Bibliothèque Jean Bourdel chez Artcurial Troisième partie

56 Bibliothèque Jean Bourdel RTCURIAL 14 avril 2026 - 14h30. Paris 361 Octovien de SAINT-GELAIS. La chasse et le depart damours Faict et Compose par reverend pere en dieu messire Octovien de sainct gelaiz evesque dangoulesme et par noble homme blaise dauriol bachelier en chascun droit demourant a Thoulouze. Paris, Anthoyne Verard, marchãt libraire demourant audict Paris devant la rue neufve nostre dame a lenseigne sainct Jehan levangeliste ou au palais au premier pillier en la grant salle devant la chapelle ou len chante la messe de messeigneurs les presidens, 14 avril 1509. In-folio, bradel demi-vélin (Pagnant). Bechtel, 683/S-30 // Brunet, V-40 et Supplément II-558 // Fairfax Murray, 493 // Goujet, X, p. 299 et s. // Lachèvre, p. 12 et s. // Macfarlane, 91 // Renouard, ICP, I, p. 339, n° 177 // Tchemerzine-Scheler, V-27 et 629 // USTC, 60894. (150 f.) / A-T6, aa-ff6 (B1 et aa1 signés B2 et aa2) / 44 lignes sur 2 colonnes, car. goth. / 191 × 260 mm. Édition originale très rare de cette anthologie contenant entre autres des poésies de Saint-Gelais et de Blaise d’Auriol. Elle est également considérée comme la véritable édition originale des poésies de Charles d’Orléans. Octovien, ou Octavien de Saint-Gelais, est né à Cognac en Angoumois en 1468. Après de brillantes et solides études à Paris, il étudie la théologie et entre dans les ordres, ce qui ne l’empêche pas de mener une vie de plaisirs et de débauche et de se livrer à la poésie galante, voire érotique. Une longue maladie, suite de ses débordements de jeunesse, le rend faible et valétudinaire à 23 ans et le force à modérer ses excès : il lui fallut être sage malgré lui et il se tourna exclusivement vers l’ambition (Hoefer). Nommé à seulement 26 ans à l’évêché d’Angoulême grâce à Charles VIII à qui il avait dédié plusieurs ouvrages et dont il avait su se faire aimer, il s’y retira et chercha par son zèle pastoral à effacer les scandales de sa jeunesse avant de mourir en 1502 âgé d’à peine 34 ans. Il fut l’un des premiers poètes à traduire en vers français les ouvrages des auteurs grecs et latins, et l’un des premiers à alterner régulièrement les rimes masculines et féminines. La Chasse et le départ d’amours semble être un recueil de pièces poétiques dues à Saint-Gelais auquel Blaise d’Auriol, poète et jurisconsulte natif de Castelnaudary, qui passait pour l’éditeur de l’ouvrage, aurait ajouté, à partir du feuillet aa2, des poésies de son cru, dont La departie damours par personnaiges parlans…, recueil de complaintes que fait un amant sur la mort de sa maîtresse. La plupart des critiques ont considéré la poésie d’Auriol ou copiée mot à mot, ou servilement imitée des poésies de Charles d’Orléans (…). D’Auriol ne s’est pas contenté de porter si loin son plagiat, il s’est encore attribué quelques-unes des plus jolies Ballades du Duc d’Orléans (Goujet). En réalité, Lachèvre précise, au terme de son analyse, que ce recueil n’est, à [ses] yeux, qu’une anthologie de poésies amoureuses et libres prises dans les œuvres d’un grand nombre d’auteurs du XVe siècle. Pour lui, le nom de SaintGelais ne figure au titre que par stratégie de libraire, et le compilateur de ce recueil, anonyme mais qui pourrait être Simon Bougoing, a réparti sous divers titres quantité de rondeaux et quelques ballades libres, très libres, parmi

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