rue Jacob, dans ce petit coin du 6e arrondissement de Paris que père et fils ne quitteront plus. La Librairie E. Rossignol était née. Elle mènera dès lors son petit bonhomme de chemin publiant un à trois catalogues par an, brochures modestes à l’origine dans lesquelles les livres d’occasion voisinaient avec les éditions anciennes. En 1923, elle se dote d’un logo, dessiné par un ami, le fameux artiste belge Martin Van Maele, logo qui reste aujourd’hui encore l’emblème de la librairie. Passée la crise des années 30, voici venir les vicissitudes de la guerre et de l’occupation. En 1942, l’immeuble appartenant au consulat de Tchécoslovaquie dont la Librairie occupe le rez-de-chaussée est réquisitionné par les autorités allemandes. Contraints de déménager, les Rossignol s’installent dans la même rue, un peu plus bas, au numéro 8, dans l’ancien atelier du relieur Henri Blanchetière. La librairie y restera jusqu’en 2007.
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6 Émile, le fondateur, s’éteint en 1950. Jean assume désormais seul la direction de l’affaire et, par un curieux mimétisme ou plus simplement par désir de continuité, choisit de ne conserver que son troisième prénom, celui- de son père. Pour tous, il sera désormais lui-même Émile Rossignol. Amoureux du livre sous toutes ses formes, lecteur infatigable, armé d’une solide érudition d’autodidacte et surtout d’un œil et d’un jugement sans failles, il donne en quelques années à la Librairie Rossignol une nouvelle envergure. A sa manière, toute en discrétion, il prend bientôt place parmi les « grands libraires » de la capitale aux côtés de Lucien Scheler, Georges Heilbrun, Pierre Berès, Maurice Chamonal, Paul et Armand Lardanchet… Contrairement à nombre de ses confrères, il circule peu. Quelques voyages en Angleterre où réside Myrta - et qui cesseront après elle – sont un temps l’occasion de tournées chez Maggs, Quaritch, Davies, d’où il ramène régulièrement quelques perles. Et puis, chaque semaine, il rend visite à ses amis Scheler et Heilbrun et fait son choix parmi leurs plus belles trouvailles. Si eux choisissent souvent de tourner, lui préfère garder, et enrichir ainsi un stock dont la diversité et la qualité lui acquièrent bientôt une réputation internationale. L’époque s’y prête. Les trente glorieuses battent leur plein et, en cette fin des années cinquante, l’activité est soutenue, les livres circulent et leurs prix sont encore sans commune mesure avec ce qu’ils deviendront par la suite. Comme par magie et bien que pas une fois il n’ait participé en personne à une vente publique, nombre d’entre eux finissent par aboutir chez lui, souvent par l’intermédiaire de courtiers, alors nombreux, tels que le fantasque Jacques Loyau. L’arrivée de mon père Gabriel, après ses études d’histoire, contribue bientôt à ouvrir l’activité sur l’extérieur. Alors que des contacts professionnels et amicaux se nouent avec les libraires de la nouvelle génération, en particulier Bernard Clavreuil et Pierre Meaudre, Émile, de son côté, reste plus que jamais le gardien du temple. Et cela lui convient parfaitement. Casanier par nature, c’est dans sa librairie qu’il se plaît. Pendant que mon père court les ventes et les adresses, il rédige à la main, sur un bristol au format immuable et de sa minuscule écriture vive et appliquée, des fiches à l’enthousiasme communicatif et reçoit les clients, faisant salon avec les habitués. Aujourd’hui encore, certains de ces visiteurs d’alors se rappellent cet homme à la silhouette svelte, aux manières courtoises et élégantes, à la gentillesse naturelle, qui les accueillait avec une sincère affabilité, toujours revêtu de cette fameuse et quelque peu anachronique blouse blanche qu’il n’abandonnera que sur le tard. Pour le reste, la vie s’écoule, heureuse, rythmée par des repas pris quotidiennement, midi et soir, au même restaurant où il a sa table attitrée, d’abord chez Maître Paul, non loin du Théâtre de l’Odéon - et, clin d’œil du destin, presqu’en face de l’actuelle Librairie - puis au Tiburce, rue du Dragon, chez la parfaite Mme Lavigne. Le soir, rentré tôt dans son studio à l’angle du Boulevard Raspail et de la rue de Varenne, il lit et écoute de la musique. Les années passent. En 1987, le duo des Rossignol devient trio avec mon arrivée à la Librairie, après un passage par le journalisme. Pendant près de dix ans, trois générations vont cohabiter en bonne entente au 8 rue Bonaparte pour le plus grand plaisir des nombreux habitués que cette réunion sympathique et rare amuse et charme. Émile nous quitte à l’été 1996. Trente ans déjà… Agé de 90 ans et atteint de troubles de la vue, il aura continué jusqu’au bout de venir tous les après-midi à la boutique, parcourant livres et catalogues à l’aide d’une grosse loupe de bureau, commentant les ventes passées et à venir avec l’enthousiasme d’un jeune homme et une qualité de jugement restée intacte. La Librairie Rossignol poursuivra sa route après lui avec mon père et moi, mais c’est une autre histoire… Parvenu au terme de cette évocation, je réalise l’avoir consacrée beaucoup plus à la personne de mon grand-père qu’à ses livres. Mais je devais bien cela à la mémoire de celui qui m’a si chaleureusement accueilli à mes débuts et permis d’exercer le métier passionnant qui est le nôtre. Ce faisant, je souhaitais aussi écrire au nom de tous ses petits, arrière-petits, arrière-arrière-petits-enfants…
7 Les livres présentés ici sont ceux de sa collection personnelle. La plupart ont été acquis entre le milieu des années cinquante et le début des années soixante-dix, période propice comme on l’a dit. Manuscrits de très haute qualité, grands incunables, somptueux livres d’heures et gothiques rares, chefs d’œuvre de la gravure, pièces uniques sur peau de vélin, reliures à grand décor, peintes à la cire, à fers pointillés, à dentelle ou mosaïquées, originales littéraires et livres illustrés en condition exceptionnelle, provenances prestigieuses, l’ensemble, qui court jusqu'à la fin de l’ancien régime, illustre la quintessence de cette bibliophilie à la française qu’il a¡ectionnait particulièrement en lointain et digne successeur des Auguste Fontaine, Damascene Morgand, Edouard Rahir… Je renonce à distinguer ici certains ouvrages dans cet ensemble remarquable : tous, quelle que soit leur valeur, sont désirables à un titre ou à un autre. Ils parleront d’eux-mêmes à ceux qui les découvriront. Puissent-ils donner de la joie, aujourd’hui et à l’avenir, à de nouveaux passionnés. Patrice Rossignol Émile, Gabriel et Patrice, trois générations de Rossignol, rue Bonaparte, en 1990.
