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*316 TERRASSE (Claude). Petites scènes familières pour piano.
Paris, E. Fromont,
[1895]. In-4, en feuilles, couverture
illustrée.
4 000 / 6 000
Édition originale.
Une œuvre musicale didactique à l’usage des enfants. Composé par Claude Terrasse sur un livret de Franc-Nohain, ce
recueil de partitions de musique instrumentale profane est destiné à l’initiation des plus jeunes à la musique. Il est constitué
de
19
pièces séparées en deux parties :
15
airs pour piano composent la première, la seconde, intitulée La Fête au village,
comporte
4
pièces humoristiques. Chacune de ces mélodies est dédiée à une personne chère au compositeur, des membres
de sa famille à ses proches amis, donnant une dimension intime et personnelle à cet ensemble. Sa publication fut annoncée
en
1895
par l’intermédiaire d’un encart publicitaire paru dans La Revue blanche du
15
mai. Auteur d’opérettes, Terrasse
composa en
1896
la musique pour la pièce d’Alfred Jarry, Ubu roi, ce qui le fit connaître auprès de l’avant-garde artistique
et littéraire du moment. Proche des peintres Nabis, ami et collaborateur de Pierre Bonnard, son beau-frère, il fut en partie
à l’initiative de la création du Théâtre des pantins, un théâtre de marionnettes qui fut l’un des lieux de réunion des familiers
de La Revue blanche.
20
lithographies originales en noir de Pierre Bonnard, dont une couverture. Seconde collaboration de l’artiste avec
Terrasse pour un livre musical didactique, après Le Petit Solfège illustré (
1893
), ce cycle iconographique s’inscrit dans sa
période de formation à la pratique lithographique. Ces premières œuvres furent pour lui l’occasion d’améliorer cette
technique et de maîtriser la mise en page d’un livre illustré, ce qui lui permit de composer, une décennie plus tard,
Parallèlement (
1900
) et Daphnis et Chloé (
1902
), deux chefs-d’œuvre de l’édition publiés par Ambroise Vollard.
Accompagnant chaque mélodie d’une lithographie, Pierre Bonnard portraitura avec sensibilité et tendresse les membres de
la famille de son beau-frère, accentuant la dimension intimiste voulue par le compositeur. À ces portraits s’ajoutent des
scènes du quotidien préfigurant l’univers que l’artiste dépeindra dans Quelques aspects de la vie de Paris (
1899
). Certaines
lithographies extraites de cette série furent sélectionnées par le peintre pour représenter son œuvre à l’occasion du
centenaire de la lithographie à la galerie Rapp, au Champ-de-Mars, de novembre à décembre
1895
. L’exemplaire est
enrichi : - d’une feuille d’esquisses au crayon signée par Pierre Bonnard, parmi lesquelles deux dessins. « Silhouette
féminine devant une forêt ».
80
x
57
mm. « Femme dansant de dos ».
150
x
60
mm. L’authenticité de cette feuille est
attestée au verso par l’expert Marcel Lecomte. Couverture déchirée au dos et sur le premier plat. Le tirage de l’édition est
non précisé.