AGUTTES NEUILLY. LETTRES & MANUSCRITS

LOT DESCRIPTIF ESTIMATION (€) 22 56 ÉLUARD Paul (1895 - 1952). POÈME autographe signé « Paul Eluard », Les amis II, 1937 ; 1 page in-4. Poème en prose recueilli en 1947 dans Le Livre ouvert. Éluard a inscrit la date sous sa signature : « chez René Char le 19-1-37 ». Le manuscrit, sur papier jaune, présente des ratures et corrections. « Entre la porte et le sommeil de ceux qui, tout à l’heure, ne voulaient pas dormir »… On joint une L.A.S. de René CHAR, Cannet 29 mars 1937, à Irène HAMOIR et à son mari Jean SCUTENAIRE (1 page in-8), leur envoyant le poème d’Eluard : « Toujours à deux pas de la mer, mais le “printemps” a tendance à faire lever de multiples hypothèques. […] Et voici pour prétexter le sommeil un petit poème […] avec toute mon amitié – elle plus grande et meilleure que lui ». 1 000 - 1 500 57 ÉLUARD Paul (1895 - 1952). POÈME autographe signé « Paul Eluard », Critique de la poésie, [1944] ; 1 page et demie in-4 sur papier à bordure décorative gaufrée dorée et M doré. Très beau poème en hommage aux poètes martyrs, qui conclut le recueil Le lit la table, publié en Suisse au début de 1944 ; il a été également publié dans Poésie 44 (n° 20). Éluard y évoque les morts de Garcia LORCA, de SAINT-POL ROUX (et le supplice de sa fille Divine), et de Jacques DECOUR. Le poème, de 25 vers, est soigneusement écrit à l’encre noire sur ce joli papier décoré. « Le feu réveille la forêt Les troncs les cœurs les mains les feuilles Le bonheur en un seul bouquet Confus léger fondant sucré C’est toute une forêt d’amis Qui s’assemble aux fontaines vertes Du bon soleil du bois flambant Garcia Lorca a été mis à mort »… 1 800 - 2 000 58 FABRE D’ÉGLANTINE François-Nazare (1750 - guillotiné 1794) acteur, poète et auteur dramatique ; conventionnel (Paris), il prépara le calendrier républicain. MANUSCRIT autographe (fragments) ; 12 pages petit in-4. Éloge de MARAT, après son assassinat (14 juillet 1793). Fabre fait valoir toutes les qualités de son collègue : sa bonhomie, sa simplicité, son amour du vrai, sa pudeur... Il parlait à la tribune de façon précise et lumineuse, frappant ses adversaires par sa sagesse. Mais alors « son amour pour la justice et pour la vérité lui fesait illusion, il en croyait toute l’assemblée pénétrée comme lui, il se figurait l’occasion excellente pour faire triompher la patrie et le voilà soudain qui remontant à la tribune venait avec confiance présenter ses moyens d’utilité, et de regime politique », et l’apparente exagération de ses propos stupéfiait ses auditeurs... Ses adversaires apprirent à se servir de sa franchise abondante et impétueuse... Par ailleurs, Marat était naïf, sensible et faible, donc crédule, ce qui ne l’empêcha pas de prétendre au machiavélisme... Homme de génie, d’esprit, d’érudition et de goût, il avait de grandes vertus, quelques défauts, point de vices. « Il fut patriote excellent, révolutionnaire intrépide. S’il est arrivé quelque mal par lui, la faute en est à ses ennemis et aux traîtres, nul n’a voulu plus que lui le salut et la prospérité de la patrie, peu lui ont rendu de plus grands services. [...] Marat a bien mérité de la patrie et la postérité se souviendra religieusement de lui partout ou l’amour de la liberté sera une passion »... On joint deux autres pages autographes, où Fabre parle avec admiration d’une accusée digne et fière, et rappelle les deux vertus essentielles du peuple : la pitié et la pudeur de conscience. 1 000 - 1 500

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