34 Bibliothèque Jean Bourdel RTCURIAL 14 avril 2026 - 14h30. Paris 346 [Jean MOLINET]. Le temple de mars. Paris, le petit Laurens, s.d. (entre 1491 et 1495). Plaquette in-8, maroquin rouge sang, triple filet, dos à 5 nerfs finement orné, dentelle intérieure, tranches dorées (Trautz-Bauzonnet). Bechtel, 518/M-444 // Brunet, III-1813 // Fairfax Murray, 384 // Morgan Library, 75124 // Tchemerzine-Scheler, IV-830 // USTC, 71394. (8 f.) / a8 / 29 lignes, car. goth. / 118 × 176 mm. Seconde édition de ce poème dans lequel Molinet décrit les malheurs et désastres de la guerre. Né en 1435 à Desvres dans le Boulonnais et mort en 1507 à Valenciennes, Jean Molinet fut à la fois chroniqueur et poète. Son œuvre est féconde mais Le Temple de Mars est à mettre à part en ce qu’il n’est ni une pièce commandée comme la version translatée en prose du Roman de la rose, ni une pièce historique et encore moins un poème de circonstance pour le trépas d’un grand seigneur ou une pièce de fiction. Le Temple de Mars est un long poème de quarante strophes en huit vers octosyllabiques dans lequel le poète décrit les malheurs de la guerre et les désastres qu’elle entraîne : On y voit que l’auteur avait souffert des guerres qui avaient désolé la Flandre et qu’il ne peut recouvrer ce qu’il avait perdu (Hoefer) : Guerre a le col cornu let sathanique Pied tyrannique et hure de sanglyer Panse de loups dos de beste asynique Yeulx gettant feu comme fier basilique Jusqu’à finir sur ces vers : Querez la paix destruisez la ratiere De guerre entiere et de toute discorde … Car qui saccorde a paix a concorde Misericorde obtient de dieu paisible A cœur vaillant il nest riens impossible. Le poème, anonyme, contient une dernière strophe où l’auteur laisse deviner son nom dans le dernier vers sous les mots molin net, jeu de mots dont il fait usage aussi dans sa translation du Roman de la rose : Pource que guerre ma navre Et que Mars me travaille et blesse Sans avoir nulz biens recouvre Jay paint son temple ou iay ouvre Rudement selon ma foiblesse Pour Dieu excuses ma simplesse Sil est obscur trouble ou brunet Chascun na pas son molin net (Molinet) L’ouvrage parut pour la première fois vers 1480 aux Pays-Bas, dans une édition sans nom, ni lieu, ni date, avant d’être réimprimé par l’imprimeur parisien Le Petit Laurens entre 1491, date de l’établissement de son atelier, et 1495. Cette dernière date est donnée par l’état de la marque d’imprimeur : la branche horizontale de la croix tréflée, dans le haut, fut cassée vers 1495 et elle est ici intacte.
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