32 Enluminures et manuscrits De format poche, véritable petit bijou, ce livre d’heures fut peint à Bruges dans les années 1460-1470 (en tout cas après 1450 car on inclut saint Bernardin au calendrier, sanctifié en 1450). La calligraphie italianisante suggère que ce livre d’heures fut peut-être copié pour un commanditaire italien, peut-être un membre de la florissante communauté de marchands et banquiers italiens établis à Bruges au XVe siècle. Provenance : 1. Manuscrit copié et enluminé en Flandres, très certainement à Bruges d’après le style des miniatures attribuables au Maître de Mildmay, actif à Bruges dans les années 1460-1480. Cet artiste est nommé d’après un manuscrit conservé à Chicago, Newberry Library, MS. 35 qui contient un important livre de raison pour la famille Mildmay, initié par Thomas Mildmay (c. 15151566), importante famille anglaise dont l’un des membres, Henry Mildmay (c. 1593–1668), fut un « Master of the King’s Jewelhouse » et qui soutint le régicide de Charles Ier d’Angleterre. Bruges et ses enlumineurs occupaient une part importante du marché de livres d’heures destinés à l’exportation (en France, en Angleterre, aux Pays-Bas espagnols et même en Italie). L’office de la Vierge et l’office des morts sont à l’usage universel de Rome mais le calendrier contient des saints honorés en Flandre (Bavon, Eloi, Donatien, Quentin) mais aussi des saints franciscains tels François, Claire, Antoine et Bernardin (canonisé depuis peu en 1450). Ce manuscrit a pu être commandité pour un propriétaire entretenant une dévotion particulière envers les franciscains. La désinence masculine de la prière Obsecro te suggère que le premier commanditaire des présentes Heures fut un homme. 2. Collection du comte Paul Durrieu (1855-1925) avec sa signature sur la garde. Célèbre historien, érudit, conservateur et collectionneur, important médiéviste et historien de l’art, Paul Durrieu. Élève de l’École des chartes, conservateur au musée du Louvre, Paul Durrieu fut élu à l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres en 1907. Sur Paul Durrieu, on consultera les travaux de A. de Laborde, Notice sur la vie et les travaux de M. le Comte Paul Durrieu, membre de l’Académie (Paris, 1928) ; A. de Laborde, Le comte Paul Durrieu, membre de l’Institut, 1855-1925. Sa vie, ses travaux (Paris, 1930). Durrieu mena de front une carrière d’érudit et historien de l’art et une activité de collectionneur, ses travaux portant parfois directement sur les manuscrits acquis qui constituaient son « champ d’étude » pour reprendre l’expression de Laborde. Il n’existe pas de liste publiée des manuscrits et feuillets un temps propriété de Durrieu et il manque encore une étude approfondie de Durrieu en tant que collectionneur (citons les travaux en cours de Nathalie Roman [Université de Lausanne]). Plusieurs des manuscrits provenant de sa collection ont rejoint des fonds institutionnels (Paris, BnF ; Los Angeles, Getty Museum ; Cleveland Museum of Art ; Metz, Bibliothèque municipale et alia. .../...
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