Bibliothèque Jean Bourdel chez Artcurial Troisième partie

BIBLIOTHÈQUE JEAN BOURDEL Troisième partie Experts de la vente Emmanuel Lhermitte Philippine de Sailly Mardi 14 avril 2026 - 14h30 7 rond-point des Champs-Élysées Marcel Dassault 75008 Paris

224 Bibliothèque Jean Bourdel RTCURIAL 14 avril 2026 - 14h30. Paris Lot 355. PERCEVAL… - p. 48

Mardi 14 avril 2026 - 14h30 7 rond-point des Champs-Élysées Marcel Dassault 75008 Paris BIBLIOTHÈQUE JEAN BOURDEL Troisième partie

EXPOSITION PUBLIQUE Téléphone pendant l’exposition Tél. : +33 (0)1 42 99 16 58 ­ Vendredi 10 avril 11h-18h Samedi 11 avril 11h-18h Lundi 13 avril 11h-18h Reproduction de l’intégralité des lots consultable sur internet : www.artcurial.com Graphiste Pascal Cossu Photographes Fanny Adler Stéphanie Toussaint Emmanuelle Foussat Remerciements Audrey Genicot Maria Francisca Moreno Bustamante Catalogue en ligne www.artcurial.com Comptabilité acheteurs Tél. : +33 (0)1 42 99 20 71 salesaccount@artcurial.com Comptabilité vendeurs Tél. : +33 (0)1 42 99 17 00 salesaccount@artcurial.com Transport et douane Lou Dupont Tél. : +33 (0)1 42 99 20 77 ldupont@artcurial.com Ordres d’achat, enchères par téléphone Kristina Vrzests Tél. : +33 (0)1 42 99 20 51 bids@artcurial.com Live Bid Assistez en direct aux ventes aux enchères d’Artcurial et enchérissez comme si vous y étiez, c’est ce que vous offre le service Artcurial Live Bid. Pour s’inscrire : www.artcurial.com VENTE AUX ENCHÈRES Mardi 14 avril 2026 - 14h30 Commissaire-priseur Francis Briest Directeur Frédéric Harnisch Tél. : +33 (0)1 42 99 16 49 fharnisch@artcurial.com Administratrice - catalogueur Emeline Duprat Tél. : +33 (0)1 42 99 16 58 eduprat@artcurial.com Experts Emmanuel Lhermitte Tél. : +33 (0)6 77 79 48 43 emmanuel.lhermitte.expert@gmail.com Membre de la Compagnie Nationale des Experts Philippine de Sailly Tél. : +33 (0)6 21 30 22 21 pdesailly.expertise@gmail.com Membre de la Compagnie Nationale des Experts Francis Briest Frédéric Harnisch Emeline Duprat BIBLIOTHÈQUE JEAN BOURDEL Troisième partie vente n°6040 Couverture. Lot 342. MILLES & AMYS… - p. 29

Jean Bourdel (1890 - 1971) D.R. Voici la troisième et dernière vente de la bibliothèque de Jean Bourdel, mon grand-père. Alors, moment de nostalgie, temps des bilans, de restitution de ce qui a été vécu ? Avec mes frères nous avions voulu que la bibliothèque de notre grand-père constituée avec tant d’amour et de patience puisse être connue - reconnue - des bibliophiles. Que ses enfants de papiers puissent prendre leur envol vers d’autres étagères, donner de la joie à d’autres collectionneurs, vivre leur vie ! Par le travail de nos amis experts, Emmanuel Lhermitte et Philippine de Sailly, les volumes ont été scrutés, examinés, analysés, étudiés page après page et la magie a de nouveau fonctionné. Entre leurs mains délicates, chacun a retrouvé vie. De nouveaux parents les ont adoptés. La réussite exceptionnelle des deux premières ventes en est la preuve. Pourrait-on ressentir une certaine amertume aujourd’hui ? Alors que le « mercato » livresque va bientôt s’achever… Que le rideau va bientôt tomber ? Mais non, il reste le dernier acte à jouer, et vous allez le constater en feuilletant les pages qui suivent, ce n’est pas le moindre. Et puis, les livres de Jean vont s’envoler vers une nouvelle vie, une nouvelle jeunesse dans de nouvelles collections. Je sais qu’il aimait particulièrement cette phrase, qui s’applique si bien à ces livres, grains de savoir et de bonheur. Si le grain de blé tombé en terre ne meurt, il demeure seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruits. Alors, avec espérance nous te disons à bientôt Jean ! Philippe Bourdel Adieu Jean

femmes et l’amour, ainsi que de pièces plus générales et plus moralisatrices comme La Nef de santé avec le gouvernail du corps humain…, Les Souhaitz des hommes, Le Triûphe des dames, etc. Quant à la poésie, elle est particulièrement bien représentée par des éditions toujours rares, la plupart en originale, et qui bien souvent n’ont pas été rééditées. Aux côtés de Pierre de Ronsard, Prince des poètes pour lequel Jean Bourdel devait avoir une certaine prédilection, on trouve naturellement ses amis de la Pléiade ou en marge de la Pléiade : Dorat, Du Bellay, Habert, Jodelle, Pelletier du Mans, Saint-Gelais… ainsi que des auteurs moins connus : Vital d’Audiguier, Guillaume de Chevalier, Guillaume Des Autels, Claude Gauchet, Jean Martin, Claude de Taillemont ou encore le redoutable soldat-poète Marc Papillon de Lasphrise. N’oublions pas enfin la large part qui est faite ici aux œuvres de Jean et Clément Marot, avec la très rare édition originale des Deux heureux Voyages de Genes & Venise… ou une rarissime édition de L’Adolescence Clementine suivie d'autres œuvres de Clément Marot, ici reliée en vélin de l’époque aux armes d’Anton Fugger. Reste enfin la prose où, comme dans la partie gothique, les relations historiques et ouvrages d’esprit côtoient les récits imaginaires et légendaires. Ainsi, aux côtés des ouvrages d’Agrippa d’Aubigné, Jean Bodin, Alain Chartier, Jean de Joinville ou Martin Du Bellay, on trouve L’Histoire palladienne de Claude Colet, la Cronique de Gerard d’Euphrate, L’Histoire de Primaleon de Grece ou la très rare et recherchée première édition française de l’Hypnerotomachie ou Discours du Songe de Poliphile de Francesco Colonna. À ces ouvrages viennent s’ajouter d’autres raretés bibliophiliques ; des éditions de François Rabelais dont un exemplaire unique de La Vie admirable du puissant Gargantua, d’une édition datée de 1544 alors que la seule édition référencée est millésimée 1546, des éditions rares du père de la chirurgie moderne, Ambroise Paré, une rarissime édition des œuvres de Rostaing de Luzy, poète inconnu des biographes et des bibliographes, ici provenant de la bibliothèque d’Auguste Poulet-Malassis, ou enfin une rare reliure archaïsante aux chiffres de Louis XIII et Anne d’Autriche, réalisée entre 1690 et 1710 pour un groupe de bibliophiles dit Groupe des Curieux. Ici s’achève cette présentation de la troisième vente de la bibliothèque de Jean Bourdel. Qu’il nous soit permis encore deux mots : Le premier, pour remercier les petits-enfants de Jean Bourdel pour l’absolue liberté qu’ils nous ont laissée dans l’accomplissement de notre travail. Ils nous ont fait pleinement confiance, nous laissant l’entière responsabilité de cette dispersion autant sur la forme que sur le fond. Ce fut à chaque instant une joie pour nous, tant par la découverte des exemplaires que par les recherches et la rédaction des notices. Le second pour rendre un dernier hommage à Geneviève Bourdel récemment disparue. Petite-fille de l’imprimeur et bibliographe Philippe Renouard, bru de Jean Bourdel, elle fut pendant de longues années la gardienne de cette bibliothèque sur laquelle elle veilla, avec sa discrétion et sa douceur coutumières jusqu’à la première vente en juin 2024. Qu’elle en soit remerciée ici, avec ce catalogue que bien volontiers nous lui dédions. Et maintenant, levons le rideau… Philippine de Sailly Emmanuel Lhermitte Voici que va enfin se jouer le troisième et dernier acte de la bibliothèque Jean Bourdel. Spectaculaires furent les deux premiers actes et spectaculaire sera le troisième avec tout d’abord la dernière partie de cette extraordinaire réunion d’impressions gothiques en français où se mêlent les récits historiques, les romans de chevalerie et les ouvrages sur l’amour courtois, la morale et les conseils pour la conduite à bien mener notre vie dans sa partie terrestre. Aux chroniques et mémoires de Monstrelet, Sébastien Mamerot, Jean de Margny, Martial d’Auvergne et Turpin, viennent s’ajouter les aventures fabuleuses de Meliadus de Leonnoys, Milles et Amis, Ogier le Dannoys, Olivier de Castille, Perceforest, Perceval, Robert le Diable, Theseus de Coulongne et bien sûr celles du plus célèbre d’entre eux, Tristan, chevalier de la Table ronde et de la belle Iseult. Ces aventures, plus ou moins imaginaires, faites de prouesses d’armes, de batailles, d’honneur, de serments, de trahisons, de félonies, de meurtres et de gages de fidélité et d’amour aux gentes dames, sont parsemées de poésies de Mathéolus, Jean de Meung, Michel de Tours, Jean Molinet, Octovien de Saint-Gelais… dont les sujets principaux sont les AVANT-PROPOS

