22 ff. 134v-184, Office des morts et prières pour les trépassés [incomplet du début, manque notamment la miniature entre ff. 134-135] ; Office des morts à l’usage de Paris, avec répons suivants (1) Qui Lazarum ; (2) Credo quod ; (3) Heu michi ; (4) Ne recorderis ; (5) Domine quando ; (6) Peccantem me ; (7) Domine secundum ; (8) Memento mei deus ; (9) Libera me domine ; notons les prières dédiées, précédées de rubriques en français : Pour pere et mere ; Pour ung homme ; Pour une femme ; Pour parens et bienfaicteurs ; Pour tous les trespassés […] Pour tous prestres ; Pour tous parens amis et bienfaicteurs ; Ceste oroison qui s’ensuit ce doit dire quant on est a ung cimetiere ; Oraison pour tous les trespassés. ff. 185-190v, Quinze joies de la Vierge. ff. 191-194, Cinq plaies de Jésus Christ (longue rubrique au fol. 191). ff. 194v-205, Suffrages aux saints dont : Trinité ; Cinq fêtes de la Vierge ; Anges (rubrique : Memoire des angels) ; Jacques ; Sebastien ; Adrien ; Marguerite (suffrage introduit par une grande miniature (f. 199v)) ; Geneviève ; Barbe ; Anne ; Cinq saints (rubrique : Memoire des .v. saints qui davant leur mort empetrent grace par devers nostre seigneur pour tous ceulx et celles qui devotement les deprieront en leurs necessités (fol. 202v)) ; Cinq saintes (rubrique : Memoire des .v. saintes qui devant leur mort empetrent grace par devers nostre seigneur pour ceulx qui les deprieront devotement et de bon cuer (fol. 203v)) ; Toussaint. f. 205v, feuillet blanc. ILLUSTRATION Ce manuscrit contient 14 grandes miniatures (sur 16, il manque la Pentecôte (Heures du Saint-Esprit) et la miniature pour l’Office des morts). f. 13, Saint Jean sur l’île de Patmos, l’aigle tient en son bec l’encrier. f. 27, Annonciation. f. 52, Visitation. f. 62v, Nativité. f. 70, Annonce aux bergers. f. 74, Adoration des rois mages. f. 79, Présentation au Temple. f. 84, Fuite en Egypte. f. 92, Couronnement de la Vierge. f. 99, David en prière. f. 119, Crucifixion. f. 185, Vierge à l’Enfant, anges musiciens. f. 189v, Jugement dernier. f. 199v, Marguerite issant du dragon. Peintre des plus délicats, le Maître de Jean Rolin est nommé d’après son principal mécène, le Cardinal Jean Rolin qui fut aussi évêque d’Autun, fils de Nicolas Rolin, chancelier de Bourgogne. Il a été forgé par l'historienne de l'art Eleanor Spencer (qui isole 18 manuscrits), puis fut étudié par N. Reynaud en 1993 (voir pp. 38-39 et notices, cat. 8-13) qui en fait le premier enlumineur d’une triade de peintres actifs à Paris entre 1440/1445 et 1501 : le Maître de Jean Rolin ; le Maître François (François Barbier père) et le Maître de Jacques de Besançon (François Barbier fils) (voir les travaux plus récents de M. Deldicque, « L’enluminure à Paris à la fin du XVe siècle : Maître François, le Maître de Jacques de Besançon et Jacques de Besançon identifiés ? », in Revue de l’art, 2014, n°183, pp. 9-18). Actif à Paris dans les années 1440-1465, l’artiste peint pour le Cardinal Rolin un important Missel vers 1450-1455 (Lyon, BM, MS 517 ; Avril et Reynaud, 1993, cat. 8). Il participe aux côtés du Maître Dunois (Jean Haincelin ?) aux Heures de Simon Varie, vers 1455 (Los Angeles, Getty Museum MS 7 et La Haye, KB, MS 74 G 37a), et peint aussi pour Guillaume Rolin, le frère du Cardinal, un livre d’heures à l’usage de Paris (Saint-Petersbourg, Bibliothèque nationale de Russie, Rasn. Q.v. I, 9 ; voir Voronova, « Un monument inconnu de l’art français du XVe siècle à la bibliothèque publique de Leningrad », in Issledovanie…, 1988, pp. 179-192) qui trahit une connaissance des compositions d’artistes du nord et dont, par exemple, le David en pénitence présente des similitudes stylistiques et iconographiques avec nos Heures. Ces deux manuscrits présentent des bordures enluminées fort belles de facture semblable. Une synthèse récente sur le Maître de Jean Rolin est parue dans l’article de N. Oget, « Paris 1440-1480 », in Peindre en France. Trente ans de recherche sur les manuscrits à peintures (1440-1520), dir. F. Elsig, S. Gras et D. Vanwijnsberghe, Milan, 2025 dans la section « Le Maître de Jean Rolin et Maître François », pp. 60-66. On citera aussi bien sûr la récente publication de A. Buisseret, « Le Maître de Rolin : nouvelles propositions », in Peindre à Paris aux XVe et XVIe siècles, dir. F. Elsig, Milan, 2024, pp. 25-35. Buisseret distingue trois phases dans la production de manuscrits par l’artiste et propose pour certains manuscrits tardifs la collaboration avec un « Associé du Maître de Jean Rolin » dont elle donne la liste des manuscrits. Les travaux de Charles Sterling plaçaient les origines du Maître de Jean Rolin en Bourgogne mais ses liens avec la Bourgogne sont peut-être plus liés à la relation privilégiée avec son célèbre mécène Jean Rolin qui résidait souvent à Paris. Les travaux de P. Monks (1990) et F. Avril (1993, cat. 10) sur le manuscrit L’Horloge de Sapience (Bruxelles, BR, MS IV. 111) ont déterminé le rôle de maîtres secondaires ayant œuvré dans l’entourage du Maître de Jean Rolin. Parmi ses « successeurs » mais aussi « collaborateurs », on note le Maître François (François Barbier père) actif jusque dans les années 1480. Il est d’ailleurs des miniatures attribuées au corpus du Maître de Jean Rolin qui peuvent faire penser à une participation et/ou collaboration avec Maître François (par exemple Heures à l’usage de Paris, Bâle UB, CL 11 : Maître de Jean Rolin ou Maître François ? (Buisseret (2024), p. 32) considère que c’est peint par Maître François ; voir Oget, 2025, fig. 9 ; voir aussi Buisseret, 2024, p. 31, qui parle d’un « changement de rapport maître-apprenti ») : c’est le cas dans les présentes Heures où par exemple la figure de la Vierge dans l’Annonciation nous semble présenter des points communs avec l’art de Maître François (François Barbier père), ce qui nous pousse à dater ce manuscrit en tout cas plutôt vers la fin de la carrière du Maître de Jean Rolin et à penser peut-être une collaboration entre les deux artistes.
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