GIQUELLO et ASSOCIES – LIVRES PRECIEUX et ANCIENS

35 26 MALLARMÉ (Stéphane). Sonnet allégorique de lui-même. S.l.n.d. [1868]. Une page autographe in-4 montée dans une reliure à plats souple en pavage de bois de cocobolo, dos de veau fauve, doublure et gardes de nubuck (J. de Gonet 2010). Seul manuscrit autographe connu de la version originale de ce poème de Stéphane Mallarmé (1842-1898). Le sonnet fut composé en 1868 à la demande de Cazalis, en vue de figurer dans les Sonnets et eaux-fortes de Lemerre (1869). Écarté du projet, il fut finalement publié pour la première fois en 1887, sous une version remaniée, dans l’édition protolithographiée des Poésies de l’auteur. Un tour de force poétique, dans la veine symboliste. J’extrais ce sonnet, auquel j’avais une fois songé, d’une étude projetée sur la parole : il est inverse, je veux dire que le sens, s’il en a un [...], est évoqué par un mirage interne des mots mêmes. En se laissant aller à le murmurer plusieurs fois on éprouve une sensation assez cabalistique. [...] il me semble se prêter à une eau-forte pleine de rêve et de vide (Mallarmé). Des études sur ce poème de 14 vers, fondés sur l’association des rimes en -ix et en -ore, ont démontré que le poète s’était livré à un exercice de style assez complexe (voir notamment René Fromilhague, « Nouvelle exégèse d’un sonnet de Mallarmé » in Littératures, II, 1953, pp. 217-236). L’eœet de ce sonnet repose sur la sonorité même des mots et principalement des rimes choisies parmi les plus diœiciles : à la diœiculté desquelles le poète ajoute celle de reprendre dans les tercets celles des quatrains, en en intervertissant le genre ; les masculines devenant féminines, et réciproquement ; les rimes en «yx» et «ore» devenant «ixe « et «or» (Henri Mondor et G. Jean-Aubry in Œuvres complètes de Mallarmé, éd. Pléiade, 1951, pp. 1488-1491).

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