Lots 329 à 377 – p.10 Impressions gothiques en français Lots 378 à 459 – p.82 Ouvrages de poésie Lots 460 à 488 – p.160 Ouvrages en prose Lot 332. MARTIAL D’AUVERGNE. Les Vigilles de la mort du roi Charles septiesme… - p. 16

Lot 340. Guillaume MICHEL de Tours. La forest de conscience… - p. 27 Lots 329 à 377 Impressions gothiques en français

10 Bibliothèque Jean Bourdel RTCURIAL 14 avril 2026 - 14h30. Paris 329 Sébastien MAMEROT. Les passaiges doultremer faitz par les francoys. Nouvellement imprime. Paris, Michel Le Noir, 27 novembre 1518. Petit in-folio, vélin rigide à recouvrements, dos lisse avec traces d’inscription manuscrite, pièces de maroquin postérieures avec cotes de bibliothèque, tranches rouges (Reliure de l’époque). Bechtel, 463/M-50 // Brunet, IV-415 // Renouard, ICP, II-1893 // USTC, 11040. (6 f.)-CCXXVII f.-(1 f.) avec erreurs de foliotation / A6, A-V6, AA-SS6 / 44 longues lignes sur 2 colonnes, car. goth. / 185 × 257 mm. La plus ancienne édition connue de ces chroniques des croisades françaises. Sébastien Mamerot, historien et traducteur du XVe siècle, naquit à Soissons à une date inconnue et embrassa l’état ecclésiastique vers 1458. Il traduisit plusieurs textes à la demande de son protecteur Louis de Laval, gouverneur de Champagne, dont il fut le chapelain, entre autres la Chronique Martinienne et le Romuléon. Il semble qu’il voyagea en Syrie vers 1472. Ses Passages d’outremer, également composés pour Louis de Laval, sont une vaste histoire des croisades françaises de la conquête légendaire de Jérusalem par Charlemagne à Godefroy de Bouillon et Saint Louis, et traitent de la guerre contre les Turcs jusque vers 1470. C’est une compilation de faits réels et imaginaires dans laquelle Mamerot décrit Venise, Chypre et Jérusalem, ainsi que les coutumes de leurs habitants. On connaît deux éditions imprimées de ce texte au XVIe siècle, toutes deux gothiques : l’une chez Michel Le Noir en 1518, l’autre non datée à l’enseigne de l’Elephant, chez François Regnault. On a longtemps considéré l’édition de Regnault comme antérieure à celle de Le Noir, mais l’Inventaire chronologique des éditions parisiennes et Bechtel ont rendu l’antériorité à l’édition de Le Noir. Cette dernière décrit en effet des événements survenus jusque vers 1470, tandis que dans celle de Regnault, l’histoire est prolongée par un auteur anonyme jusqu’à la prise de Grenade par les catholiques en 1492. D’autre part, le matériel typographique utilisé dans l’édition de Regnault permet de la dater vers 1525. Dans l’édition de Michel Le Noir parue en 1518 que nous présentons, le nom de l’auteur se lit à l’explicit, au verso de l’avant-dernier feuillet : ie Sebastien mamerot prestre natif de Soissons chantre de sainct estienne de Troyes ay mis a chief cestuy present traictie a vierron. Le mardy dixneusiesme iour Davril mil quatre cens et cinquante quatre apres Pasques. Elle est la plus ancienne référencée. Cette date de 1454 semble résulter d’une erreur de l’imprimeur, l’explicit des deux manuscrits conservés à la BnF (Fr. 5594 et Fr. 2626) mentionnant cette même phrase avec la date du 19 avril 1474 après Pâques. Un grand bois en deux parties sur le titre, la première représentant Saint Louis béni par le Pape et la seconde les armées françaises face aux troupes turques, 6 bois dans le texte montrant des scènes de batailles, cinq reproductions d’alphabets arabe, hébreu, grec, caldéen et jacobite, marque de Le Noir (Renouard, n° 620) au verso du dernier feuillet dont le recto est blanc, et très nombreuses lettrines xylographiques appartenant à différents alphabets. Bel exemplaire en vélin de l’époque. On a ajouté au dos, probablement au XVIIIe siècle, deux pièces de maroquin rouge portant les cotes de bibliothèques « h » et « F.151 ». Petite réparation marginale en pied du titre et du feuillet A2, petites galeries et trous de vers dans la marge intérieure affectant principalement le premier tiers du volume, tache brune sans gravité à quelques feuillets (A5 à C1, MM1, MM6 à NN2 et SS6), une petite déchirure marginale (Q3) et manque angulaire à un feuillet dû à la taille initiale de la feuille (K4). Provenance : G. Cartier (ex-libris manuscrit sur le titre) et William Arthur CavendishBentinck, sixième duc de Portland (ex-libris). 7 000 - 9 000 €