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10 MANUSCRITS
11 1 BIBLE DITE BROCKETT-HUTH BIBLE (ANCIEN ET NOUVEAU TESTAMENT ; INTERPRÉTATION DES NOMS HEBRAÏQUES) En latin, manuscrit enluminé sur parchemin France, Paris, vers 1250-1260 60 000/80 000 € Avec 82 initiales historiées et 60 initiales ornées. Décor enluminé attribuable à l’Atelier dit de Soissons, actif à Paris dans les années 1240-1260. 390 ¡., précédés et suivis de deux feuillets de gardes de papier, manuscrit complet [collation : i12, ii12 [signature IIus (fol. 24v)], iii12 [signature tronquée (fol. 36v)], iv12, v12, vi12, vii12, viii12, ix12, x12, xi12, xii12, xiii12, xiv12, xv12 [signature XV (fol. 180v)], xvi12, xvii12, xviii12, xix12, xx12, xxi12 [signature XXI (fol. 252v)], xxii12 [signature XXII (fol. 264v)], xxiii12, xxiv10 (pas de manque, fin du texte de Maccabées 2), xxv12, xxvi12, xxvii12, xxviii12, xxix12, xxx12, xxxi12, xxxii12, xxxiii8], on relève un système de signatures de cahiers habile, en chi¡res arabes, par exemple « 181 » « 182 », « 183 » etc., réglure à la mine de plomb (justification : 150 x 105 mm), texte sur deux colonnes, écriture gothique textura de petit module, titres courants en rouge et bleu, initiales en bleu ou rouge avec décor filigrané rouge et/ou bleu, chapitres bibliques en chi¡res romains en rouge et bleu dans les marges extérieures (et non comprises dans la justification du texte), signes de paragraphe en rouge, capitales rehaussées de rouge dans le texte, nombreuses initiales filigranées en rouge et bleu avec prolongements dans les marges, initiales à une ligne de hauteur peintes en rouge ou bleu, avec 61 initiales ornées et décorées (3 à 4 lignes de hauteur) introduisant les prologues bibliques ou un changement de texte, en bleu, rose, jaune et vert, avec un décor de rinceaux et feuillages, certaines avec des éléments figurés par exemple des hybrides, des dragons ou tête humaine (par exemple initiale P avec prolongement dans la marge et tête humaine (fol. 261)), 82 initiales historiées introduisant les textes bibliques (4 à 16 lignes de hauteur) avec prolongements dans les marges, la même palette et éléments ornés que les initiales décorées, corrections, rajouts ou notes dans les marges, le plus souvent en écriture contemporaine ou proche contemporaine. Reliure de maroquin rouge du XVIIIe siècle, dos à 5 nerfs cloisonné et fleuronné, bandeau en tête et en queue de dos avec un ornement de filets dorés formant des motifs losangés, pièce de titre de cuir vert foncé, lettrage doré « BIBLIA SACRA », encadrements dorés sur les plats avec fleurons aux quatre angles extérieurs du panneau central (décor à la Duseuil), roulette dorée intérieure, roulette dorée sur les coupes, tranches dorées, contregardes et gardes de papier marbré caillouté. Dimensions des feuillets : 227 x 145 mm ; dimensions de la reliure : 235 x 160 mm. S¸¹º»¼º º½º¾¹¿º Àº ¾Á¸ÃĻů À’¸Âº Bż¿º ÀÅÆº « ¹Ç»ÆÁÆÅȺ », É Æ»Êà ˻ÁÂÀºÃ ¾Á»ËºÃ, ÄǹÅ̺ ºÆ ºÂ¿¸¾ÅÂ̺ É PÁ»ÅÃ, ÀÁÂà ¿º ÄÇÂÆº½Æº À¸ ÀÌȺ¿Ç¹¹º¾ºÂÆ Àº ¿Á ¹»ÌÀÅÄÁÆÅÇ ¿Å̺ Á¸½ Ç»À»ºÃ ¾ºÂÀÅÁÂÆÃ ¾ÁÅà Á¸ÃÃÅ Àº ¿’UÂÅȺ»ÃÅÆÌ Î»ÌϸºÂÆÌº ¹Á» ¿ºÃ ÂǾ¼»º¸½ ÌÆ¸ÀÅÁÂÆÃ ÅÃøà Àº ¿Á ÂǼ¿ºÃú Ǹ Àº Ë»ÁÂÀà ºÄÄ¿ÌÃÅÁÃÆÅϸºÃ ÃǸÄź¸½ Àº ¹ÇÃÃÌÀº» Àº ¼ºÁ¸½ ¿ÅÈ»ºÃ Àº ¿Á « ÂǸȺ¿¿º V¸¿ËÁƺ » Ǹ Bż¿º ¹Á»ÅÃźÂº. LÁ Bż¿º ÀÅÆº B»ÇÄÐºÆÆ-H¸ÆÑ ºÃÆ ¸Â º½º¾¹¿º Àº ¿¸½º Àº ÄºÆÆº ¹»ÇÀ¸ÄÆÅÇ ¹Á»ÅÃźÂº, ÀÁÆÁ¼¿º ÀºÃ ÁÂÂ̺à 1250-1270. La fabrication de ces Bibles portatives résultait d’un travail de révision du texte biblique qui eut lieu dans les premières décennies du XIIIe siècle, de l’ordre des livres, d’adoption d’une série précise de prologues, de la division en chapitres et de corrections philologiques des traductions de saint Jérôme. Un texte corrigé simplifiait les échanges universitaires avec un souci de standardisation. Dans le cas de la présente Bible, les livres et les prologues suivent l’ordre adopté à Paris. Etudié par R. Branner dès 1969 dans son article « The Soissons Bible Paintshop in Thirteenth-Century Paris », puis encore dans son ouvrage de 1977 sur les manuscrits enluminés sous le règne de saint Louis (Branner, 1977, pp. 77-78), l’atelier dit de Soissons était spécialisé dans l’enluminure de Bibles. Parmi les 21 manuscrits que Branner attribuait à cet atelier en 1977, 17 étaient des Bibles. Ce décompte a très certainement évolué depuis les travaux de Branner mais cela donne tout de même pour cet atelier une idée du degré de spécialisation. Les tableaux publiés par Branner en 1969 o¡rent le relevé des choix iconographiques au sein de ce groupe de manuscrits (le terme « atelier » retenu par Branner pour ces productions de manuscrits au XIIIe siècle n’est plus retenu et il convient plutôt de raisonner en termes de « groupe » Soissons). Il en ressort que les choix iconographiques pour les initiales historiées sont presque toujours les mêmes dans les di¡érents témoins du « groupe » Soissons. Parmi les autres manuscrits connus et rattachés au groupe dit de Soissons, on relève justement une Bible conservée sous la cote Soissons, BM, MS 63. Celle-ci présente par exemple une grande initiale introduisant la Genèse sur des fonds semblables (damier avec croix, bien que les médaillons de la Bible Brockett-Huth soient quadrilobés), et ce décor se retrouve aussi dans la Bible conservée à Princeton, Scheide Library, MS 7 ou encore à New York, Metropolitan Museum of Art, 1997.320 (les médaillons sont des octofeuilles). On remarque dans les arrière-plans de plusieurs initiales des cercles (par exemple fol. 4v (dans les médaillons quadrilobés), 155v, 180 et passim), des croix (par exemple fol. 151 ou 288) de couleur, doublés de cercles en pointillés blancs. Ceci est relevé par Branner qui indique : « Within the initials and often between initial and frame, the backgrounds are strewn with small designs of dots in circles, crosses, triangles, and the colors include orange and light green as well as the ubiquitous pink and blue” (Branner, 1977, p. 77).
