femmes et l’amour, ainsi que de pièces plus générales et plus moralisatrices comme La Nef de santé avec le gouvernail du corps humain…, Les Souhaitz des hommes, Le Triûphe des dames, etc. Quant à la poésie, elle est particulièrement bien représentée par des éditions toujours rares, la plupart en originale, et qui bien souvent n’ont pas été rééditées. Aux côtés de Pierre de Ronsard, Prince des poètes pour lequel Jean Bourdel devait avoir une certaine prédilection, on trouve naturellement ses amis de la Pléiade ou en marge de la Pléiade : Dorat, Du Bellay, Habert, Jodelle, Pelletier du Mans, Saint-Gelais… ainsi que des auteurs moins connus : Vital d’Audiguier, Guillaume de Chevalier, Guillaume Des Autels, Claude Gauchet, Jean Martin, Claude de Taillemont ou encore le redoutable soldat-poète Marc Papillon de Lasphrise. N’oublions pas enfin la large part qui est faite ici aux œuvres de Jean et Clément Marot, avec la très rare édition originale des Deux heureux Voyages de Genes & Venise… ou une rarissime édition de L’Adolescence Clementine suivie d'autres œuvres de Clément Marot, ici reliée en vélin de l’époque aux armes d’Anton Fugger. Reste enfin la prose où, comme dans la partie gothique, les relations historiques et ouvrages d’esprit côtoient les récits imaginaires et légendaires. Ainsi, aux côtés des ouvrages d’Agrippa d’Aubigné, Jean Bodin, Alain Chartier, Jean de Joinville ou Martin Du Bellay, on trouve L’Histoire palladienne de Claude Colet, la Cronique de Gerard d’Euphrate, L’Histoire de Primaleon de Grece ou la très rare et recherchée première édition française de l’Hypnerotomachie ou Discours du Songe de Poliphile de Francesco Colonna. À ces ouvrages viennent s’ajouter d’autres raretés bibliophiliques ; des éditions de François Rabelais dont un exemplaire unique de La Vie admirable du puissant Gargantua, d’une édition datée de 1544 alors que la seule édition référencée est millésimée 1546, des éditions rares du père de la chirurgie moderne, Ambroise Paré, une rarissime édition des œuvres de Rostaing de Luzy, poète inconnu des biographes et des bibliographes, ici provenant de la bibliothèque d’Auguste Poulet-Malassis, ou enfin une rare reliure archaïsante aux chiffres de Louis XIII et Anne d’Autriche, réalisée entre 1690 et 1710 pour un groupe de bibliophiles dit Groupe des Curieux. Ici s’achève cette présentation de la troisième vente de la bibliothèque de Jean Bourdel. Qu’il nous soit permis encore deux mots : Le premier, pour remercier les petits-enfants de Jean Bourdel pour l’absolue liberté qu’ils nous ont laissée dans l’accomplissement de notre travail. Ils nous ont fait pleinement confiance, nous laissant l’entière responsabilité de cette dispersion autant sur la forme que sur le fond. Ce fut à chaque instant une joie pour nous, tant par la découverte des exemplaires que par les recherches et la rédaction des notices. Le second pour rendre un dernier hommage à Geneviève Bourdel récemment disparue. Petite-fille de l’imprimeur et bibliographe Philippe Renouard, bru de Jean Bourdel, elle fut pendant de longues années la gardienne de cette bibliothèque sur laquelle elle veilla, avec sa discrétion et sa douceur coutumières jusqu’à la première vente en juin 2024. Qu’elle en soit remerciée ici, avec ce catalogue que bien volontiers nous lui dédions. Et maintenant, levons le rideau… Philippine de Sailly Emmanuel Lhermitte Voici que va enfin se jouer le troisième et dernier acte de la bibliothèque Jean Bourdel. Spectaculaires furent les deux premiers actes et spectaculaire sera le troisième avec tout d’abord la dernière partie de cette extraordinaire réunion d’impressions gothiques en français où se mêlent les récits historiques, les romans de chevalerie et les ouvrages sur l’amour courtois, la morale et les conseils pour la conduite à bien mener notre vie dans sa partie terrestre. Aux chroniques et mémoires de Monstrelet, Sébastien Mamerot, Jean de Margny, Martial d’Auvergne et Turpin, viennent s’ajouter les aventures fabuleuses de Meliadus de Leonnoys, Milles et Amis, Ogier le Dannoys, Olivier de Castille, Perceforest, Perceval, Robert le Diable, Theseus de Coulongne et bien sûr celles du plus célèbre d’entre eux, Tristan, chevalier de la Table ronde et de la belle Iseult. Ces aventures, plus ou moins imaginaires, faites de prouesses d’armes, de batailles, d’honneur, de serments, de trahisons, de félonies, de meurtres et de gages de fidélité et d’amour aux gentes dames, sont parsemées de poésies de Mathéolus, Jean de Meung, Michel de Tours, Jean Molinet, Octovien de Saint-Gelais… dont les sujets principaux sont les AVANT-PROPOS
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