BIBLIOTHEQUE EMILE ROSSIGNOL

125 Avec les Emblèmes d’Alciat publiés peu de temps auparavant cette même année 1548, ces Heures à l’usage de Rome inaugurent tout à la fois l’association éditoriale de Guillaume Rouillé avec l’imprimeur Macé Bonhomme et celle de ce même Rouillé avec celui qui deviendra son principal illustrateur, le peintre et graveur d’origine allemande, né à Paris, Pierre Eskrich dit Pierre Vase (1520-après 1590), alors tout juste arrivé à Lyon. Il s’agissait pour Rouillé de se donner les moyens de concurrencer le redoutable tandem formé à l’époque à Lyon par l’éditeur Jean de Tournes et son dessinateur vedette Bernard Salomon. La publication d’un livre d’heures, spécialité quasi exclusive de l’édition parisienne depuis les débuts du livre illustré en France, allait dans ce sens, lui permettant de se forger une image de novateur dans la Cité des Gaules. De fait, si le cycle d’illustrations suit ici celui des éditions parisiennes, le style en est radicalement di¡érent, créant notamment « une atmosphère de tension omniprésente à travers les postures et les expressions des personnages » (Mortimer (R.). Harvard College Library. French 16th century books, n° 311, édition de 1551 en espagnol). Ces Heures de Rouillé furent plusieurs fois rééditées mais cette première édition, datée de 1548 et partagée entre Guillaume Rouillé et Macé Bonhomme, est de la plus grande rareté. Baudrier n’a pu recenser aucun exemplaire complet au nom de Rouillé et il se pourrait que le nôtre soit le seul connu en cet état1. E½Äº¹ÆÅǺ¿ ºÆ ø¹º»¼º º½º¾¹¿ÁÅ»º »ºÄǸȺ»Æ, ÃÆ»ÅÄÆº¾ºÂÆ É ¿’̹Çϸº À’¸Âº Æ»Êà ¼º¿¿º »º¿Å¸»º ÀÌÄǻ̺ É ºÂÆ»º¿ÁÄà ¹ºÅÂÆÃ É ¿Á ÄÅ»º, »º¾Á»Ï¸Á¼¿º¾ºÂÆ ÄÇÂú»È̺. Habiles restaurations au mors supérieur, ainsi qu’aux coi¡es et aux coins. Légères traces d’usure au dos. 1- « Le seul exemplaire connu sous cette date, avec le nom de G. Rouillé, incomplet de la moitié du volume, a figuré dans la collection de feu M. Jubin, de Lyon, qui, suivant son habitude déplorable, l’a dépecé et collé dans ses albums » (Baudrier, Bibliographie lyonnaise, IX, p. 145). Selon une source plus récente (Catalogue Collectif de France), il y en aurait un autre exemplaire à la Bibliothèque municipale de Douai. Acquis par Émile Rossignol en 1953.

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