12 Signalons enfin que la présente Bible Brockett-Huth présente de nombreux points communs avec celle conservée à Yale, Beinecke Library, MS 190 dite « Vanderbilt Bible », datée vers 1250. Les proximités stylistiques s’étendent jusqu’aux initiales filigranées foisonnantes. TEXTE L’Ancien Testament occupe les ¡. 1-286v – Le Nouveau Testament occupe les ¡. 287-356. – L’Interprétation des noms hébraïques occupe les ¡. 356v-388v. f. 1, feuillet blanc réglé. Ancien Testament : ¡. 1v-3v,Saint Jérôme, Epistula 53 ad Paulinum, incipit, Frater Ambrosius mihi tua munuscula perferens detulit… (Stegmüller 284 ; ed. Hilberg, Sancti Eusebii Hieronymi Epistulae, in Corpus Scriptorum Ecclesiasticorum Latinorum CSEL, vol. 54, 1, Vienne, 1910, pp. 442-465). – ¡. 3v-4, Préface au Pentateuque, incipit, Desiderii mei desideratas accepi litteras… – ¡. 4v-20, Genèse. – ¡. 20-32v, Exode. – ¡. 32v-41, Lévitique. – ¡. 41-52, Nombres. – ¡. 52-62, Deutéronome. – ¡. 62-62v, Prologue Josué, Tandem finito (Stegmüller 311). – ¡. 62v-69, Josué. – ¡. 69-76v, Juges. – ¡. 76v-77v, Ruth. – ¡. 77v-78, Prologue Samuel Viginta et duas (Stegmüller 323). – ¡. 78-87v, I Rois (I Samuel). – ¡. 87v-95v, II Rois (II Samuel). –¡. 95v-104v, III Rois. – ¡. 104v-113v, IV Rois. – ¡. 113v-114, Prologue I Chroniques, Si septuaginta (Stegmüller 328). – ¡. 114-122, I Paralipomena (I Chroniques). –¡. 122v-133, II Paralipomena (II Chroniques). – f. 133, Prologue I Esdras, Utrum di¡icilius (Stegmüller 330). – ¡. 133-140, I Esdras. – ¡. 140-144v, II Esdras. – f. 144v, Prologue Tobie, Chromatio et helyodoro (Stegmüller 332). – ¡. 144v-147v, Tobie. - f. 147v, Prologue Judith, Apud hebreos (Stegmüller 335). – ¡. 147v-151v, Judith. - f. 151v, Prologue Esther, Librum hester (Stegmüller 341). – ¡. 151v-155, Esther. - ¡. 155-155v, Prologue Job, Cogor per singulos (Stegmüller 344). – ¡. 155v-162v, Job. – ¡. 162v-180, Psaumes. – ¡. 180-186, Proverbes. – ¡. 186-188, Ecclésiaste. – ¡. 188-189v, Cantique des cantiques. – f. 189v, Prologue Sagesse, Liber sapientie (Stegmüller 468). – ¡. 189v-193v, Sagesse. – ¡. 193v194, Prologue Ecclésiastique, Multorum nobis. – ¡. 194-205v, Ecclésiastique. – ¡. 205v-206, Prologue Isaïe. – ¡. 206-218v, Isaïe. – f. 218v, Prologue Jérémie, Ieremias propheta (Stegmüller 487). – ¡. 218v-234, Jérémie. – ¡. 234-235, Jérémie Lamentations. – f. 235v, Prologue Baruch, Liber iste. – ¡. 235-237, Baruch. – ¡. 237-237v, Prologue Ezéchiel, Ezechiel propheta (Stegmüller 492). – ¡. 237v-252, Ezéchiel. – f. 252, Prologue Daniel, Danielem prophetam (Stegmüller 494). – ¡. 252-258, Daniel. – f. 258, Prologues Osée, Non idem ordo ; Temporibus Ozie (Stegmüller 500 et 507). – ¡. 258260, Osée. – ¡. 260-260v, Prologues Ioël, Sanctus ioel ; Ioel filius fatuel (Stegmüller 511 et 510). – ¡. 260v-261, Joël. – ¡. 261-261v, Prologues Amos, Ozias rex ; Amos propheta ; Hic Amos (Stegmüller 515, 512 et 513). – ¡. 261v-263, Amos. – f. 263, Prologue Abdias, Iacob patriarcha (Stegmüller 519). – f. 263, Abdias. – f. 263-263v, Prologues Jonas, Sanctum ionam ; Ionas columba (Stegmüller 524 et 521). – ¡. 263v-264, Jonas. – f. 264, Prologue Michée, Temporibus ioathe (Stegmüller 526). – ¡. 264-265, Michée. – f. 265, Prologue Nahum, Naum prophetam (Stegmüller 528). – ¡. 265-265v, Nahum. – ¡. 265v-266, Prologue Habacuc, Quatuor prophete (Stegmüller 531). – ¡. 266-266v, Habacuc. – ¡. 266-267v, Prologue Sophonie, Tradunt hebrei (Stegmüller 534). – ¡. 267-267v, Sophonie. – f. 267v, Prologue Aggée, Ieremias propheta (Stegmüller 538). – ¡. 267v-268, Aggée. – f. 268, Prologue Zacharie, Anno secundo (Stegmüller 539). – ¡. 268-270v, Zacharie. – f. 270v, Prologue Malachie, Deus per Moysen (Stegmüller 543). – ¡. 270v-271, Malachie. – ¡. 271-271v, Prologues Maccabées, Domino excellentisimo ; Reuerentissimo ; Machabeorum librum duo (Stegmüller 547, 553, 551). – ¡. 272-280v, I Maccabées. – ¡. 280v-287, II Maccabées (termine avec II Maccabées 15:40). Nouveau Testament : ¡. 287-288, Prologues Matthieu (Stegmüller 590 et 589), première rubrique, Incipit prologus quatuor evangeliorum. – ¡. 288-298, Matthieu. – f. 298, Prologue Marc (Stegmüller 607). – ¡. 298-303v, Marc. – f. 303v, Prologues Luc (dont Stegmüller 620). – ¡. 303v-318, Luc. – f. 318, Prologue Jean (Stegmüller 624). – ¡. 318-320, Jean. – f. 320, Prologue Romains (Stegmüller 677) Romani sunt in partes ytalie (Stegmüller 677). – ¡. 320-323v, Romains. – f. 323, Prologue I Corinthiens, Chorinthii sunt achaici (Stegmüller 685). – ¡. 323-327, I Corinthiens. – f. 327, Prologue II Corinthiens, Post actam (Stegmüller 699). – ¡. 327-329, II Corinthiens. – f. 329, Prologue Galates, Galathe sunt greci (Stegmüller 707). – ¡. 329-330, Galates. – f. 330, Prologue Ephésiens, Ephesii sunt asyani (Stegmüller 715). – ¡. 330-331v, Éphésiens. – f. 331v, Prologue Philippiens, Philippenses sunt macedones (Stegmüller 728). – ¡. 331v-332, Philippiens. – f. 332v, Prologue Colossiens, Colosenses et hii (Stegmüller 736). – ¡. 332v-333, Colossiens. – f. 333, Prologue I Thessaloniciens, Thessalonicenses sunt macedones (Stegmüller 747). – ¡. 333-333v, I Thessaloniciens. – f. 333v, Prologue II Thessaloniciens, Ad thessalonicenses (Stegmüller 752). – f. 333v-334, II Thessaloniciens. – f. 334, Epître aux Laodicéens. – f. 334, Prologue I Timothée, Tymotheum instruit (Stegmüller 765 (?)). – ¡. 334v-335, I Timothée. – f. 335, Prologue II Timothée, Item ad Tymotheum scribit (Stegmüller 772). – ¡. 335-336, II Timothée. – f. 336, Prologue Tite, Tytum commone facit (Stegmüller 780). – f. 336, Tite. – f. 336, Prologue Philémon, Phylemoni familiares (Stegmüller 783). – ¡. 336-336v, Philémon. – f. 336v, Prologue Hébreux, Nunc primis dicendum (forme de Stegmüller 793). – ¡. 336v-339, Hébreux. – f. 339, Prologue Actes des apôtres, Lucas anthiocenses natione syrus (Stegmüller 637). – ¡. 339-348, Actes des apôtres. – ¡. 348-349, Jacques. – ¡. 349-350, I, Pierre. – ¡. 350-350v, II Pierre. – ¡. 350v-351v, I Jean. – f. 351v, II Jean. – f. 351v, III Jean. – f. 351v-352, Jude. – ¡. 352-356, Apocalypse.
