détails 10 Enluminures et manuscrits 8 [ENLUMINURE] Trois bifeuillets extraits d’un Pontifical enluminé avec musique notée. En latin, manuscrit enluminé sur parchemin. France, Paris, second quart XIVe siècle ou troisième quart de XIVe siècle. Enluminés par des artistes sous l’influence de Jean Pucelle (actif à Paris de 1319-1334). Dimensions des feuillets (pliés) : 280 x 202 mm 5 000 / 7 000 € Trois bifeuillets, écriture gothique, texte sur deux colonnes, musique notation carrée sur des portées tracées en rouge sur quatre lignes, réglure à l’encre, foliotation contemporaine et ornée : CLXX [170] / CLXXI [171] / CLXXIIII [174] / CLXXV [175] / CXCIII [193] / CC [200], rubriques en rouge, petites initiales à l’or bruni sur fonds rose et bleu avec rehauts blancs, plus grandes initiales ornées de 3 lignes de hauteur en bleu ou rose sur fonds rose ou bleu avec rehauts blanc et décor or bruni et feuilles de vignes de couleur, avec prolongations de vignes de couleur dans les marges, grandes baquettes or bruni, bleu et rose avec motifs d’hybrides zoomorphes ou dragons, ou personnage cagoulé avec hibou, tête couronnée (saint Louis ?), initiales cadelées ; grande initiale P historiée figurant un évêque mitré (P/er omnia secula seculorum… (fol. 3 recto, colonne de droite)) ; portées musicales tracées à l’encre rouge, avec musique notée carrée. Ces trois bifeuillets sont extraits d’un Pontifical démembré qui fut certainement très luxueux. Un « Pontifical » contient les textes des cérémonies qui incombent aux évêques et aux pontifes. Par leur style, ces feuillets peuvent être rapprochés de témoins associés à l’enluminure parisienne du second quart du XIVe siècle (ou le début du troisième quart ?), par leur mise en page, leur facture et certains détails iconographiques. Ces feuillets nous semblent à rapprocher de la production des enlumineurs « pucelliens » influencés par Jean Pucelle, à qui l’on doit par exemple le Bréviaire de Belleville (Paris, BnF, latin 10483 et 10484), les Heures de Jeanne d’Evreux aujourd’hui conservées à New York, Cloisters, Acc. 54. 1.2 (Fastes du gothique, 1981, n° 239) et le Bréviaire de Jeanne d’Evreux (Chantilly, Musée Condé, MS 51). Plus de recherches sont nécessaires, mais on signalera aussi la proximité des titres courants dans les marges supérieures avec la foliotation en chiffres romains et un décor filigrané qui rappellent les réalisations d’un ornemaniste proche de Jean Pucelle, à savoir Jacquet Maci par exemple dans une Bible enluminée (Montpellier, Bibliothèque interuniversitaire, H 195) [voir F. Avril, « Un enlumineur ornementiste parisien de la première moitié du XIVe siècle : Jacob Mathey (Jaquet Maci?) », in Bulletin monumental (1971), 129, n° 4, p. 249-264]. Les décors vignetés, les initiales ornées et les drôleries dans les marges sont peut-être à rapprocher d’un enlumineurdécorateur dit Anciau de Sens (Ancelot) ayant collaboré avec Jean Pucelle dans le Bréviaire de Belleville (il exécute certaines initiales figurées et leurs antennes à motifs végétaux ; voir Rouse et Rouse, Manuscripts and their Makers, 2000, vol. II, p. 14), mentionné aussi au colophon (fol. 642) de la Bible de Billyng terminée en 1327 (Paris, BnF, latin 11935) : « Jehan Pucelle, Anciau de Cens, Jacquet Maci il hont enluminé ce livre-ci ; ceste lingne de vermeillon que vous vees fu escrite en l’an de grace .CCC. et XXVII. en un juedi darrenier jour d’avril, veille de mai… » ». Certains hybrides zoomorphes, crachant des petits disques dorés, rappellent aussi les décors du Pontifical à l’usage de Senlis (Paris, Bibliothèque Sainte-Geneviève, MS 148), peint vers 1350 et associé à plusieurs artistes pucelliens dont l’un est le « Maître du Remède de Fortune ».
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