11 Bibliothèque Jean Bourdel RTCURIAL 14 avril 2026 - 14h30. Paris

12 Bibliothèque Jean Bourdel RTCURIAL 14 avril 2026 - 14h30. Paris 330 [Jean de MARGNY]. L’Aueuturier rendu a dãgier conduit par advis Traictãt des guerres de Bourgongne Et la Journee de nãci Avec la vie et testament de Maistre enguerrant de marigny qui fist faire le Palais de paris et leglise de nostre dame descouys pres de Rouen ‡ plusieurs aultres choses dignes de mémoire. Imprime Nouvellement. Paris, s.n.n.d. (1510 ?). Petit in-4, maroquin rouge sang, élégant encadrement sur les plats formé d’une fine roulette et d’un jeu de doubles filets s’entrecroisant dans les angles et les milieux, dos à 5 nerfs orné à la grotesque, dentelle intérieure, tranches dorées (Niédrée). Bechtel, 472/M-121 // Brunet, I-581 et Supplément, I-79 // CIBN, entre M-133 et M-134 // Fairfax Murray, 670 // Pellechet, III-1651 // Renouard, ICP, I, p. 377-152 // USTC, 26198. (31 f. sur 32, manque le dernier probablement blanc) / A4, B8, C-D4, E8, F4 / 37 ou 38 lignes sur 2 colonnes, car. goth. / 122 × 189 mm. Unique édition dont on ne connaît que deux exemplaires. L’Aventurier rendu à danger est un long poème d’un certain Jean de Margny dont l’épitaphe est placée au verso du dernier feuillet : … Ce fist iehã demargny Qui de grans adventures En ce monde souffrit De diverses et dures

13 Bibliothèque Jean Bourdel RTCURIAL 14 avril 2026 - 14h30. Paris Celui-ci rédigea son poème à l’âge de 60 ans en l’année 1510 (f. A2) : … Pour ce descripre eu voulente Le petit temps que iay passe Soixante ans au monde fus mis Jusque lan mil. ccccc. et dix… Cette date est à nouveau exprimée, sous forme d’énigme, au recto du dernier feuillet : Prens les quatre piedz dung hetil (M) Et les quatre fers dung cheval (CCCC) Et unze signes acomplis (XXXXXXXXXXX) Que on faict devant les ennemis Et vous scaures pour verite Quant ce livre fut composé. La première partie du poème est un éloge à la mémoire d’Enguerrand de Marigny dont l’auteur se dit le descendant. Enguerrand de Marigny, né en 1260 en Normandie, fut nommé successivement chambellan, comte de Longueville, châtelain du Louvre, grand maître d’hôtel, surintendant des finances et enfin premier ministre de Philippe IV le Bel. Comblé d’honneurs et de richesses, il fut, à la mort du roi Philippe, accusé par Charles de Valois, frère du nouveau roi Louis X, d’avoir falsifié et altéré les monnaies, pillé les deniers royaux et d’être responsable de la disette qui régnait en France. Accusé aussi de sorcellerie, il périt pendu au gibet de Montfaucon qu’il avait lui-même fait construire. La seconde partie du poème est le récit autobiographique de Jean de Margny, soldat brigand au service du duc de Bourgogne Charles Le Téméraire, qui participa aux guerres de Bourgogne jusqu’à la bataille de Nancy, le 5 janvier 1477. Cette bataille opposa l’armée du duc de Bourgogne à celle du duc de Lorraine René II et s’acheva par la mort du Téméraire, mettant fin aux guerres de Bourgogne. Reconnaissant son passé de brigand, Margny construit son poème comme un plaidoyer imprégné de préoccupations religieuses par lequel il cherche à rallier le lecteur à sa cause et à obtenir le pardon divin (Larousse). Cet ouvrage parut à Paris, sans nom d’éditeur ni date. L’édition fut incluse par Pellechet dans son catalogue des incunables, mais elle est plus probablement postérieure à 1510, si l’on se réfère aux dates données dans l’ouvrage lui-même. On en ignore toujours l’éditeur et seul le catalogue Fairfax Murray l’attribue à la veuve de Jean Trepperel et à Jean Jehannot, sans en donner d’explication. Elle est ornée de 15 bois gravés dans le texte dont un grand bois sur le titre représentant l'auteur à son écritoire, bois repris des publications de Michel Le Noir (cf. le n° 339 du présent catalogue) ou Pierre Le Dru, et 14 petits bois (en réalité 12 dont 2 répétés). Le feuillet A1v a été rubriqué à l’encre rouge. Il n’existe pas d’autre édition de ce texte et les exemplaires sont d’une insigne rareté. On ne connaît, semble-t-il, que l’exemplaire de la BnF et celui que nous présentons, qui est le seul décrit par les bibliographies et qui a fait partie des bibliothèques Bock, Pichon, Paradis, Bancel, Lormier et Fairfax Murray. Brunet dans la description qu’il en fait rapporte l’anecdote suivante : L’exemplaire fut vendu 300 fr. à Paris, en mai 1824 (catal. de M. B.D.G., n° 3453) et ce même exempl., qui appartenait à M. de Bock, a été donné pour 15 fr. à la vente de cet amateur, faite à Paris, le 14 décembre 1841, parce que le libraire chargé de cette vente avait négligé d’envoyer la notice des livres de M. de Bock aux personnes qu’elles peuvent intéresser. Bel exemplaire élégamment relié par Niédrée, après la vente B.D.G. de 1824, dans laquelle il est décrit comme relié en demi-maroquin bleu. Dans le Supplément au Manuel de Brunet, il est précisé que c’est le baron P[ichon] qui … fit refaire le f. qui manquait, sur celui de la Bibl. nation., [et] relier le vol. en mar. par Niédrée (p. 79). Feuillet F1 manuscrit et dernière ligne du feuillet B1 en fac-similé. Marge supérieure de ce même feuillet B1 un peu plus courte. Traces d’anciennes taches marginales aux feuillets F2 et F3. Provenance : M. B.D.G. (mai 1824, n° 3453) (cf. Brunet), baron Félix de Bock (1841), baron Jérôme Pichon (19-24 avril 1869, n° 475), Paradis (5-8 novembre 1879, n° 237), Étienne-Marie Bancel (8-13 mai 1882, n° 259), Charles Lormier (ex-libris, I, 30 mai-5 juin 1901, n° 318) et Fairfax Murray (étiquette, n° 670). 3 000 - 4 000 €