13 ff. 356v-388v, Interprétations des noms hébraïques [Interpretationes hebraicorum nominum], rubrique, Hic incipiunt interpretationes hebraicorum nominum… [attribués à Bède le Vénérable (Pseudo-Etienne Langton), voir Stegmüller, nos. 7708-7709]. ff. 389-389v, Prière de Manassé [Oratio Manassæ regis Juda cum captus teneretur in Babylone], incipit, « Dominus deus omnipotens patrum nostrorum Abraham… » ; Prologue à l’Evangile de saint Mathieu, « Matheus, cum primo predicasset… ». ff. 390-390v, feuillets blancs. ILLUSTRATION On trouve dans ce manuscrit 82 initiales historiées dont le détail suit : Ancien Testament : f. 1v, Prologue général, « Frater Ambrosius » : Jérôme écrivant [initiale F historiée]. f. 4v, Genèse : Sept scènes de la Création [grande initiale I historiée]. f. 20, Exode : Trois personnages en marche [initiale H historiée]. f. 32v, Lévitique : Christ (nimbe crucifère) et Moïse (cornu, tenant les tables de la loi) [initiale V historiée]. f. 41, Nombres : Christ (ou personnage nimbé) dialoguant avec Moïse (cornu, tenant les tables de la loi) [initiale L historiée]. f. 52, Deutéronome : Moïse (cornu) tenant les tables de la loi et s’adressant à deux personnages masculins [initiale H historiée]. f. 62v, Josué : Josué dialoguant avec le Christ (ou Dieu (nimbe crucifère) au ciel) [initiale E historiée]. f. 69, Juges : Mort de Josué, consultation divine (Gédéon, fils de Josué ?), Dieu au ciel [initiale P historiée]. f. 76v, Livre de Ruth : Elimélech et Naomi [initiale I historiée]. f. 78, I Rois : Décapitation d’un Amalécite ? ou Scène figurant Saul et philistins ? [initiale F historiée]. f. 87v, II Rois : Décapitation d’un Amalécite (autre scène) [initiale F historiée]. f. 95v, III Rois : Servante menant Abishag (la Sulamite) auprès du roi David alité [initiale E historiée]. : f. 104v, IV Rois : Chute d'Ochozias, roi d'Israël, tombant du balcon à Samarie [initiale P historiée] f. 114, I Paralipomena (I Chroniques) : Personnages assis et dialoguant [initiale A historiée]. f. 122, II Paralipomena (II Chroniques) : Roi Salomon, tenant une épée [initiale C historiée]. f. 133, I Esdras : Cyrus, roi bâtisseur (reconstruction du Temple de Jérusalem) [initiale I historiée]. f. 140, II Esdras : Bénédiction à l’autel [initiale E historiée]. f. 144v, Tobie : Tobie alité (Tobie devenant aveugle ?) [initiale T historiée]. f. 147v, Judith : Judith décapitant Holopherne [initiale A historiée]. f. 151v, Esther : La reine Esther ; Haman, ministre du roi Assuérus, pendu [initiale I historiée]. f. 155v, Job : Job assis sur son tas de fumier, raillé par sa femme et un de ses enfants [initiale V historiée]. f. 162v, Psaume 1, Beatus vir… : David jouant de la harpe [initiale B historiée]. f. 165, Psaume 26, Dominus illuminatio… : Sacre et onction de David par Samuel [initiale D historiée]. f. 167, Psaume 38, Dixi custodiam… : David désignant ses yeux [initiale D historiée]. f. 168v, Psaume 52, Dixit insipiens… : Fou tenant une marotte et un disque (fromage ?) [initiale D historiée]. f. 170, Psaume 68, Salvum me fac… : David nageant dans les eaux du désespoir ; Dieu au ciel [initiale S historiée]. f. 172, Psaume 80, Exultate deo… : David carillonnant [initiale E historiée]. f. 174, Psaume 97, Cantate dominum… : Chantres chantant devant un lutrin [initiale C historiée]. f. 176, Psaume 109, Dixit dominus… : Trinité [initiale D historiée]. f. 180, Proverbes : Roi Salomon tenant une épée (ou baguette ?) et montrant un livre à un jeune clerc tonsuré (Roi Salomon instruisant un jeune clerc (Roboam ?) [initiale P historiée]. f. 186, Ecclésiaste : Roi Salomon assis tenant un sceptre et s’entretenant avec deux personnages [initiale V historiée]. f. 188, Cantique des cantiques : Vierge et l’Enfant Jésus [initiale O historiée]. f. 189v, Sagesse : Salomon tenant une baguette fleurie, dialoguant avec deux personnages [initiale D historiée]. f. 194, Ecclésiastique : Salomon debout entre deux arbres [initiale O historiée]. f. 206, Isaïe : Martyre d’Isaïe, scié en deux par deux bourreaux [initiale V historiée]. f. 218v, Jérémie : Lapidation de Jérémie [initiale V historiée] f. 234, Lamentations : Jérémie se lamente sur le sort de Jérusalem [initiale Q historiée]. f. 235v, Baruch : Baruch écrivant [initiale E historiée]. f. 237v, Ezéchiel : Ezéchiel au lit, au ciel vision du tétramorphe (Vision d’Ezéchiel) [initiale E historiée]. f. 252, Daniel : Daniel dans la fosse aux lions [initiale A historiée]. f. 258, Osée : Osée et Gomer [initiale V historiée]. f. 260v, Joël : Joël dialoguant avec deux personnages [initiale V historiée]. f. 261v, Amos : Amos berger menant ses troupeaux, avec Dieu au ciel [initiale V historiée]. f. 263, Abdias : Abdias dialoguant avec deux personnages [initiale V historiée]. f. 263v, Jonas : Jonas rejeté par la baleine [initiale E historiée]. f. 264, Michée : Michée allongé dialoguant avec un ange ou Vision de Michée ? [initiale V historiée]. f. 265, Nahum : Nahum devant Ninive [initiale O historiée]. f. 266, Habacuc : Habacuc transportant des vivres pour Daniel à la demande de Dieu [initiale O historiée]. f. 267, Sophonie : Sophonie dénonçant le culte des idoles (ou ordonnant la destruction des idoles) [initiale V historiée]. f. 267v, Aggée : Aggée s’adressant à Dieu au ciel [initiale I historiée]. f. 268, Zacharie : Zacharie s’adressant à Dieu au ciel avec architecture [initiale I historiée]. f. 270v, Malachie : Malachie dialoguant avec un groupe (Dialogue ou dispute avec les Juifs) [initiale O historiée]. f. 271v, I Maccabées : Décapitation du juif idolâtre par Mathathias [initiale E historiée]. f. 280v, II Maccabées : Page portant une lettre scellée (ou un document) à un roi [initiale F historiée].
