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LIVRES DU XIX
e
SIèCLE
123. DUMAS (Alexandre).
Le Mois. Résumé mensuel, historique et politique de tous les événements jour par jour, heure
par heure.
Paris : typographie E. et V. Penaud frères, Mars 1848-décembre 1849.
— 24 fascicules in-8 de 32 pages chacun,
en feuilles sous étui-boîte de toile grise moderne.
200 / 300€
Collection des 24 premiers numéros de cette revue politique, sur les 26 parus, entièrement rédigée par Alexandre Dumas
père, correspondant aux deux premières années complètes de parution.
“Les 22, 23 et 24 février 1848, Paris connaît trois journées révolutionnaires qui voient l’abdication du roi Louis-Philippe et
la formation d’un gouvernement provisoire, chargé de proclamer la République. Dans les semaines qui suivent, les décisions
libérales s’enchaînent à un rythme soutenu : suffrage universel, abolition de l’esclavage, abolition de la peine de mort en
matière politique, droit au travail, liberté de la presse.
Dumas a assisté aux journées révolutionnaires de Février et, à l’instar de Lamartine, ministre des Affaires Étrangères du
gouvernement provisoire, il pense que les écrivains ont un rôle de premier plan à jouer dans la révolution. Il est l’un des
premiers à fonder son propre journal,
Le Mois,
bientôt suivi par Paul Féval (
Le Bon Sens du peuple
, 28 mars-15 avril 1848),
Lamartine (
Le Bien public
, 24 mai-12 décembre 1848) et les proches de Victor Hugo (
L’Événement
, 1
er
août 1848-18 septembre
1851). Ce journal ambitionne non seulement de rendre compte de la révolution, mais aussi de contribuer à la fondation de la
République fraternelle des poètes.
Mensuel vendu par abonnement, Le Mois enregistre scrupuleusement les événements, reproduit les documents fondateurs
du nouveau régime, et dessine les évolutions politiques de son rédacteur : après le 15 mai et les journées de Juin, Dumas
place ses espoirs en Louis-Napoléon Bonaparte, élu président de la République en décembre. Mais bientôt, le prince-président
confisque le pouvoir que lui confère le suffrage des Français. Les inquiétudes de Dumas, sensibles dans les derniers numéros
du journal, se réaliseront bientôt. Mais Le Mois, journal républicain, ne vivra pas jusqu’au coup d’État : il cesse de paraître
au début de l’année 1850, nous donnant à lire un formidable document sur la Deuxième République” (
Édition des journaux
d’Alexandre Dumas
. Direction Sarah Mombert, LIRE/CNRS/ENS-Lyon, 2013).
Exemplaire tel que paru, parfaitement conservé à l’exception du premier numéro présentant quelques déchirures sur les bords
et des salissures au premier feuillet.
124. [ÉQUITATION] PELLIER (Louis-Charles).
Essai élémentaire sur l’art de l’équitation.
Paris : Anthe Boucher, L’auteur,
1823.
In-8, 114 pp. Demi-veau rouge, dos à nerfs orné, tranches jaunes (
reliure de l’époque
).
200 / 300€
Mennessier de La Lance, I, p. 296.
Édition originale peu courante de ce court essai composé par Louis-Charles Pellier (1767-1846). Ce dernier avait été écuyer
du duc d’Enghien, à qui il sauva la vie, et professeur à l’École impériale d’équitation de la ville de Paris.
Cet ouvrage fut entrepris sur les conseils du comte de Thermes pour concourir à la place de professeur de l’École royale et
militaire de Saint-Cyr. Il se divise en 4 courtes leçons, où l’auteur, qui pensait “qu’une pratique raisonnée et suivie (était)
infiniment préférable à une théorie” (p. 8), propose les principes essentiels de l’équitation.
L’édition débute par un “Avant-propos contenant Quelques observations faites en 1815, sur la décadence de l’art de
l’Équitation”.
Bon exemplaire malgré des rousseurs.
Provenance : F. Chassériau, avec cachet à sec sur la première garde.