14 Bibliothèque Jean Bourdel RTCURIAL 14 avril 2026 - 14h30. Paris 331 [MARTIAL D’AUVERGNE]. Les cinquante et ung arrest damours. Paris, Michel Le Noir, s.d. (ca 1508-1510). Petit in-4, maroquin caramel, triple filet en encadrement, supralibris armorié frappé au centre des plats, dos à 5 nerfs orné, dentelle intérieure, tranches dorées sur marbrure (Bauzonnet-Trautz). Bechtel, 476/M-148 // Brunet, III-1484 (?) // Fairfax Murray, 672 // Tchemerzine-Scheler, IV-583a // USTC, 52000. (54 f.) / A-F4-8, G-H4, I6, K4 / 40 longues lignes sur 2 colonnes, car. goth. / 125 × 181 mm. Seconde ou troisième édition de ces jugements d’amour courtois. On sait peu de choses de Martial de Paris, dit d’Auvergne. Né vers 1420 ou 1440, probablement à Paris, il fut procureur au Parlement et notaire au Châtelet de Paris et, à l’instar de nombre de ses confrères de la basoche, cultivait l’histoire et la littérature. Il mourut en 1508, laissant notamment derrière lui les Vigilles de Charles VII et les Cinquante et un arrêts d’amour. Les « Arrêts d’amour » … constituent un jeu d’esprit tel que pouvait l’imaginer un procureur bel-esprit du quinzième siècle (Hoefer). L’ouvrage, qui s’inscrit dans la tradition littéraire courtoise des cours médiévales, est constitué de sentences sur des causes galantes et fictives rendues dans le style judiciaire du Parlement. L’édition originale parut sans lieu ni date, probablement à Paris vers 1500. Les bibliographes recensent, en se répétant, une autre édition sans lieu ni date qui porterait la marque du Petit Laurens et aurait été imprimée également vers 1500. Elle est introuvable et semble n’exister qu’en un exemplaire conservé à la bibliothèque d’Oxford. La troisième édition référencée, celle que nous présentons, parut sans date chez Michel Le Noir, vers 1508-1510. Brunet, très probablement par erreur, donne le titre Sensuyvent les cinquante et ung arrest chez le même éditeur et avec la même collation. Titre orné d’un bois représentant un homme et une femme séparés par un arbre et surmontés par deux phylactères laissés en blanc. Le texte commence au verso du titre par un poème puis se poursuit, au second feuillet, par les arrêts en prose. Ce volume a appartenu successivement aux bibliothèques Clinchamp, Seillière, Brooke et Fairfax Murray dont il porte les ex-libris. Les catalogues de vente des trois premières le qualifient de « première » ou « probable première édition ». On notera que dans la vente Clinchamp (1860), l’exemplaire est décrit en maroquin rouge de Trautz-Bauzonnet, puis dans la vente Seillière (1887) en maroquin caramel de BauzonnetTrautz, avec le supra-libris du baron Seillière. Il est probable qu’il s’agisse de la même reliure dont la couleur rouge a passé au caramel entre les ventes Clinchamp et Seillière et sur laquelle le baron avait fait frapper ses armes. L’ouvrage est très rare, l’USTC ne citant qu’un exemplaire à la BnF et celui de Fairfax Murray, que nous présentons. Bel exemplaire malgré des taches brunes, une petite éraflure à la reliure et les mors un peu frottés. Petite restauration marginale à 2 feuillets (A4 et I1) et restauration plus importante au dernier feuillet atteignant légèrement le colophon. Provenance : Maximilien-Louis de Clinchamp (ex-libris, 1er-5 mai 1860, n° 517), baron Achille Seillière (supra-libris, I, 28 février-4 mars 1887, n° 703), Sir Thomas Brooke (ex-libris, catalogue de sa bibliothèque en 1891, II, p. 325 et vente des 29-30 novembre 1909, n° 254) et Fairfax Murray (étiquette, n° 672). 3 000 - 4 000 €

15 Bibliothèque Jean Bourdel RTCURIAL 14 avril 2026 - 14h30. Paris

16 Bibliothèque Jean Bourdel RTCURIAL 14 avril 2026 - 14h30. Paris 332 MARTIAL D’AUVERGNE. Les Vigilles de la mort du roi Charles septiesme a neuf pseaulmes et neuf lecons Contenans la cronique les faictz advenuz durant la vie du dit feu Roy Composees par maistre marcial de Paris dit Dauvergne procureur en parlement. Paris, Imprime par Robert Bouchier… en la rue sainct Jacques en lenseigne de lescu au Soleil pour Durand Gerlier, s.d. (ca 1505). In-folio, maroquin vert, triple filet en encadrement, dos lisse avec le titre en long VIGILES DU ROY CHARL.VII PARIS S. DATT. GOTH., les parties en tête et en pied ornées à la grotesque, large roulette florale intérieure, tranches dorées (Reliure du XVIIIe siècle). Bechtel, 479/M-163 // Brunet, III-1482 // Fairfax Murray, 358 // Renouard, ICP, I, 1505-138 // Tchemerzine-Scheler, IV-578 // USTC, 88452. (94 f.) / a-c6, d8, e-o6, p4, q4 / 44 lignes sur 2 colonnes, car. goth. / 175 × 255 mm. Quatrième édition, illustrée de nombreux bois. On ne connait de Martial de Paris, dit d’Auvergne, que le fait qu’il naquit vers 1420 ou 1440, qu’il fut procureur au Parlement de Paris et notaire au Châtelet et qu’il composa, en vers, des poèmes d’amour et des ouvrages historiques. Il mourut en 1508, laissant derrière lui son œuvre maîtresse : Les Vigiles de Charles VII. C’est une chronique rimée de près de 6 000 vers relatant les événements du règne de Charles VII, roi de 1422 à sa mort en 1461, qui redressa une France dont il avait hérité en piteux état. Il repoussa les Anglais, notamment grâce à Jeanne d’Arc, assainit les finances de l’État, brida les prétentions de l’Église et mata la révolte des seigneurs de la « Praguerie » à laquelle avait pris part son fils, le futur Louis XI. Probablement rédigée vers 1484, cette chronique fut en partie occultée par Louis XI qu’elle critiquait implicitement. L’ouvrage parut pour la première fois chez Jehan Du Pré à Paris en 1493. Cette édition fut suivie de deux autres, parues sans date, vers 1498-1500, à Lyon chez Dayne et à Paris chez Le Caron. Vient ensuite notre édition, la quatrième donc, imprimée vers 1505 à Paris par Robert Bouchier et partagée entre les libraires Durand Gerlier, Guillaume Eustace et Jean Trepperel. Elle paraît avoir été copiée, pour l’essentiel, sur l’édition de Le Caron et présente des différences entre les volumes imprimés pour l’un ou l’autre des trois éditeurs. Notre exemplaire, au nom de Durand Gerlier, est parfaitement conforme à la description donnée par le catalogue Fairfax Murray : titre avec marque du libraire (Renouard, n° 361), grand bois au verso représentant une scène d’accouchement, et verso du dernier feuillet blanc. Titre en rouge et noir avec marque de Gerlier, un grand bois de l’accouchée à pleine page et 44 bois de différentes tailles dans le texte (en réalité 18 bois différents dont 9 répétés). Ces bois, dont la plupart représentent des scènes de batailles ou d’assaut, sont, pour un grand nombre d’entre eux, copiés sur ceux utilisés par Michel Le Noir ; d’autres sont inspirés de bois de Nourry et de Trepperel.

17 Bibliothèque Jean Bourdel RTCURIAL 14 avril 2026 - 14h30. Paris Cet exemplaire porte sur le titre l’ex-libris manuscrit de L. Bouchet, daté 1588, et accompagné de la mention A Blois pendant les Estats. Les États Généraux convoqués par Henri III à Blois en 1588-1589 se soldèrent par l’assassinat du duc de Guise. L’exemplaire a été anciennement copieusement annoté à l’encre. Les inscriptions ont été lavées et la plupart ont aujourd’hui quasiment disparu, mais on distingue encore de très nombreux passages soulignés, ainsi que des index dans les feuillets liminaires avec renvois aux feuillets concernés. On notera que la mention inscrite au dos de la reliure, Paris s. datt. Goth., précisant le lieu d’édition, l’absence de date et l’impression en caractères gothiques, témoigne que l’amateur qui a fait relier ce volume au XVIIIe siècle était un bibliophile averti. Peut-être s’agit-il de Louis-Jean Gaignat, dont nous présentons un volume dans une reliure presque similaire, sortie du même atelier, au n° 351 du présent catalogue : LHystoire de Olivier de Castille de Artus Dalgarbe son loyal compaignon... Bel exemplaire malgré le dos passé et d’infimes frottements sur les plats. Une petite restauration angulaire au titre et une autre au feuillet a2 affectant quelques lettres, tache brune en tête de 2 feuillets (b4 et b5), un feuillet replié au moment de l’impression (a5). Les feuillets a3 et a4 sont légèrement plus courts dans les marges supérieures et inférieures. Provenance : L. Bouchet (ex-libris daté Blois 1588) 12 000 - 18 000 €

