83 Bibliothèque Jean Bourdel RTCURIAL 14 avril 2026 - 14h30. Paris Littérateur, historien célèbre et capitaine calviniste, Théodore Agrippa d’Aubigné reste dans l’histoire comme un modèle de droiture et de constance. Né en 1552 à Saint-Maury, en Saintonge, il fit preuve dès sa plus tendre enfance d’un goût et d’une aptitude prononcés pour les lettres. Connaissant le latin, le grec et l’hébreu à six ans, il traduisit le Criton de Platon à dix ans sur la promesse que lui avait faite son père d’imprimer son ouvrage. Ce dernier, protestant zélé, lui fit jurer haine aux catholiques, serment qu’il s’efforça de tenir en restant toujours fidèle à la religion dans laquelle il avait été élevé, ce qui lui valut plusieurs condamnations à mort. Obligé de fuir avec son précepteur Béroalde, il se réfugia à Genève où il bénéficia de l’enseignement de Théodore de Bèze. Il s’engagea pour aller combattre sous les drapeaux du prince de Condé et devint l’écuyer de Henri de Navarre. Toujours au premier rang des calvinistes, il ne quitta l’épée qu’après l’entière dissolution de la Ligue et l’avènement au trône de son maître Henri IV, qu’il avait servi le plus loyalement et le plus bravement qui soit. Durant les trêves et intervalles de paix, Agrippa d’Aubigné cultivait les lettres et composait des pièces et épigrammes où sa verve huguenote et son cynisme de franchise n’épargnaient personne, ni la reine-mère, ni Henri IV en dépit de l’indéfectible fidélité qu’il lui vouait. Sur la fin de sa vie et sous le coup de sa quatrième condamnation à mort, il retourna à Genève et épousa une demoiselle Burlamaqui. Leur fils fut le père de Madame de Maintenon. Aubigné s’éteignit à Genève le 29 avril 1630. Ses Petites œuvres meslees contiennent des Méditations sur plusieurs psaumes, des versions en vers mesurés de dix-sept psaumes ou prières et, sous le titre général de L’Hyver du Sr d’Aubigné, vingt-six pièces poétiques ou sonnets. Les vers mesurés cherchent à intégrer à la poésie française des rythmes musicaux à l’image de la poésie antique, fondés sur la quantité syllabique et alternant les syllabes longues et brèves. Bel exemplaire malgré de petits frottements aux charnières. Provenance : Henri Monod (supra-libris, ex-libris, I, 8-10 mars 1920, n° 18) et Alfred Lindeboom (ex-libris, absent de la vente de 1924). 800 - 1 200 € 380 Théodore Agrippa d’AUBIGNÉ. Les Tragiques ci-devant donnez au public par le larcin de Promethee. Et depuis avouez et enrichis par le Sr d’Aubigné. S.l.n.n.n.d. (Maillé, Jean Moussat, 1620). Petit in-8, veau porphyre, triple filet doré, dos lisse orné à la grotesque (Reliure du XVIIIe siècle). De Backer, I-588 // Tchemerzine-Scheler, I-161 // USTC, 6808420. (16 f., le dernier blanc)-331-(2 f., le dernier blanc manquant ici) / ã8, 8, A-X8 / 91 × 145 mm. Rare seconde édition en partie originale et la première sous le nom de l’auteur. C’est âgé d’à peine 25 ans, vers 1577, que Théodore Agrippa d’Aubigné rédigea ces vigoureuses satires, dépeignant les malheurs de la France et les mœurs des derniers Valois. Elles circulèrent probablement sous forme manuscrite avant d’être publiées en 1616 sous le pseudonyme de Larcin de Prométhée. L’anonymat ne trompant personne, elles furent, dès la seconde édition en 1620, avouez et enrichis par leur auteur. Aubigné ajouta en effet plusieurs centaines de vers aux sept livres qui composaient l’ouvrage et fit paraître cette édition sur les presses qu’il avait lui-même installées à Maillé, en Poitou, et dont il avait confié la direction à l’imprimeur Jean Moussat. Cette édition est rare. L’USTC ne recense que l’exemplaire de la British Library. Un coin un peu émoussé, petit manque à la coiffe supérieure et mors un peu frottés. Petit trou restauré dans l’angle inférieur droit à l’ensemble du volume et 3 cahiers un peu brunis (H, K et X). 2 000 - 3 000 €
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