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17 Nouveau Testament : f. 288, Evangile selon saint Matthieu : Arbre de Jessé [initiale L historiée]. f. 298, Evangile selon saint Marc : Saint Marc debout, à ses pieds son symbole le bœuf [initiale I historiée]. f. 303v, Evangile selon saint Luc : Saint Luc s’adressant à Dieu le Père devant un autel [initiale F historiée]. f. 313, Evangile selon saint Jean : Saint Jean debout, à ses pieds son symbole l’aigle [initiale I historiée]. f. 320, Romains : Saint Paul debout, tenant une épée [initiale P historiée]. f. 323v, I Corinthiens : Saint Paul debout, tenant une épée [initiale P historiée]. f. 327, II Corinthiens : Saint Paul debout, tenant une épée [initiale P historiée]. f. 329, Galates : Saint Paul debout, tenant une épée [initiale P historiée]. f. 330, Éphésiens : Saint Paul debout, tenant un livre [initiale P historiée] f. 331v, Philippiens : Saint Paul debout, tenant une épée [initiale P historiée]. f. 332, Colossiens : Saint Paul assis, tenant une épée [initiale P historiée]. f. 333, I Thessaloniciens : Saint Paul debout, tenant une épée [initiale P historiée]. f. 334, Epître aux Laodicéens : Saint Paul debout, tenant une épée [initiale P historiée]. f. 333v, II Thessaloniciens : Saint Paul debout, les mains jointes [initiale P historiée]. f. 334v, I Timothée : Saint Paul debout, tenant une épée [initiale P historiée]. f. 335, II Timothée : Saint Paul debout, tenant un livre [initiale P historiée]. f. 336, Tite : Saint Paul debout, tenant une épée [initiale P historiée]. f. 336, Philémon : Saint Paul debout, tenant un livre [initiale P historiée]. f. 336v, Hébreux : Saint Paul dialoguant avec deux personnages aux chapeaux pointus [initiale M historiée]. f. 339, Actes des apôtres : Ascension avec apôtres [initiale P historiée]. f. 348, Jacques : Saint Jacques debout, sous une architecture [initiale I historiée]. f. 349, I, Pierre : Saint Pierre debout tenant une clé [initiale P historiée]. f. 350, II Pierre : Saint Pierre portant une tiare [initiale S historiée]. f. 350v, I Jean : Saint Jean l’Evangéliste assis devant un livre ouvert [initiale Q historiée]. f. 351v, II Jean : Saint Jean l’Evangéliste debout [initiale S historiée]. f. 351v, III Jean : Saint Jean l’Evangéliste debout [initiale S historiée]. f. 351v, Jude : Saint Jude debout, sous une architecture [initiale I historiée]. f. 352, Apocalypse : Saint Jean écrivant l’Apocalypse (ville et architecture en arrière-plan) [initiale A historiée]. PROVENANCE 1. Manuscrit copié à Paris, sur des bases textuelles (texte, ordre des livres bibliques et choix des prologues de la « Bible de Paris ») mais surtout corroboré par des éléments stylistiques lié à un atelier parisien, celui dit « Atelier de Soissons », actif dans les années 1240-1260. Le décor secondaire, notamment les initiales filigranées foisonnantes, sont plutôt datables des années 1250-1270 (voir P. Stirnemann, 1990, cat. 36, cat. 37). La séquence des livres bibliques et des prologues retenus dans ce manuscrit correspond à la « Bible de Paris » élaborée à partir de 1200 (« Proto-Paris Bible », voir les travaux de L. Light, 1994, 2011, 2012) et fixée avec ses chapitres modernes à partir de 1230 environ. D’un point de vue de datation, ce manuscrit est copié certainement après 1230, avec le système de chapitres modernes bien établi. 2. John Trotter Brockett (1788-1842), sa vignette ex-libris héraldique, contrecollée sur le verso de la première garde, avec devise en latin : « Invictus Maneo ». John Trotter Brockett fut un avocat britannique mais aussi un grand collectionneur numismate et bibliophile. Une partie de ses collections est vendue en 1843 par Sotheby’s, Choice and Valuable Library of the Late John Trotter Brockett, Londres, 16 juin 1843 et les sept jours qui suivirent. On notera le n° 154 : Biblia Sacra latina reliée en maroquin rouge mais dont le nombre d’initiales historiées cité est de 92, à moins qu’il y ait eu erreur de décompte. En marge du catalogue de 1843 de la collection Brockett, on mentionne l’acquéreur « M. Belin » et le commentaire suivant : « The uniform beauty of calligraphy displayed in the execution of this manuscript cannot be too much admired ». La base de données Schoenberg évoque aussi une provenance dont nous ne trouvons pas de trace directe dans le manuscrit mais qui est peut-être lié à l’origine d’achat de John Trotter Brockett : « Augustus Frederick, Prince and Duke of Sussex (1773-1843) ». 3. Prince Augustus Frederick (1773-1843), Duke of Sussex, sixième fils du roi George III. Sa bibliothèque était conservée au Palais de Kensington. On trouve cinq Bibles du XIIIe siècle, sommairement décrites et ne permettant pas l’identification (n° 9 à 13) dans Bibliotheca Sussexiana : the Extensive and Valuable Library of His Royal Highness the late Duke of Sussex, K.G. …, which will be sold by auction by Messrs. Evans, no. 93, Pall Mall, 31 July 1844.
