GIQUELLO et ASSOCIES – LIVRES PRECIEUX et ANCIENS

6 3 BEAULIEU (Eustorg de). Les Divers rapportz. Contenant plusieurs Rondeaulx, Huictains, Dixains, Ballades, Chansons, Epistres, Blasons, Epitaphes, & aultres ioyeusetez. Paris, Alain Lotrian, 1544. Petit in-8, maroquin rouge, triple filet doré, dos lisse portant le titre en long, roulette intérieure, tranches dorées (Reliure du XVIIIe siècle). Troisième édition de ce recueil de poésies d’Eustorg de Beaulieu, poète-musicien méconnu originaire du Bas-Limousin. Imprimée en petits caractères ronds, elle est ornée de 16 vignettes sur bois dont une sur le titre. À l’instar des deux premières (Lyon, Pierre de Sainte-Lucie, 1537, et Paris, Lotrian, 1540), cette édition est d’une extrême rareté : nous en avons seulement localisé 3 exemplaires dans les fonds publics (Paris, BnF, Réserve ; Cabinet des livres du musée Condé au château de Chantilly ; Vienne, Bibliothèque nationale autrichienne). Eustorg de Beaulieu (vers 1495-1552) fut d’abord organiste à Lectoure, puis maître de musique à Tulle où il aurait endossé la robe de l’Église. On dit aussi qu’il aurait été un temps au service d’une troupe de comédiens en qualité de musicien. Il vécut ensuite à Lyon, avant de rejoindre la Suisse où il se convertit au protestantisme. Il mourut à Bâle, dans la misère. En matière de poésie, il fut un disciple de Clément Marot ; ses vers sont tantôt religieux ou profanes, parfois grivois. Des poésies sur les vices et les maux de la société. Parmi les pièces qui composent l’ouvrage, on dénombre 89 rondeaux (ex : d’une dame lyonnoise, des commoditez d’ung Coqu, d’un gourmand yvrongne & paresseux ou encore des accidens qui viennent de paillardise), 10 dixains, 14 ballades (dont les pechez & abus publiques qui regnent maintenant au monde et les plainctes d’un Verollé) et 12 chansons. On y trouve encore quelques épîtres, des oraisons, des épitaphes (épitaphe d’un moineau, d’Érasme, etc.) ainsi que 7 blasons anatomiques du corps féminin, dont un Blason du cul très libre et bien tourné qui fit la renommée du petit poète marotique : O cul de femme, O cul de belle fille. / Cul rondelet, cul proportionné... Exemplaire en maroquin du XVIIIe siècle, vraisemblablement le seul connu en reliure ancienne, ceux conservés à Paris et à Vienne étant en demi-reliure postérieure, et celui du duc d’Aumale, à Chantilly, en maroquin doublé de Trautz-Bauzonnet. Mention ancienne sur le titre, presque e°acée. Le titre et les quatre feuillets suivants sont habilement restaurés. Petite déchirure de papier sans manque de texte à l’angle supérieur des deux derniers feuillets. (Gay-Lemonnyer, t. II, col. 17-18 ; Dictionnaire des œuvres érotiques, pp. 66-67.) 5 000/6 000 € Provenance : Librairie Stéphane Clavreuil

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