AGUTTES NEUILLY. LETTRES & MANUSCRITS

LOT DESCRIPTIF ESTIMATION (€) 16 35 CALDER Alexander (1898 - 1976). L.A.S. « Alexander Calder », Roxbury 2 novembre 1949, à Mr & Mrs. Bressler ; 1 page in-4 à son cachet en-tête (traces d’adhésif) ; en anglais. Sur ses mobiles. Il vend souvent ses mobiles lui-même en direct, les prix allant de 100 $ pour les petits à plusieurs milliers. Il aimerait savoir ce que les Bressler ont dans l’idée, où ils veulent le placer, la couleur des murs, afin qu’il puisse travailler pour eux.. « I often sell my “mobiles” myself – (direct). Perhaps that is what you would like. Prices range from $ 100 – for very minute affairs – up to several thousands. If you will let me know what you had in mind, i.e., where you wanted to put it, surroundings, etc, color of walls, etc., and, perhaps, what you had thought of spending on it, I will let you know what I would make for you »… 1 000 - 1 500 36 CAMBRONNE Pierre (1770 - 1842) général. L.A.S. « C A », [Boulogne vers 1804], à Augustine CORBISEZ, chez le général Joba à Nieuport ; 1 page in-fol., adresse au verso avec marque postale Boulogne-sur -Mer (petite déchirure en tête par bris de cachet). Magnifique lettre amoureuse et érotique à une maîtresse. « Ma chère Augustine Mon amour, on attachement pour toi, sont si grands, que je ne puis m’cmpecher de vouloir ce qui te fait plaisir ». Il approuve donc ce qu’elle a « fait faire à mon portrait », et elle a bien fait de suivre son caprice : « Ta lettre est si jolie touchant ce vestige que je voudrois tous les jours que tu aies de pareilless occupations et encore en ton lit que de délicieux moments sont venus se retracer à ma mémoire, je te croyois tenir dans mes bras étant dans les instants delicieux malheureusement passés ou tes beaux bras me faisoient jouir de si douces étreintes, ma chere si je ne craignois d’être traité de polison comme tu me fis une fois, cette lettre seroit couverte du sperme que je verse tous les jours pour toi et plus particulièrement à cette minute où la seule pensée de ton amour inviolable me le fait répandre naturellement. Tu m’avois promis de ne me rien faire cadeau à la foire, d’après ce que je t’écrivois, tu n’as pas tenu parole, tu m’as donné un habit neuf et tu ne veux rien recevoir de moi, j’espère que tu reviendras de cette décision et que tu me diras que tu acceptes aussi le mien […] Sais tu que tu agis un peu militairement dans tes actions, tu fais ce que tu veux […] c’est assez montrer ta force et ma foiblesse elle est trop naturelle, mon amie, c’est pour une jolie aimable adorable enfin parfaite femme, je n’en rougis donc pas et me trouve trop heureux de pouvoir conserver une aussi chère maîtresse que toi à ce prix. Je t’embrasse et suis pour la vie non seulement ton constant mais même fidèle amant ». 1500 - 2000 37 CAMPAGNE DE RUSSIE. L.A.S. « Delbois », Moscou 6 octobre 1812, à ses parents, « Monsieur Delbois, cultivateur à Chamant près Senlis » ; 2 pages in-4, adresse avec marque postale N°11 Grande Armée (quelques défauts, mouillure dans la marge inf.). Rare lettre de soldat racontant l’incendie de Moscou. Il écrit à ses parents « d’une ville qui a été la proie des flammes ; l’incendie de cette ville, belle, riche, la plus vaste & la plus commerçante de l’Europe, nous offrait un spectacle aussi magestueux qu’effrayant. Plusieurs milliers de forçats lachés par l’ennemi, et à qui on avait promis le pillage, attendirent que nous fussions tous entrés dans Moscou, et espérant nous trouver dans l’ivresse & dans la joie, et nous faire périr par les flammes, ils mirent le feu à plus de vingt endroits ; en un moment un vent impétueux porta la flamme dans presque tous les faubourgs, et dans une grande partie des quartiers de la ville ; de sorte que les deux tiers d’une cité qui devait faire l’admiration des voyageurs ont été brûlés. Personne ne fut victime des mauvais desseins de ces scélérats, et le mal qu’ils voulaient nous faire retomba sur leur tête ; car on en fusille autant qu’on en trouve. On aura bien de la peine à rétablir Moscou dans sa première beauté, & l’Empire de Russie fait une perte irréparable dans la ruine de cette ville qui pouvait passer pour la plus commerçante de l’univers, puisque toutes les marchandises de l’Asie y abondaient »… 800 - 1 000 38 CAMUS Albert (1913 - 1960). L.A.S. « Albert Camus », Le Panelier (Haute-Loire) 6 septembre [1942], à Raymond QUENEAU aux éditions Gallimard ; 1 page oblong in-12 sur carte postale avec adresses au dos. Belle lettre littéraire sur Pierrot mon ami. Il remercie Queneau de son livre, qu’il a lu d’un trait avant de le reprendre avec plaisir... « Je crois que vous avez raison de vouloir appeler votre livre un poème. Il fait penser aussi aux compositions admirables des Flamands ou, plus près de nous, aux mascarades de James Ensor. Vous excellez dans le “fantastique naturel” : personnages lunaires, foires, belluaires, monstres et fakirs, le tout jeté dans les arrondissements de Paris. Parce qu’il y a aussi Paris et sans lui on ne comprendrait pas votre œuvre. Je pense ici à Odile que j’ai beaucoup aimé. Est-ce encore à cause de Paris ? Vos livres, malgré les apparences, ne sont pas gais. Ils racontent presque tous des échecs. Ce sont des féeries vraies et mélancoliques »... 1 000 - 1 200

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