18 4. William Knight F.S.A. [Fellows of the Society of Antiquaries of London]. Voir Catalogue of the Exceedingly Choice Library of William Knight... [Auction in London, S. L. Sotheby, August 2-7, 1847], lot 147. La Bible y est cataloguée comme « English or Anglo-Norman ». 5. Henry Huth (1815-1878) et/ou Alfred Henry Huth (1850-1910), son fils, tous deux bibliophiles réputés, avec une vignette ex-libris avec lettrage et décor doré sur cuir noir : "EX MVSÆO | HVTHII". Alfred Henry Huth fut l’un des fondateurs de la Bibliographical Society établie à Londres. Alfred Henry Huth hérita de l’importante collection de son père, qu’il augmenta et dont il termina le catalogue. Il légua plusieurs manuscrits à la British Museum : Catalogue of the Fifty Manuscripts and Printed Books Bequeathed to the British Museum by Alfred H. Huth, London, British Museum, 1912. À la suite des ventes organisées par Sotheby’s (1911-1920), plusieurs manuscrits et ouvrages entrèrent dans les collections publiques mais aussi chez de grands bibliophiles. Le présent manuscrit est décrit dans Sotheby’s, Catalogue of the famous library of printed books, illuminated manuscripts, autographs letters and engravings collected by Henry Huth, London, lot 644 : “Biblia Sacra Latina…A well-written and finely decorated codex, in excellent state.” Il semble que ce manuscrit ait appartenu au père puis au fils. On remarque sur le contreplat supérieur la trace d’une vignette ou étiquetette de forme ovale, décollée. On citera P. Kidd au sujet de cette trace d’une vignette enlevée et remplacée par la vignette “Ex Musæo Huthii” plus générique : “I think that de Ricci may be incorrect to suggest that Henry Huth made the change: I suspect that Henry Huth used a paper oval bookplate with his own name, and after inheriting the library, his son Alfred replaced it with the more generic gilt leather “Ex Musæo Huthii” bookplate, which does not name either of them specifically” (P. Kidd, Medieval Manuscripts Provenance, Blog, 1 July 2018). 6. C.S. Ascherson (1877-1945), armateur et collectionneur britannique, sa vignette ex-libris contrecollée sur le contreplat supérieur. Acheté auprès de Bernard Quaritch, libraire à Londres (?). (voir Schoenberg Database : SDBM_285044). Une note dans le catalogue de vente Huth (voir supra) de 1911 indique que ce manuscrit entra dans la collection de Ascherson en 1922. Le même catalogue annoté indique aussi que ce manuscrit fut acquis à la vente Huth par « Q » [Quaritch]. Très bel état. Signalons pour la reliure : plat supérieur avec coin supérieur droit un peu émoussé, légère épidermure habilement restaurée en haut du plat supérieur ; pour le manuscrit : trace d’une étiquette au fol. 1 recto (absente) ; quelques trous de ver épars, quelques feuillets rognés un peu court sur la tranche affectant seulement quelques initiales filigranées et chapitres en chiffres romains, quelques taches au parchemin, sans gravité. BIBLIOGRAPHIE Branner, Robert. “The “Soissons Bible” Paintshop in Thirteenth-Century Paris,” Speculum 44.1 (1969), pp. 13-34. Branner, Robert. Manuscript Painting in Paris during the Reign of St. Louis, Berkeley et Los Angeles, 1977. Dahan, Gilbert. “Lexiques hébreu/latin? Les receuils d’interprétations des noms hébraiques,” in Les manuscrits des lexiques et glossaires de l’antiquité tardive à la fin du moyen âge, Textes et études du moyen âge 4, Louvain-la-Neuve, Fédération internationale des instituts d’études médiévale, 1996, pp. 480-526. De Hamel, Christopher. The Book. A History of the Bible, London and New York, Phaidon Press, 2001, chapitre 5, “Portable Bibles of the Thirteenth Century.” Light, Laura. “French Bibles c. 1200-30: A New Look at the Origin of the Paris Bible,” The Early Medieval Bible: Its Production, Decoration and Use, éd. R. Gameson, Cambridge, 1994, pp. 155-176. Light, Laura. “Versions et révisions du texte biblique,” in Le Moyen Âge et la Bible,” éd. Pierre Riché and Guy Lobrichon, Bible de tous les temps 4, Paris, Éditions Beauchesne, 1984, pp. 55-93. Stegmüller, Fridericus. Repertorium biblicum medii aevi, Madrid, Consejo Superior de Investigaciones Cientificas, 1950-61 et Supplement, Madrid, 1976-80. Stirnemann, Patricia. « Fils de la Vierge. L’initiale à filigranes parisienne : 1140-1314 », in Revue de l’art, 90 (1990), pp. 58-73. Acquis par Émile Rossignol en 1948