18 Bibliothèque Jean Bourdel RTCURIAL 14 avril 2026 - 14h30. Paris 333 MATHÉOLUS. Le livre de matheolus // Qui vous monstre sans varier // Les biens et aussy les vertus // Qui vieignent pour soy marier // Et a tous faictz considerer // Il dit que lomme nest pas saige // Sy se tourne remarier // Quant prins a este au passaige. S.l.n.d. (Lyon, Dayne, ca 1497-1498). Petit in-folio, maroquin bleu nuit, double filet doré en encadrement, dos à 5 nerfs orné, dentelle intérieure dorée, tranches dorées (Lloyd). Barbier, II-1326 // Bechtel, 480/M-170 // BMC, VIII, 327, IB.42144 // Brunet, III-1526 // Fairfax Murray, 364 // USTC, 71346. (62 f.) / a8, b-k6 / 45 lignes sur 2 colonnes, car. goth. / 185 × 260 mm. Seconde édition, ou émission, d’un poème violemment antimatrimonial. Mathéolus, également connu sous les noms de Mathieu, Mahieu ou Mathiolet, est un poète français du XIIIe siècle dont la vie nous est fort peu connue, à tel point qu’on l’a longtemps considéré comme un auteur imaginaire. Né à Boulogne-sur-Mer vers 1260, il se consola d’un mariage malheureux en écrivant des poèmes sur les femmes en général et la sienne en particulier, dépeinte comme une veuve acariâtre et despotique qui lui rendit la vie infernale. Mathéolus mourut vers 1320. Il ne nous reste de son ouvrage, composé en latin sous le titre Liber Lamentacionum Matheoluli, que la traduction en vers français qu’en fit Jean Le Fèvre au XIVe siècle et qui parut pour la première fois à Lyon vers 1497-1498, revue par Alexandre Primet.

19 Bibliothèque Jean Bourdel RTCURIAL 14 avril 2026 - 14h30. Paris Cet ouvrage, largement hostile à la femme et au mariage, eut un grand retentissement. Ses diatribes furent vertement combattues par Christine de Pisan dans sa Cité des dames et par Martin Franc dans son Champion des dames. Le Fèvre lui-même, traducteur du texte latin, avait composé une réfutation du poème sous les titres de Résolu en mariage ou Rebours de Matheolus. Le Livre de Matheolus parut pour la première fois sans lieu, ni nom, ni date en un volume in-folio de 68 feuillets qui fut longtemps faussement attribué à Antoine Vérard en raison de la grande lettrine grotesque L à 5 personnages ornant le titre, et qui fut mal daté 1492 à cause d’une mauvaise interprétation du colophon. Ces deux erreurs ont été corrigées et l’édition a été rendue à l’éditeur lyonnais Claude Dayne, qui utilisa cette lettrine pour son Doctrinal de sapience publié en 1497. La date de 1492 semble en réalité correspondre à la révision du texte de Le Fèvre, faite par un certain Allesandre (Alexandre) Primet, dont le nom se lit en acrostiche juste avant l’Explicit. On connaît trois éditions très proches de ce texte (certains bibliographes parlent d’émissions ou de tirages) et Fairfax Murray, qui les possédait toutes les trois, donne une description très claire de chacune d’elles et les situe l’une par rapport à l’autre, notamment grâce à l’usure des bois. Notre édition, en 62 feuillets, serait la seconde donnée par Claude Dayne et on la date de la même époque que l’originale. Notre exemplaire témoigne des confusions bibliographiques liées à cet ouvrage puisque la reliure porte au dos la mention Paris, Vérard, 1492. Ouvrage illustré d’une grande initiale grotesque L sur le titre et de 35 gravures sur bois dans le texte (en réalité 24 bois dont 4 répétés), la plupart illustrant les perfidies de la femme (Loth et sa femme, Médée tuant ses enfants, scène d’adultère, femme faisant crever les yeux d’un homme, Pasiphaé et le taureau, etc.). Cet exemplaire a appartenu à Fairfax Murray, dont il porte l’étiquette ; il était alors incomplet du titre, qui a depuis été refait en fac-similé. D’après le catalogue Fairfax Murray, il pourrait également provenir de la bibliothèque de Fernand Colomb. Il porte l’étiquette moderne Biblioteca Colombina que l’on peut retrouver apposée sur d’autres volumes de la même provenance. Celle-ci ne peut être formellement confirmée, mais le titre manquant et le bas du dernier feuillet ayant été entièrement refait la laissent supposer car Fernand Colomb avait pour habitude d’annoter ses exemplaires à ces deux endroits. Cette édition est néanmoins absente de Harrisse et Babelon. L’ouvrage est très rare. L’USTC ne référence que deux exemplaires, l’un à la Bodleian Library et celui de Fairfax Murray, que nous présentons. Petit accroc au premier plat. Titre en fac-similé et bas du dernier feuillet refait, marque de provenance effacée en pied du feuillet a2, importantes restaurations atteignant le texte à 2 feuillets (a2 et a6) et petit trou marginal restauré à l’ensemble du volume ; cahier k relié légèrement de travers. Provenance : Fernand Colomb (?, étiquette moderne Biblioteca Colombina) et Fairfax Murray (étiquette, n° 364). 12 000 - 18 000 €

