COLLECTION EYNARD Restée à l’abri des regards pendant plus de 200 ans, la collection Eynard symbolise à la fois le goût esthétique genevois de la fin du XVIIIème mais surtout l’histoire d’une famille prestigieuse qui insuffla à la ville de Genève un nouvel élan international tourné vers la Grèce. C’est en 1799 que Gabriel-Antoine Eynard (1734-1814), négociant lyonnais réfugié à Rolle depuis 1795, décide de confier à son fils aîné, Jacques, la mission de constituer pour lui une nouvelle collection de tableaux, flairant les bonnes affaires en cette période tumultueuse. Jacques Eynard (1772-1847) part donc à Paris et se lance entre 1799 et 1803 dans une série d’acquisitions, parfois au grand dam de son père. La peinture du XVIIème siècle est mise à l’honneur. Entre la précision de la touche des paysages et scènes mythologiques de l’école du Nord (Jean Wynantz et Nicolas Vleughels) et les compositions savantes des scènes religieuses italiennes (Brandi et Maratta), les acquisitions de Jacques Eynard suivent les directives paternelles caractéristiques du goût de cette époque. L’intervention bienvenue du deuxième fils, Jean-Gabriel (1775-1863), permet à la collection familiale de s’étoffer. Formé en Italie où il fit fortune, c’est pendant ses pérégrinations qu’il acquiert le jeune homme florentin, figure accompagnatrice qui suivra le jeune financier jusqu’au Palais Eynard. Fondateur de la Société de Lecture à Genève et membre de la Société d’histoire et d’archéologie, il soutient activement l’école de peinture genevoise. Il introduit Alexandre Calame au sein de la bonne société et l’accompagnera tout au long de sa carrière en exposant sa peinture au musée Rath. Le remarquable paysage au lot 185 constitue le témoignage de leur étroite collaboration. Parallèlement, en hommage à l’Italie, il acquiert deux œuvres majeures de Guigon et commande à Firmin Massot, portraitiste reconnu, son portrait ainsi que celui de son épouse, Anna Eynard-Lullin. Ces deux tableaux figurent parmi les réalisations les plus accomplies de l’artiste. Enfin comment ne pas citer le travail considérable et historique que fit JeanGabriel Eynard dans l’indépendance de la Grèce mis en exergue dans le tableau de Heideck représentant la célèbre place Monastiraki à Athènes. La collection passe ensuite par héritage dans la famille Diodati. C’est avec plaisir que nous vous invitons à vous plonger dans cette collection historique à travers ceux qui l’ont façonnée. 65 64 genève enchères collection eynard 191 © Musée d’art et d’histoire, Ville de Genève
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