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20 2 LIVRE D’HEURES A L’USAGE DE PARIS En latin et en français, manuscrit enluminé sur parchemin France, Paris, vers 1460 60 000/80 000 € Avec 14 grandes miniatures cintrées, attribuables au Maître de Jean Rolin (actif à Paris de circa 1440/1445 à 1465) 207 ff. (foliotation moderne 205, un feuillet non chiffré entre ff. 73-74 et 97-98), précédés et suivis d’un feuillet de garde de parchemin, lacunes entre les ff. 128-129 et ff. 135-136 [collation : i6, ii6, iii8, iv8, v8, vi8, vii8, viii8, ix8, x8, xi8, xii8, xiii8, xiv8, xv8, xvi8, xvii5 (de 8 ?), xviii8), xix8, xx8, xxi8, xxii8, xxiii4, xxiii10, xxiv8, xxv8, xxvi6 (de 8, manque vii et viii, sans manque de texte, avec deux derniers feuillets certainement des feuillets réglés blancs)], écriture gothique à l’encre brune, texte sur une colonne, avec 16 lignes par page, réglure à l’encre rouge pâle (justification : 111 x 67 mm), rubriques en rouge, bout-de-lignes en rose et bleu avec rehauts blancs et petits disques à l’or bruni, initiales à l’or bruni sur fonds bleu ou rose avec rehauts blancs (1 ligne de hauteur), initiales (de 2 à 4 lignes de hauteur) en rose ou bleu sur fonds d’or avec décor de rinceaux et feuilles de vigne de couleur, bordures enluminées sur fonds réservés à toutes les pages (bordures extérieures) et parfois sur trois côtés, décor d’acanthes bleu et or, fleurs et feuillages, feuilles de vignes et petits disques à l’or bruni, rinceaux ; les mêmes bordures en encadrement autour des miniatures, grandes baguettes ornées sur trois côtés autour des grandes miniatures ; avec 14 grandes miniatures de format cintré. Reliure du milieu du XVIe siècle, veau fauve, décor doré d’arabesques, de filets, fleurons, feuilles, motifs trilobés, palmettes, rehauts à la cire blanche, noire et verte, motif de trois croissants entrelacés répété à quatre reprises sur chaque plat, petit fer doré avec deux cercles concentriques répété 4 fois sur les plats, dos à 5 nerfs cloisonné, filet doré sur les nerfs, arabesques dorés (azurés ou à pointillés) et cartouche avec rehauts noirs dans les entre-nerfs, liseré à la cire verte en encadrement dans les entre-nerfs, tête et queue de dos avec motifs hachurés et torsadés, tranches dorées. Emboitage moderne articulé, lettrage doré sur le dos : « Horae B.V.M. Diane de Poitiers. Saec. XV ». Dimensions des feuillets : 194 x 130 mm ; dimensions de la reliure : 202 x 145 mm Très beau manuscrit attribuable au Maître de Jean Rolin, recouvert d’une magnifique reliure décorée peinte à la cire du milieu du XVIe siècle. Ce manuscrit, jusqu’ici non décrit et resté inconnu du corpus des œuvres attribuées au Maître, offre un exemple particulièrement remarquable de son art. Malgré quelques défauts (voir infra), les grandes miniatures sont de toute beauté. Représentatives des plus belles réalisations parisiennes du troisième quart du XVe siècle, elles gagneront à être comparées aux œuvres connues du Maître de Jean Rolin et de son successeur, le talentueux Maître François (François Le Barbier père). L’identité du premier commanditaire n’est pas connue à ce jour : une forme féminine de la prière Obsecro te suggère qu’il pourrait s’agir d’une femme. La reliure qui recouvre ce précieux manuscrit pourrait avoir été exécutée en Italie, peut-être à Venise, au milieu du XVIe siècle. Elle se distingue par l’exceptionnelle qualité de son riche et très élégant décor doré, d’un parfait équilibre, composé d’arabesques et de volutes terminées par des feuillages rehaussées de cires verte et gris bleu. La présence, répétée quatre fois sur chacun des plats d’un motif doré aux trois croissants entrelacés, emblème utilisé - entre autres - par Diane de Poitiers, a pu par le passé en faire attribuer la provenance à la célèbre maîtresse d’Henri II, sans qu’il soit possible aujourd’hui de conclure en ce sens en l’absence notamment d’armoiries ou d’une quelconque mention manuscrite. TEXTE ff. 1-12v, Calendrier, à l’encre brune et rouge, en français, à l’usage de Paris ; relevons sainte Geneviève (en rouge, 3 janvier) ; Thomas d’Aquin (7 mars) ; Edouard (16 mars ; 16 août) ; Macaire (7 avril ; 11 octobre) ; Marcel (12 avril et 2 juin ; aussi 4 septembre) ; Edmond (19 juillet ; 20 novembre) ; Translation saint Marcel (26 juillet) ; saint Louis de France (25 août) ; Adrien (en rouge, 8 septembre) ; Denis (en rouge, 9 octobre) ; Saint Marcel de Paris (en rouge, 3 novembre) ; Sainte Geneviève des ardens (26 novembre) : l'église Sainte-Geneviève-du-Miracledes-Ardents, connue au Moyen Âge sous le nom de Sainte-Geneviève-la-Petite est une église de Paris dédiée à sainte Geneviève aujourd'hui détruite, située sur l’île de la Cité, sur l’actuel parvis Notre-Dame ; Feste des reliques (4 décembre) ; Thomas de Cantorbéry (29 décembre). ff. 13-18, Péricopes évangéliques. ff. 18-21v, Obsecro te, prière avec désinence féminine, « […] michi famule tue ». ff. 21v-25, O intemerata. ff. 25-26v, Sept vers de saint Bernard. ff. 27-98v, Heures de la Vierge, à l’usage de Paris, rubrique (fol. 26v), Cy apres s’ensuivent les heures de nostre dame. Premierement matines ; avec matines (ff. 27-51v) ; laudes (ff. 52-62) ; prime (ff. 62v-69v), antienne, Benedicta tu ; capitule, Felix namque ; tierce (ff. 70-73v), antienne, Dignare me ; capitule, Paradisi porta ; sexte (ff. 74-78v) ; none (ff. 79-83v) ; vêpres (ff. 84-91v) ; complies (ff. 92-97) ; suivies de prières (ff. 97v-98v), dont Salve regina. ff. 99-118v, Psaumes de la pénitence, suivies des litanies dont Quentin, Eutrope, Firmin, Crépin, Arnulphe, Urbain, Valentin, Symphorien, Denis, Eustache, Nicaise, Lazare, Eulalie, Geneviève, Elisabeth ; suivies de prières. ff. 119-127v, Heures de la Croix. ff. 128-134v, Heures du Saint-Esprit, incomplet du début (manque entre les ff. 128-129, avec la miniature introduisant les Heures du Saint-Esprit).
