Bibliothèque Jean Bourdel chez Artcurial Troisième partie

166 Bibliothèque Jean Bourdel RTCURIAL 14 avril 2026 - 14h30. Paris 466 [Francesco COLONNA]. Hypnerotomachie ou Discours du songe de Poliphile, Deduisant comme Amour le combat a l’occasion de Polia. Soubz la fiction de quoy l’aucteur monstrant que toutes choses terrestres ne sont que vanité, traicte de plusieurs matieres profitables, & dignes de mémoire. Nouvellement traduict de langage Italien en Francois. Paris, pour Iaques Kerver, aux deux Cochetz, rue S. Iaques, 20 août 1546. In-folio, maroquin janséniste vert lierre, dos à 5 nerfs, dentelle intérieure, tranches dorées sur marbrure (Chambolle-Duru, 1865). Brun, 174 // Brunet, IV-778 // Cioranescu, 14715 // Fairfax Murray, 99 // USTC, 12610. (6 f.)-157 f.-(1 f.) / ã*6, A-Z6, Aa-Bb6, Cc8 / 190 × 312 mm. Première édition en français illustrée de nombreux bois gravés dans le texte. L’Hypnerotomachie ou Discours du songe de Poliphile est une œuvre italienne en prose généralement attribuée à Francesco Colonna. L’ « hypnérotomachie » signifie, dans sa traduction littérale, lutte d’amour en songe. Poliphile s’égare dans la forêt et, menacé par un loup, s’engage sur un chemin qui le mène, sous la conduite des cinq sens, à un palais d’une grande beauté. Il y pénètre, en décrit les merveilles et rencontre diverses forces allégoriques, monstres, faunes, nymphes… Il échappe à un dragon et est présenté à la reine du lieu, Eleuthéride, déesse de la liberté. En récompense de son pèlerinage, il lui est donné de connaître Polia, la plus pure des nymphes à laquelle il voue son amour. Suit l’histoire de Polia, être pur par excellence, qui s’était consacrée à Diane pour trouver la paix et la sérénité mais qui ne trouvera la joie que dans l’amour de Poliphile. Cet ouvrage eut une très grande influence tant dans le domaine intellectuel que dans le domaine artistique ou le domaine social. On dessina les jardins à la Poliphile, les courtisans poliphilèrent à toutva, les rituels de la cour s’en inspirèrent… Certains y verront même une œuvre hermétique, ce qui sera confirmé par Fulcanelli qui, dans Les Demeures philosophales, y perçoit une source d’inspiration pour l’accomplissement du Grand Œuvre. La première édition parut en latin, à Venise chez les Alde, en 1499 avec des illustrations attribuées à Giovanni Bellino. Elle fut suivie, 46 ans plus tard, de la première traduction en italien, en 1545, toujours à Venise, avec les mêmes gravures. Vient ensuite la première version en français, celle que nous présentons, qui est plus une imitation du Poliphile italien qu’une traduction littérale. Ce texte a été établi par Jean Martin, humaniste français (?-1553), secrétaire de Maximilien Sforza puis du cardinal de Lenoncourt, qui fit traduire et publier diverses œuvres comme Le Premier livre d’architecture de Serlio, Les Azolains de Bembo ou L’Architecture de Marc Vitruve.

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