106 Bibliothèque Jean Bourdel RTCURIAL 14 avril 2026 - 14h30. Paris 408 Louise LABÉ. Œuvres de Louise Charly, Lyonnoise, dite Labé, surnommée la belle Cordiere. Lyon, Frères Duplain, 1762. Petit in-8, veau blond, triple filet, dos à 5 nerfs joliment orné, dentelle intérieure, tranches dorées sur marbrure (Cuzin). Brunet, III-709 // Cohen, 533 // Tchemerzine-Scheler, III-782a. XXXII-212 / ã8, 8, A-N8, O2 / 103 × 165 mm. Cinquième édition, parue plus de deux cents ans après les quatre précédentes, toutes du XVIe siècle. Les Œuvres de Louise Labé parurent pour la première fois à Lyon en 1555 chez Jean de Tournes et furent immédiatement suivies, l’année suivante, de deux autres éditions chez le même éditeur, ainsi que d’une édition rouennaise chez Jean Garou (cf. Bourdel, I, 19 juin 2024, nos 91 et 92). Après ces quatre éditions parues du vivant de l’auteur, ces Œuvres ne furent pas réimprimées avant le XVIIIe siècle, à Lyon chez les frères Duplain en 1762, dans l’édition que nous présentons et qui est précédée de Recherches sur la vie de Louise Labé, recherches qui furent attribuées anciennement par erreur à Charles-Joseph de Ruolz et qui sont en réalité d’Annibal Claret de Tourette de Fleurieu. Jolie édition illustrée d’un frontispice, d’une vignette-de-titre, de 4 vignettes et de 4 culs-de-lampe gravés sur cuivre par Daullé d’après Nonnotte. Bel exemplaire malgré les charnières et coiffes frottées. Quelques piqûres sans gravité au cahier I. 150 - 250 € 409 Pierre Énoc de LA MESCHINIÈRE. La Ceocyre. Lyon, Barthelemy Honorat, 1578. In-4, vélin à recouvrements, dos lisse (Reliure de l’époque). Baudrier, IV-135 // Brunet, III-795 // Ducimetière, 109 // Viollet-le-Duc, 256. (8 f.)-188-(2 f. dont le dernier blanc) / a4, 4, A-Z4, Aa4 / 160 × 233 mm. Édition originale de ce recueil de poésies inspirées d’un amour malheureux. Pierre Énoc était le fils de Louis Énoc, humaniste réfugié à Genève vers 1549. Il publia un premier ouvrage, Opuscules politiques (Genève, 1572), et des Tableaux de la vie et de la mort (vers 1575) sous le nom de Pierre Énoc. Il quitta Genève pour oublier un amour déçu et échapper à un éventuel procès en raison de ses lectures de mauvais aloi, sujet sur lequel on ne badinait pas dans la cité de Calvin : se délecter des poésies érotiques d’Ovide était un acte gravissime ! (Ducimetière). Il s’installa alors dans le Lyonnais où il publia, en 1578, sous le nom de Pierre de La Meschinière, son troisième et dernier ouvrage, des poésies amoureuses plus légères, La Ceocyre, dans lequel il chante, entre autres, son amour malheureux pour Marie Trie, petite-fille de Guillaume Budé dont il s’était épris en 1570 et qui le laissa languir trois ans avant d’en épouser un autre. Dans ce recueil dédié à Jacques de La Fin, gentilhomme des cours de Henri III et Henri IV, il mêle 151 sonnets, chansons, épigrammes, églogues et bergeries. Sa devise Ni la rigueur, ni les ans apparaît à deux reprises. La rareté des œuvres de Pierre de La Meschinière n’est pas pour déplaire à Viollet-le-Duc, qui juge néanmoins sévèrement ses vers : Quand bien même les rigueurs de la maîtresse de Pierre de La Meschinière auraient été, comme il le dit, jusqu’à la cruauté, […] elle est vraiment excusable si elle était forcée d’entendre les vers de cet ennuyeux poète.
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