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22 ff. 134v-184, Office des morts et prières pour les trépassés [incomplet du début, manque notamment la miniature entre ff. 134-135] ; Office des morts à l’usage de Paris, avec répons suivants (1) Qui Lazarum ; (2) Credo quod ; (3) Heu michi ; (4) Ne recorderis ; (5) Domine quando ; (6) Peccantem me ; (7) Domine secundum ; (8) Memento mei deus ; (9) Libera me domine ; notons les prières dédiées, précédées de rubriques en français : Pour pere et mere ; Pour ung homme ; Pour une femme ; Pour parens et bienfaicteurs ; Pour tous les trespassés […] Pour tous prestres ; Pour tous parens amis et bienfaicteurs ; Ceste oroison qui s’ensuit ce doit dire quant on est a ung cimetiere ; Oraison pour tous les trespassés. ff. 185-190v, Quinze joies de la Vierge. ff. 191-194, Cinq plaies de Jésus Christ (longue rubrique au fol. 191). ff. 194v-205, Suffrages aux saints dont : Trinité ; Cinq fêtes de la Vierge ; Anges (rubrique : Memoire des angels) ; Jacques ; Sebastien ; Adrien ; Marguerite (suffrage introduit par une grande miniature (f. 199v)) ; Geneviève ; Barbe ; Anne ; Cinq saints (rubrique : Memoire des .v. saints qui davant leur mort empetrent grace par devers nostre seigneur pour tous ceulx et celles qui devotement les deprieront en leurs necessités (fol. 202v)) ; Cinq saintes (rubrique : Memoire des .v. saintes qui devant leur mort empetrent grace par devers nostre seigneur pour ceulx qui les deprieront devotement et de bon cuer (fol. 203v)) ; Toussaint. f. 205v, feuillet blanc. ILLUSTRATION Ce manuscrit contient 14 grandes miniatures (sur 16, il manque la Pentecôte (Heures du Saint-Esprit) et la miniature pour l’Office des morts). f. 13, Saint Jean sur l’île de Patmos, l’aigle tient en son bec l’encrier. f. 27, Annonciation. f. 52, Visitation. f. 62v, Nativité. f. 70, Annonce aux bergers. f. 74, Adoration des rois mages. f. 79, Présentation au Temple. f. 84, Fuite en Egypte. f. 92, Couronnement de la Vierge. f. 99, David en prière. f. 119, Crucifixion. f. 185, Vierge à l’Enfant, anges musiciens. f. 189v, Jugement dernier. f. 199v, Marguerite issant du dragon. Peintre des plus délicats, le Maître de Jean Rolin est nommé d’après son principal mécène, le Cardinal Jean Rolin qui fut aussi évêque d’Autun, fils de Nicolas Rolin, chancelier de Bourgogne. Il a été forgé par l'historienne de l'art Eleanor Spencer (qui isole 18 manuscrits), puis fut étudié par N. Reynaud en 1993 (voir pp. 38-39 et notices, cat. 8-13) qui en fait le premier enlumineur d’une triade de peintres actifs à Paris entre 1440/1445 et 1501 : le Maître de Jean Rolin ; le Maître François (François Barbier père) et le Maître de Jacques de Besançon (François Barbier fils) (voir les travaux plus récents de M. Deldicque, « L’enluminure à Paris à la fin du XVe siècle : Maître François, le Maître de Jacques de Besançon et Jacques de Besançon identifiés ? », in Revue de l’art, 2014, n°183, pp. 9-18). Actif à Paris dans les années 1440-1465, l’artiste peint pour le Cardinal Rolin un important Missel vers 1450-1455 (Lyon, BM, MS 517 ; Avril et Reynaud, 1993, cat. 8). Il participe aux côtés du Maître Dunois (Jean Haincelin ?) aux Heures de Simon Varie, vers 1455 (Los Angeles, Getty Museum MS 7 et La Haye, KB, MS 74 G 37a), et peint aussi pour Guillaume Rolin, le frère du Cardinal, un livre d’heures à l’usage de Paris (Saint-Petersbourg, Bibliothèque nationale de Russie, Rasn. Q.v. I, 9 ; voir Voronova, « Un monument inconnu de l’art français du XVe siècle à la bibliothèque publique de Leningrad », in Issledovanie…, 1988, pp. 179-192) qui trahit une connaissance des compositions d’artistes du nord et dont, par exemple, le David en pénitence présente des similitudes stylistiques et iconographiques avec nos Heures. Ces deux manuscrits présentent des bordures enluminées fort belles de facture semblable. Une synthèse récente sur le Maître de Jean Rolin est parue dans l’article de N. Oget, « Paris 1440-1480 », in Peindre en France. Trente ans de recherche sur les manuscrits à peintures (1440-1520), dir. F. Elsig, S. Gras et D. Vanwijnsberghe, Milan, 2025 dans la section « Le Maître de Jean Rolin et Maître François », pp. 60-66. On citera aussi bien sûr la récente publication de A. Buisseret, « Le Maître de Rolin : nouvelles propositions », in Peindre à Paris aux XVe et XVIe siècles, dir. F. Elsig, Milan, 2024, pp. 25-35. Buisseret distingue trois phases dans la production de manuscrits par l’artiste et propose pour certains manuscrits tardifs la collaboration avec un « Associé du Maître de Jean Rolin » dont elle donne la liste des manuscrits. Les travaux de Charles Sterling plaçaient les origines du Maître de Jean Rolin en Bourgogne mais ses liens avec la Bourgogne sont peut-être plus liés à la relation privilégiée avec son célèbre mécène Jean Rolin qui résidait souvent à Paris. Les travaux de P. Monks (1990) et F. Avril (1993, cat. 10) sur le manuscrit L’Horloge de Sapience (Bruxelles, BR, MS IV. 111) ont déterminé le rôle de maîtres secondaires ayant œuvré dans l’entourage du Maître de Jean Rolin. Parmi ses « successeurs » mais aussi « collaborateurs », on note le Maître François (François Barbier père) actif jusque dans les années 1480. Il est d’ailleurs des miniatures attribuées au corpus du Maître de Jean Rolin qui peuvent faire penser à une participation et/ou collaboration avec Maître François (par exemple Heures à l’usage de Paris, Bâle UB, CL 11 : Maître de Jean Rolin ou Maître François ? (Buisseret (2024), p. 32) considère que c’est peint par Maître François ; voir Oget, 2025, fig. 9 ; voir aussi Buisseret, 2024, p. 31, qui parle d’un « changement de rapport maître-apprenti ») : c’est le cas dans les présentes Heures où par exemple la figure de la Vierge dans l’Annonciation nous semble présenter des points communs avec l’art de Maître François (François Barbier père), ce qui nous pousse à dater ce manuscrit en tout cas plutôt vers la fin de la carrière du Maître de Jean Rolin et à penser peut-être une collaboration entre les deux artistes.
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