20 Bibliothèque Jean Bourdel RTCURIAL 14 avril 2026 - 14h30. Paris 335 [MAXIMIEN]. Le testament et regretz de Ludovic Autrement dit le More. S.l. (Paris), Clement Longis en vend habondamment Pres du palais a lenseigne sainct Roch, s.d. (ca 1510). Plaquette in-16, maroquin janséniste rouge, dos à 5 nerfs, dentelle intérieure dorée, tranches dorées sur témoins (Trautz-Bauzonnet). Bechtel, 485/M-211 // Fairfax Murray, 673 // Renouard, ICP, 1510, n° 155 // USTC, 72606. Manque à Brunet. (13 f. sur 14, le dernier blanc manquant ici) / a8, b6 / 25 lignes, car. goth. / 93 × 139 mm. 334 MATHÉOLUS. [Le Livre de Matheolus]. Qui nous mõstre sans varier // Les biens aussi les vertus. // Qui viennêt pour soy marier. // Et a tous faitz considerer // Il dit que lhomme nest pas saige // Si se tourne remarier // Quant prins a este au passaige. Lyon sur le rosne cheulx Olivier Arnoullet demeurant au pres de nostre dame de confort, s.d. (ca 1540-1550). In-8, maroquin vert lierre, triple filet, dos à 5 nerfs orné à la grotesque, dentelle intérieure, tranches dorées sur marbrure (Trautz-Bauzonnet). Barbier, II-1326 // Baudrier, X-45 // Bechtel, 481/M-175 // Brunet, III-1528 // Gültlingen III, p. 224, n° 129 // Quérard, II-1074 // USTC, 55742. (68 f.) / A-H8, I4 / 40 lignes sur 2 colonnes, car. goth. / 131 × 185 mm. Sixième ou septième édition de cet ouvrage anti-matrimonial qui eut un grand retentissement. Mathéolus, poète français du XIIIe siècle, est connu comme étant l’auteur de l’un des ouvrages les plus violemment anti-féministes et anti-matrimoniaux de son temps. L’original, composé en latin sous le titre Liber Lamentacionum Matheoluli, est perdu et ce texte nous est parvenu dans la version en vers français qu’en fit Jean Le Fèvre au XIVe siècle. C’est un long poème dans lequel l’auteur, inspiré par son mariage malheureux, montre son hostilité à la femme, au mariage et plus encore au remariage. Il parut pour la première fois à Lyon chez Claude Dayne vers 1497-1498 (cf. le n° 333 du présent catalogue) avec des révisions par Alexandre Primet. L’édition que nous présentons, parue à Lyon chez Olivier Arnoullet, semble être la sixième ou la septième d’après Bechtel qui la date vers 1540-1550. Elle conserve, à l’Explicit final, les dix vers portant l’acrostiche Allesandre, mais on en a retranché les six autres qui donnaient Primet et une date trompeuse de 1492. Titre en rouge et noir, illustré d’un bois représentant l’auteur face à Dieu, encadré de 4 petits bois à fond noir, 21 autres bois dans le texte (en réalité 18 bois différents dont 3 répétés) qui proviennent du fonds de Claude Dayne ayant servi à l’illustration de l’édition originale, sauf un bois qui n’y figurait pas. Un examen minutieux révèle en effet les mêmes ébréchures et cassures dans les bois entre les deux éditions. Cela explique par ailleurs que les bois soient plus larges que les colonnes de texte dans cette édition in-8 d’Arnoullet, puisqu’ils avaient été réalisés pour l’édition in-folio de Dayne. Très bel exemplaire provenant des bibliothèques Firmin-Didot et De Backer, dont il porte les ex-libris. L’exemplaire a été soigneusement lavé et le cahier F est un peu plus encollé. Une trace plus sombre sur le premier plat. Page de titre restaurée dans les marges intérieure et supérieure, restauration marginale à 2 autres feuillets (B1 et G8). Provenance : Ambroise Firmin-Didot (ex-libris, 6-15 juin 1878, n° 161) et Hector De Backer (ex-libris, I, 17-20 février 1926, n° 133). 3 000 - 5 000 € 334

21 Bibliothèque Jean Bourdel RTCURIAL 14 avril 2026 - 14h30. Paris Première et unique édition, dont on ne connaît que deux exemplaires, de ce poème évoquant Ludovic Sforza. L’auteur, Maximien, est un poète satiriste du début du XVIe siècle dont on ignore à peu près tout, mais dont on identifie généralement les œuvres par son nom en acrostiche à la fin des volumes et par sa devise De bien en mieulx. Il donna notamment des poèmes satiriques dans la querelle qui opposa les dames de Rouen à celles de Paris et fut constamment antiféministe. Dans Le Testament et regretz de Ludovic, il imagine le testament de Ludovic Marie Sforza, dit le More, surnom qu’il doit à la plante de mûrier dont il fit son emblème. Régent du duché de Milan pendant la minorité de son neveu, il en devint lui-même duc en 1494 après la mort mystérieuse du jeune duc qu’il est soupçonné d’avoir empoisonné. En guerre contre la France, il fut fait prisonnier par Louis XII en 1500 et enfermé au château de Loches où il s’éteignit en 1508. Le Testament fut probablement imprimé par Guillaume Le Normant pour l’éditeur Clément Longis, qui exerça la profession de libraire à Paris de 1491 à 1516. C’est Fairfax Murray qui relève la proximité des caractères entre cette édition et un autre ouvrage imprimé par Le Normant. Titre orné de deux bois provenant probablement de livres d’heures, le premier représentant la Mort tuant un homme, et le second représentant un homme au tombeau ; ce dernier est, d’après Fairfax Murray, copié sur un bois utilisé par Pigouchet. Le nom de l’auteur est bien donné, comme de coutume, en acrostiche au dernier feuillet et sa devise figure deux fois dans l’ouvrage : à la fin du prologue au verso du titre et à l’explicit. Cette édition est très rare et il semble qu’il n’en subsiste que deux exemplaires, celui conservé à la bibliothèque municipale de Nantes et celui-ci, provenant des bibliothèques Bourlamaque, dont il porte le cachet sur le titre, Lignerolles et Fairfax Murray. Bel exemplaire. Une petite tache d’encre au titre se reportant sur le second feuillet. Provenance : Claude-Charles Bourlamaque (cachet, avril 1770, n° 780), comte Raoul de Lignerolles (II, 5-17 mars 1894, n° 1184) et Fairfax Murray (étiquette, n° 673). 4 000 - 6 000 € 335 334

22 Bibliothèque Jean Bourdel RTCURIAL 14 avril 2026 - 14h30. Paris 336 MELIADUS DE LEONNOYS. Ou present Volume sont contenus les nobles faictz darmes du vaillant roy Meliadus de Leonnoys : Ensemble plusieurs autres nobles proesses de Chevalerie, faictes tant par le roy Artus, Palamedes, le Morhoult dirlande, le bõ chevalier sans paour Galehault le brun, Segurades, Galaad que autres bons Chevaliers estans au temps dudit roy Meliadus Histoire singuliere et recreative, Nouvellem t Imprimee. Paris, Denys Janot, 20 mars 1532.

