ADER. Paris. ENLUMINURES, LIVRES ANCIENS et MODERNES

Livres anciens 79 En parallèle, Van Dyck menait un projet graphique audacieux : une série d’estampes conçue entre son retour d’Italie (1626) et son départ pour l’Angleterre (1632). Fondée sur des dessins préparatoires d’une grande finesse (à la craie ou au pinceau), cette entreprise mobilisa les meilleurs graveurs de l’atelier de Rubens, tout en comptant parmi ses pièces maîtresses des planches gravées de sa main, comme le saisissant portrait de Pieter Brueghel le Jeune. La première édition de ce recueil, intitulé Icones principum virorum…, parut de manière incomplète à Anvers entre 1635 et 1636. Après la mort de Van Dyck, les planches originales furent probablement acquises par Maarten van den Enden, puis transmises à Gillis Hendricx. Ce dernier en publia une édition complète en 1645, ornée d’un frontispice gravé par Jacob Neefs, et continua à les diffuser jusqu’à sa mort en 1677. Des rééditions virent le jour aux XVIIe et XVIIIe siècles, notamment grâce à Johannes Meyssens, qui y ajouta 74 portraits supplémentaires dans le même esprit. Le présent recueil reprend les portraits de l’édition de 1645, dans un tirage postérieur, sans les mentions d’éditeurs, et comprenant le filigrane de la folie à 7 dents, celui référencé sous le numéro 115 par Mauquoy-Hendrickx, situant le tirage entre 1665 et 1675. Sur les 109 premiers portraits que l’on trouve ici, 13 ont été dessinés et gravés par Van Dyck lui-même. Il s’agit de ceux représentant les peintres Willem de Vos ou Guillaume de Vos (vers 1593 - vers 1629), Frans Sniders (1579-1657), Paulus Pontius (1603-1658), Pieter Bruegel le jeune (1564-1638), Giusto Sustermans (1597-1681), Josse de Momper (1564-1635), Adam Van Noort (1562-1641), Jan Baptiste de Wael, Joannes Snellinx, Jan Bruegel (1568-1625), Franciscus Franck, le graveur Lucas Vorsterman (1595-1675), et l’humaniste Erasme (1469-1536). Le portrait du peintre Joannes Snellinx est en deux exemplaires, l’un gravé par Van Dyck, le second par Pieter de Jode. Quatre portraits sont des portraits de femmes : Marie de Médicis (1573-1642), Isabelle-Claire-Eugénie, infante d’Espagne (1566-1633), Geneviève d’Urfé (1598?-1656), Marguerite de Lorraine, duchesse d’Orléans (1615-1672). À la suite figure la superbe série des douze portraits, connue sous le nom des Comtesses de Van Dyck, gravés par le graveur français Pierre Lombart (1612-1681), figurant des comtesses et barons d’Angleterre. Cette série fut gravée au début des années 1660. Frottements à la reliure, coiffes abîmées, coins émoussés. Premier plat et dos défait du corps d’ouvrage. Salissures à certaines planches et quelques rares rousseurs. Mouillures à la troisième planche et restaurations à cette même planche et aux planches 4, 22, 46, 61, 67, 86, et 96, avec atteinte seulement à la gravure 22.

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