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Puis, Stanislas souhaitant faire de la capitale du duché un centre de rayonnement des arts, Héré entreprend à Nancy un vaste
programme de grands travaux : la porte royale, les places de la Carrière et Stanislas, qui doivent relier la vieille ville à la ville
neuve, et de nombreux bâtiments, parmi lesquels l’église Notre-Dame de Bonsecours et le palais du gouvernement, voient le
jour. Il modifie également l’ancien palais des ducs de Lorraine.
Ainsi, parmi les grands projets urbains du siècle des Lumières, Héré réalise à Nancy l’un des plus majestueux, dont la place
Stanislas est le joyau. Inaugurée en
1755
et dite royale en l’honneur de Louis XV, elle est bordée de bâtiments d’une grande
unité architecturale et close de grilles ouvragées et dorées, chef-d’œuvre du maître serrurier Jean Lamour (
1698
-
1771
). Elle
apporta la renommée à Héré, que le roi fit baron de Corny.
À sa mort, le chantier royal fut achevé selon ses plans par Richard Mique (
1728
-
1794
).
L’ensemble de son œuvre dit combien Héré, esprit éclairé et curieux, parvint à créer un équilibre unique aux confins du
classicisme et du baroque.
Un hommage à Stanislas et à Héré, bâtisseurs éclairés.
Réunissant les dessins de Héré, trois volumes monumentaux virent le jour chez le graveur et imprimeur Jean Charles François
(
1717
-
1765
). Ils forment sous Louis XV, époque où le style rococo parvient à son apogée, ce que le monde de l’édition a produit
de plus inspiré pour ce genre d’ouvrages, reléguant au second plan les grandes productions officielles célébrant les mariages,
entrées ou pompes funèbres.
Selon Millard, le tirage des deux premiers volumes est de
125
exemplaires.
Nous avons rencontré cet ouvrage soit dans son cartonnage d’origine, soit relié en veau avec ou sans armes, soit dans sa version
la plus convoitée, en maroquin rouge décoré aux armes. Dans cette condition, nous avons recensé
3
exemplaires, avec quelques
variantes : celui de Fernand Pouillon (
Cat.
,
1985
,
n° 72
), portant en chef les armes de Stanislas Leszczynski et en pointe le
chardon de la ville de Nancy ; un exemplaire aux armes du dauphin, fils de Louis XV, aujourd’hui dans une collection privée et
que nous n’avons pas vu ; et, plus récemment, celui décrit dans le catalogue de grands libraires parisiens, Bernard et Stéphane
Clavreuil (
Cat.
Livres précieux du XV
e
au XIX
e
siècle,
2010
,
n° 41
) au décor identique au nôtre, tant par le vocabulaire
ornemental que par les armes, celles de Stanislas Leszczynski, provenance qu’ils placent au sommet de la hiérarchie.
Précieux exemplaires de présent aux armes de Stanislas Leszczynski.
Ces trois volumes, inconnus du marché, ont été volontairement conservés ainsi par leur actuel propriétaire. Ils présentent donc
naturellement quelques petits défauts : coins usés avec manque à l’un de ceux du t. I, coiffes du t. II avec manques, la reliure
du t. II présente quelques tavelures. Seule la pl. VI du t. II présente une restauration de conservation atteignant l’image.
L’exemplaire que nous avons pu consulter à la BNF (Manuscrits, HC-23-FT4) est incomplet.