84 Comme c’est le cas dans d’autres Heures parisiennes des années 1490, le premier feuillet de chaque cahier contient en plus de la lettre qui lui est propre (placée en bas à droite) une lettre imprimée en vis-à-vis indiquant l’usage auquel ces Heures étaient destinées, ici r pour Rome. L’absence de cette lettre sur le cahier b du présent exemplaire indique que ce cahier provient d’une autre édition. Cette substitution assez fréquente était le fait de l’éditeur lui-même qui utilisait ainsi les cahiers qui lui restaient en magasin d’éditions antérieures destinées au même usage. L’opération n’occasionnait aucun manque, texte et typographie restant rigoureusement les mêmes (à d’infimes variantes orthographiques près), de même que les vignettes, les bordures variant seulement dans leur agencement. La même variante se retrouve dans l’un des deux exemplaires de la BNF, VELINS-1494, ancien exemplaire Yemeniz, et dans celui du Musée Dobrée à Nantes. Superbe exemplaire sur peau de vélin recouvert d’une très belle reliure décorée italienne en maroquin exécutée dans les années 1530. Le curieux fer en forme de « posturing headless manniquin, with arms curved inwards and unequal legs » (Hobson et Culot) que l’on trouve répété seize fois au centre du décor serait d’origine padouane (voir Hobson et Culot. La reliure en Italie et en France au XVIe siècle, n° 3, pour une reliure utilisant ce même fer et assignée par les auteurs à Padoue ou Venise). Exemplaire réglé. Volume parfaitement conservé. Coins restaurés, caissons du haut et du bas du dos habilement refaits. Nous n’avons trouvé trace que de deux exemplaires de cette édition passés en vente publique dans les dernières décennies : l’un dans la vente Christie’s du 26 juin 1996 (n° 165) en maroquin du XVIIIe siècle, avec la date grattée ; l’autre dans la vente Giquello du 8 décembre 2017 (adjugé 26 317 €). Ce dernier exemplaire, en maroquin moderne (Holloway), avait également la date grattée et remplacée à la plume fautivement par 1498 ; il provenait de l’ancienne collection Dyson Perrins (1946, n° 436) et avait figuré par la suite dans les ventes Doheny (1987, n° 125, adjugé 20 900 $) et Abrams (1989, n° 67, adjugé 15 400 £). 1- Cette même particularité existe aussi sur l’édition précédente donnée par Pigouchet et Vostre le 17 avril 1497 (Lacombe 40 ; Tenschert, Horae, I, 2003, n° 13). 2- Cet exemplaire partage également avec le nôtre la variante du cahier b (voir supra). 3- Nommé ainsi par François Avril et Nicole Reynaud d’après le manuscrit BNF, nal 3120 (cf. Les manuscrits à peinture en France 1440 - 1520, 1993, n° 147). Désigné aussi comme Maître de la chasse à la licorne (Sterling) ou Maître de la Rose de la Sainte-Chapelle (Nettekoven). Acquis par Émile Rossignol en 1958. Lacombe, 41-42 ; GW, 1398 ; Proctor. An index to the early printed books now in the British Museum, 1898-1903, 8195 (donne par erreur la date de 1498) ; BMC, VIII, 118 (IA. 40338) ; Goff H-387; Van Praet, Vélins du roi, 120.148 ; ISTC, ih00387000 ; Renouvier. Des gravures sur bois dans les Heures de Simon Vostre, 1862, p. 6-14 ; CIBN H-234 ; Claudin, II, 52-53, reproduction intégrale des vignettes de la Danse des morts. Manque à Tenschert, Horae B.M.V.
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