23 Bibliothèque Jean Bourdel RTCURIAL 14 avril 2026 - 14h30. Paris In-folio, maroquin vert sapin avec décor dans le genre Du Seuil composé d’un double encadrement doré avec fleurons angulaires, armoiries centrales dorées, dos à six nerfs orné, doublure de maroquin rouge richement ornée d’un triple encadrement droit et quadrilobé enrichi de fleurons dorés, tranches dorées sur marbrure (Bauzonnet). Bechtel, 488/M-229 // Brun, 258 // Brunet, III-1589 et Supplément, I-1000 // Fairfax Murray, 369 // Olivier, 618-619 // USTC, 31119. (6 f.)-CCXXXII f. / 6, A-Z6, 6, AA-OO6, PP4 / 49 longues lignes sur 2 colonnes, car. goth./ 195 × 282 cm. Seconde édition très rare, et la dernière édition ancienne en français, de ce roman de chevalerie en prose, le premier du cycle de Guiron le Courtois. Adapté au XIIIe siècle par Rusticien de Pise pour le roi d’Angleterre Edouard Ier, le roman de Meliadus s’inscrit dans la tradition de la littérature arthurienne. Il fut ici remanié par un compilateur anonyme dont la devise encore non identifiée Gaing me nuy figure en signature du prologue. Ce compilateur y indique que la noble histoire du roy Meliadus de Leõnoys & de plusieurs autres bons chevaliers de son temps estoit du tout quasi perie & adnichisee par la malignite du temps et qu’elle avait été traictée amplement et confusement par maistre Rusticien de Pise. Il ajoute notamment un résumé du lignage de Meliadus, héritier du royaume du Leonnoys et père de Tristan. Ce roman de chevalerie, inspiré du roman de Tristan et d’autres romans du cycle de la Table ronde, présente les aventures et prouesses de divers chevaliers parmi lesquels Arthur (Artus), Palamède, Galaad, etc. La mention Le premier volume du Roy Meliadus de Leonnoys au titre courant laisse supposer l’existence d’une suite, mais cet ouvrage est bien complet en un volume. Le Meliadus de Leonnoys parut pour la première fois à Paris chez Galliot Du Pré en 1528 avant de reparaître chez Denis Janot en 1532. Cette seconde édition est illustrée d’un superbe encadrement de titre au nom de Janot gravé sur bois et signé du monogramme J. F. présentant diverses scènes relatives à l’amour inspirées de la mythologie dans lesquelles on retrouve le jugement de Paris, Pyrame et Thisbé… Une gravure sur bois représentant l’Auteur à son pupitre en tête du prologue, grande marque de Denis Janot à la fin de la table (Renouard, n° 479) et nombreuses lettrines. Très bel exemplaire aux armes de Pierre-Adolphe Du Cambout, marquis de Coislin. Il porte au bas du colophon la signature manuscrite Guyon de Sardière et figure au catalogue de la vente de ce dernier en 1759, sans indication de reliure. La dispersion de sa bibliothèque n’eut finalement pas lieu, le duc de La Vallière se rendant adjudicataire en bloc de la collection. Les catalogues La Vallière gardent la trace de deux exemplaires de cette édition, sans qu’on puisse toutefois affirmer que l’un d’eux soit celui ayant appartenu à Guyon de Sardière (vente de 1777, n° 753, relié en parchemin, et vente de 1783, n° 4012, relié en veau fauve). L’exemplaire figure en revanche de manière certaine dans la collection de Léon Cailhava, dont le catalogue de 1845 le décrit dans sa reliure actuelle, puis dans la collection de Pierre-Adolphe Du Cambout, marquis de Coislin, qui fit apposer ses armes dorées sur les plats. Il passa ensuite dans la collection de Henry Huth, qui fit ajouter son ex-libris doré sur maroquin au centre du premier contreplat et dont le catalogue de bibliothèque fut dressé en 1880. Minimes éraflures sur les plats et petits frottements aux mors et aux coupes inférieures. Infime brûlure ayant engendré un petit trou affectant quelques lettres aux feuillets R2 et S3. Les feuillets M2 et M5 présentent un aspect légèrement plus épais, probablement dû à un encollage plus prononcé. Provenance : Jean-Baptiste-Denis Guyon de Sardière (ex-libris manuscrit, catalogue de 1759, n° 850), Léon Cailhava (21-31 octobre 1845, n° 538), PierreAdolphe Du Cambout, marquis de Coislin (armes sur les plats, absent de la vente de 1847), Henry Huth (ex-libris, catalogue de bibliothèque, 1880, III, p. 946). 6 000 - 8 000 €

24 Bibliothèque Jean Bourdel RTCURIAL 14 avril 2026 - 14h30. Paris 337 MERVEILLES ADVENIR EN CESTUY AN VINGT ET SIS. Revelle par les dieux. U. Lege ridebis. k. S.l.n.d. (Genève, Wygand Köln, ca 1525-1526). Plaquette petit in-8, maroquin janséniste rouge, dos à 5 nerfs, dentelle intérieure, tranches dorées (Trautz-Bauzonnet). Babelon, 133 // Bechtel, 493/M-254 // Droz, Chemins, II, p. 33 // Fairfax Murray, 374 // Gilmont, GLN 15-16, 216 // Gilmont, GLN-5809 // USTC, 53743. Manque à Brunet. (8 f.) / A8 / 25 lignes, car. goth. / 91 × 134 mm. Rare plaquette satirique en vers inspirée des pronostications de la première moitié du XVIe siècle. Satire poétique dans laquelle l’auteur, resté anonyme, se moque des diseurs de bonne aventure qui prétendent prédire l’avenir. Dans l’Invective de l’acteur (f. A6v), il s’inquiète de la prolifération de ces charlatans et de la foi qu’on leur accorde : Au t ps passe que le bõs anci s Avoy t a dieu ferme foy creãce Lõ voyoit peuz q g s maigici s Mathematiqs nigromãciens Eussent entre nous si grosse audience Mais maintenant la dame ignorance Qui est maistresse du commun populaire Nous a produict de sa faulse semence Erreurs : mensonges : heretique sentence… L’ouvrage s’ouvre sur 56 vers en forme de prologue, dans lesquels le narrateur convoque les dieux romains Mars, Junon, Cérès, Saturne, Bacchus, etc, rencontrés un matin et qui lui ont soufflé la sentence qu’il s’apprête à délivrer. Suit la prophétie elle-même intitulée La révélation du iudice sentence qui ont faictz les dieux sur les choses advenir, qui débute par le mois de mars et, selon le calendrier julien, se poursuit jusqu’au mois de décembre. Dans ces prédictions loufoques, il pleut des poissons en mars, les femmes tombent nues à la renverse dans les jardins en avril, les ânes deviennent meuniers en mai, les chemises des filles en septembre seront pourfendues et Danger sera que ventz neptunes / Qui trouveront conduis ouvers / Ne les enfle…. Le poème se clôt ensuite par l’Invective de l’acteur, dans laquelle l’auteur enjoint les lecteurs à rejeter les « pronostications des futurs », car sur ma foy : il nest epidemie / Blasfeme : force : erreur de bohemie / Qui soit si grant que ces faulx iugemens. Enfin, quelques vers avant la fin, il fait état de troubles advenus à Genève par la faute de ces reveries : Cõme a Genesve cesiours chesc avehu. Ce volume fut imprimé à Genève par Wygand Köln (ou Wigand Koeln), désigné par ses initiales U.k. sur le titre et au dernier feuillet. Si Köln fut imprimeur-libraire à Genève de 1516 à 1545, on ne connaît de son atelier, d’après Jean-François Gilmont, que 58 éditions généralement très minces. Près de la moitié d’entre elles sont des plaquettes de 4 ou 8 feuillets comme les Merveilles advenir… Ouvrage illustré de 9 petits bois : 4 sibylles sur le titre, et au verso de ce titre 4 autres sibylles et une crucifixion. D’après Fairfax Murray, les bois des sibylles proviennent d’ornements angulaires des bordures d’un livre d’heures. Ainsi que nous l’avions noté au numéro 46 de la bibliothèque Bourdel (I, 19 juin 2024), certains de ces bois avaient été utilisés pour illustrer une édition publiée à Lyon ou à Genève vers 15251530 : Le Doctrinal des filles pour apprendre a estre bi saiges. Au verso du dernier feuillet, grande fleur de lys noire gravée sur bois, probablement la marque de Köln.

