41 Enluminures et manuscrits 30 [MANUSCRIT]. [VAUCLUSE]. [AVIGNON] Statuts des Maîtres Hortolans et Jardiniers d’Avignon [Confrérie des Maître Hortolans]. En français et en latin, manuscrit calligraphié sur parchemin. France, Avignon, 1593 [copie vidimée en date du 14 juillet 1753]. 11 ff., précédés de deux feuillets de gardes de parchemin (sur le recto de la première garde : « Statuts des Hortolans », à l’encre) et suivis d’un feuillet de garde de parchemin, écriture cursive à l’encre brun foncé, texte inscrit dans des doubles encadrements à la plume, essais de plume au verso de la dernière garde. Reliure de maroquin rouge, dos à 5 nerfs cloisonné et fleuronné, large roulette dorée en encadrement des plats, roulette sur les coupes (coins émoussés ; quelques frottements et décolorations aux plats). Dimensions : 252 x 185 mm 8 000 / 10 000 € .../... Placés sous le patronage de Marie-Madeleine, qui vit le Christ sous forme de jardinier, les Maîtres Hortolans et Maîtres Jardiniers d’Avignon se sont établis en confrérie « de métier » qui reste plutôt en fait une « confrérie de dévotion », échappant ainsi à la tutelle consulaire et relevant plus de l’Église et du droit ecclésiastique. Le rôle de l’archevêque est central pour ces confréries. Bien que celles-ci soient des organisations de métier, elles sont considérées davantage comme des organisations religieuses (œuvres de piété et de charité, assistance aux pauvres, aux mourants). Aucune confrérie ne pouvait être érigée sans le consentement de l’évêque (ou archevêque) qui devait examiner et approuver les statuts. La fête de la confrérie des Maîtres Hortolans et Jardiniers est établie au 22 juillet, jour de la Sainte Marie-Madeleine. Du mot latin « hortus » (jardin, verger, clos), le terme « Hortolan » ou « Hortolain » figure dans le Dictionnaire de l’ancienne langue française de Godefroy : « Jardinier en général, et en particulier maraîcher, qui cultive, qui fait valoir un jardin, un marais, un terroir où l’on fait venir des légumes, des herbages ». Les « hortailles » et « hortage » sont les différentes productions des jardins. Tout au long de son épiscopat, Francesco Maria Tarugi (1525-1608) [François Maria Taurusius, neveu du pape Jules III], archevêque d’Avignon, surveilla de près les confréries avignonnaises, comme il en ressort du présent document et les Statuts (anciens et nouveaux) de la Confrérie des Hortolans sont placés sous sa supervision : « François Maria Taurusius, par la grâce de Dieu et du St Siege apostolique archeveque d’Avignon. A tous ceux qui ces presentes verront… » (fol. 1). Le couvent des Augustins était l’un des couvents de frères mendiants de la ville d’Avignon, établi en 1261 et fermé à la Révolution. Aujourd’hui ne subsistent de ce couvent que le clocher, devenu horloge publique, et quelques éléments de l’église dans les maisons qui furent construites dans ses chapelles latérales. Le même Archevêque Tarugi se plaint du comportement des religieux, réfractaires à la contre-réforme catholique et installés dans un mode de vie trop confortable. Cela aboutit en 1610 à la fondation des Augustins réformés dans une rue voisine, qui se distinguent alors des Augustins conventuels qui seront appelés à partir de là « Grands Augustins ». La Confrérie des Maîtres Hortolans et Jardiniers dépend spirituellement du couvent des Augustins : « Et a ces fins sous l’autorité et permission de nos antecesseurs archeveques auroient erigé une confrerie en l’Eglise du venerable couvent des frères Augustins de la presente cité… » (fol. 1v). Les premiers « Statuts des Hortolans et Jardiniers d’Avignon » datent de 1589 (Avignon, Archives départementales du Vaucluse, 1 G 122, fol. 454), suivis d’une autorisation de nouveaux Statuts accordée par l’Archevêque Tarugi en 1593 (date du présent manuscrit) (copie Carpentras, Bibliothèque municipale, MS 885, ff. 1-3) avec les nouveaux Statuts qui s’en suivirent (voir le présent manuscrit, copie XVIIIe vidimée sur un original).
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