BIBLIOTHEQUE EMILE ROSSIGNOL

64 9 ROUSSELET (Jean-Pierre). Prières de la messe. Ecrites par Rousselet. A Paris. Manuscrit petit in-8 (121 x 76 mm) de 40 feuillets sur peau de vélin, (Paris, vers 1690-1710), reliure de l’époque en maroquin janséniste bleu doublé de maroquin rouge, contreplats ornés d’un riche décor plein or, gardes de papier doré, tranches dorées. 15 000/20 000 € Superbe manuscrit sur peau de vélin, calligraphié et richement décoré par Rousselet dont c’est sans doute l’une des plus remarquables réalisations. D’une parfaite calligraphie en gros caractères romains, à l’encre brune pour le texte, or, bleu et rouge pour les titres et soustitres, le titre courant en lettres italiques rouges, il est encadré à chaque page d’un filet d’or bordé de rouge. L’importante ornementation du manuscrit se compose de : - Un titre calligraphié alternativement en lettres d’or, rouges, bleues et brunes, inscrit dans un grand encadrement à fond d’or guilloché orné de motifs répétés et rehaussé d’un treillage de pampres délicatement gouaché en bleu, vert et ocre, s’accrochant à un cadre rocaille. - Deux grandes miniatures hors texte en tête de chacune des parties (Prières et Canon) enchâssées, comme le titre, dans de riches encadrement décorés à la gouache de motifs et attributs divers sur fond d’or guilloché, la première représentant le Sacrifice de la Messe, la seconde la Mise en Croix. - Deux miniatures en tête des parties dans des encadrements du même type, la première montrant l’Agneau couché sur le livre de la vie, muni de sept sceaux, la seconde la Cène. - Sept petites miniatures dans le texte très finement exécutées alternativement en camaïeu de bleu et d’ocre rehaussé d’or, montrant en détail des scènes de la Passion (la dernière St Jean à Patmos), véritable tours de force eu égard à leur taille. - 37 initiales peintes en bleu placées au centre de carrés à fond d’or guilloché du même dessin que les cadres des miniatures, parmi lesquelles les deux plus grandes, en tête des Prières et du Canon, ainsi que huit de taille moyenne, sont encadrées d’un listel bleu rehaussé de motifs dorés, les autres, plus petites, simplement encadrées d’un filet d’or bordé de rouge. - Six culs-de-lampe peints en or et couleurs, le dernier de grande taille (mi-page). - De très nombreuses petites initiales en or, bleu et rouge dans le texte. Actif à Paris entre 1677 et 1736 environ, Jean-Pierre Rousselet fut le principal émule de Nicolas Jarry, le célèbre calligraphe auteur de la Guirlande de Julie, auprès duquel il « occupe une place brillante » (Roger Portalis. Nicolas Jarry et la calligraphie au XVIIe siècle, in Bulletin du bibliophile, 1896-97). De cet artiste, qui « travailla pour les familles de Richelieu, de Beauvilliers, de Pontchartrain et pour le Roi », on peut citer notamment le Labyrinthe de Versailles, présenté à Louis XIV, l’Office de la Sainte-Chapelle (1698) et les Prières de la Messe, livre de mariage de Marie Leczinska (1725). « Les manuscrits de Rousselet sont généralement sur papier […] Excellent dessinateur, il les décorait lui-même1 et ses travaux sont remarquables par la richesse de leur ornementation avec leurs pages entourées d’arabesques délicatement peintes et par leur reliure, souvent de Padeloup » (Portalis). Le présent manuscrit est cité par Portalis, qui en décrit au total 24, dont la moitié sont comme le nôtre des Prières de la messe. Seuls trois des manuscrits de ce dernier ensemble, dont le nôtre, ont été exécutés sur peau de vélin. Celui-ci se distingue également par la qualité et surtout la richesse de son ornementation, bien supérieure à la plupart des pièces connues du même ensemble. Il est recouvert d’une belle reliure doublée et décorée de l’époque, attribuable à Luc-Antoine Boyet2.

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