25 Bibliothèque Jean Bourdel RTCURIAL 14 avril 2026 - 14h30. Paris Cette édition est très rare. Lignerolles et Fairfax Murray, auxquels cet exemplaire a appartenu, le pensaient unique. On en connaît en réalité deux autres, l’exemplaire de Fernand Colomb conservé à la Biblioteca Capitular y Colombina de Séville (15 2 6) et celui de la bibliothèque de Genève (Od 306). Si les exemplaires Lignerolles-Fairfax Murray et Colomb semblent parfaitement identiques, ils présentent une légère variante avec celui de Genève qui ne comporte pas les initiales U.k. de Wygand Köln à la dernière ligne du dernier feuillet. Très bel exemplaire de ce rare volume, avec des marges inférieures non rognées, remarquablement larges. Minimes et habiles restaurations angulaires à tous les feuillets. Provenance : Comte Raoul de Lignerolles (II, 5-17 mars 1894, n° 1130) et Fairfax Murray (étiquette, n° 374). 4 000 - 6 000 € 338 Jean MESCHINOT. [Les lunettes des princes avec aulcunes balades et additions nouvellement composees par noble homme. Jehan meschinot escuier en son Vivant grãt maistre dhostel de la royne de France]. Paris, Michel Le Noir… Demourant devant sa t Denis de la chartre a lymage nostre dame, 14 février 1505. Petit in-folio de format in-4, bradel cartonnage papier moderne muet. Bechtel, 497/M-285 // Brunet, III-1669 // Renouard, ICP, 1505-142 // Tchemerzine-Scheler, IV-705b // USTC, 55522. (88 f., le premier très lacunaire) / A-H6, I-M4-6, N6, O-P4, Q6 / 38 ou 39 lignes, car. goth. / 130 × 195 mm. Le poète breton Jean Meschinot, seigneur de Mortiers, naquit vers 1420 et vécut à la cour de divers ducs de Bretagne sous lesquels il servit comme écuyer, puis comme général maître des monnaies de 1486 à 1491. Nommé grand maître d’hôtel de la jeune duchesse Anne de Bretagne, il s’éteignit en 1491, peu avant le mariage de cette dernière avec le roi de France Charles VIII. Poète savant, il rechercha, dans ses rimes, des difficultés de toutes sortes, allitérations, sections de vers, rimes retournées, vers que l’on peut lire à rebours, etc. (Larousse). Son œuvre principale, Les Lunettes des princes, est un livre allégorique et moralisateur dans lequel l’auteur reçoit en songe un livre intitulé Conscience, ainsi que des lunettes pour le lire, dont les verres se nomment « Prudence » et « Justice ». Achevé vers 1472, ce poème ne fut publié qu’en 1493 à Nantes, après la mort de l’auteur, et connut un très vif succès dont témoignent le grand nombre d’éditions qui sont parvenues jusqu’à nous. Notre édition, parue à Paris chez Michel Le Noir, est au moins la quinzième en caractères gothiques. Elle est ornée sur le titre d’une lettrine et d’un bois représentant l’Auteur à son pupitre (manquant ici) et de la grande marque de Le Noir au verso du dernier feuillet, ainsi que de nombreuses lettrines ornées provenant de divers alphabets xylographiques. Elle semble rare. L’USTC n’en cite que deux exemplaires, conservés à la médiathèque de Troyes et à la British Library, et Bechtel y ajoute un exemplaire provenant de chez Rahir. Notre exemplaire, modestement relié en cartonnage au XXe siècle, est amputé de la quasi-totalité du premier feuillet qui comporte le titre au recto et le début du texte au verso. Le feuillet déchiré a été restauré pour le remettre à la taille du reste de l’ouvrage. Premier feuillet lacunaire, large mouillure angulaire en pied et feuillet K4 restauré sans atteinte au texte. 600 - 800 €

26 Bibliothèque Jean Bourdel RTCURIAL 14 avril 2026 - 14h30. Paris 339 Jean de MEUNG. Le Codicille et testament de maistre Jehã de meun. S.l.n.d. (Paris, Michel Le Noir ?, ca 1500 ?). Plaquette petit in-4, maroquin rouge, triple filet, dos à 6 nerfs orné à la grotesque, dentelle intérieure, tranches dorées (E. Niédrée, 1847). Babelon, 135 // Bechtel, 394/J-107 // Brunet, Supplément I-1020 // De Backer, 129 // Tchemerzine-Scheler, IV-717 // USTC, 53745. (30 f.) / a-e6 / 37 lignes, car. goth. / 128 × 187 mm. Rarissime édition, peut-être la première, restée inconnue à Tchemerzine et Bechtel. Poète français né à Paris vers 1240 et décédé vers 1305, à Meungsur-Loire, ville dont il tire son nom de famille, Jean de Meung fut aussi appelé Jean Clopinel en raison de la boiterie dont il était affecté. Il fut docteur en théologie ou en droit, peut-être dominicain mais certainement réputé comme l’un des hommes les plus savants de son temps. Nous avons déjà évoqué sa figure dans le catalogue de la seconde partie de la bibliothèque Bourdel (II, 20 mars 2025, n° 211), parce qu’il reste célèbre pour avoir composé la seconde partie du Roman de la rose, sans doute le plus important et le plus connu des poèmes sur l’amour courtois dont la première partie fut rédigée par Guillaume de Lorris. A contrario de Lorris qui avait rédigé un poème mystique et sentimental, Meung en fit un poème satirique où sont abordées des questions philosophiques et scientifiques. Il y conte aussi le danger de l’amour et peint une longue évocation des maux qu’il entraine à sa suite. L’œuvre, d’un antiféminisme affirmé, décrit les femmes sous les couleurs les plus noires et les plus odieuses : Toutes estes, serés, ou futes De faict ou de volentes putes Et qui bien vous en chercheroit Toutes putes vous trouveroit. L’ouvrage suscita à la fois l’enthousiasme et l’indignation. Outre cette seconde partie du Roman de la rose, on doit à ce savant érudit les traductions des Consolations de Boèce, de L’Art militaire de Végèce qui fut publié sous le titre de L’Art de la chevalerie, des Épîtres d’Héloïse et d’Abélard, de deux traités d’alchimie et enfin le Testament, long poème en quatrains et le Codicille, poème en huitains dans lesquels sont prodigués des témoignages de piété, des sarcasmes contre les moines et des conseils destinés aux différentes classes de la société. L’édition est très rare. Elle a échappé à Tchemerzine qui cite notre exemplaire en indiquant à tort que c’est un exemplaire incomplet de l’édition de 1501 de Michel Le Noir, et à Bechtel qui répète cette confusion. Elle n’est pas répertoriée non plus par Renouard et Moreau dans l’Inventaire Chronologique des Éditions Parisiennes du XVIe siècle. Après vérification, nous garantissons le texte bien complet, celui-ci commençant au feuillet a1v par le premier vers du Testament : « Ly pere et ly fisz et ly sainctz esperis » et s’achevant au recto du dernier feuillet e6 par la dernière phrase du Codicille : « Cy fine le codicille de maistre iehan de meun ». L’édition est, en revanche, répertoriée par Brunet dans son Supplément, qui cite notre exemplaire. Elle est également référencée par De Backer sous le n° 129 qui l’indique complète et rarissime et qu’il pense, probablement à juste titre, imprimée par Michel Le Noir à cause des figures qui sont reprises d’autres éditions et qui sont reproduites par Claudin (II, 167-171). Enfin, quant à la date de l’édition, Brunet avance celle de 1510 mais il faut sans doute suivre la notice du catalogue Firmin-Didot qui indique qu’elle pourrait bien être la première de cet opuscule car elle ne contient pas l’« épitaphe de feu roy Charles septiesme » [de Simon Gréban], qui n’a dû être ajoutée que plus tard. Cela situerait l’édition aux alentours de 1500. Un grand bois au feuillet a1r représentant l’auteur à son écritoire, un autre grand bois au dernier feuillet e6v représentant le maître et l’élève et un petit bois au verso du feuillet a1 montrant l’auteur présentant son livre au roi.

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