This is a SEO version of cat-vent_artcurial9-10-05-2011. Click here to view full version
« Previous Page Table of Contents Next Page »Livres ET MANUSCRITS — 9 & 10 MAI 2011. Paris 80
193
Louis-Ferdinand CELINE
Brouillon autographe de Nord
1 p. in-4, paginée 256. Encre stylo bille. Corres-pond à la p. 83 de « Nord « (Gallimard, 1960) : « Je veux le couteau, les allumettes, mais la grenade et la goupille sont de trop... je voyais bel et bien ma piche, grenade et goupelle, nous envoyer plus haut que les arbres !... ».
600 — 800 €
194
Louis-Ferdinand CELINE
Exceptionnelle correspondance inédite et inconnue au Docteur Alexandre Gentil
1939 à 1948, 36 lettres et pièces a.s. (3 signées par pseudo, 3 non signées, 2 signées par Céline et Lucette, 1 signée seulement par Lucette), un total de 116 p., la plupart gr. in-4, d’autres de formats divers, certaines avec enveloppes (Paris, Copenhague, Korsor, Nice). Une carte postale a.s.
- 8 L.A.S. de Lucette, soit 42 p. ; - 1 photographie de Céline ;
- 1 L.A.S. de Marie Carnavaggia, 1 L.A.S. de Mme Donas, et 3 télégrammes signés Johansen. - Plusieurs coupures de journal, dont l’une parue dans le journal Politiken, annotée par Céline et jointe à une lettre.
Le Dr. Alexandre Gentil, médecin militaire, est un ami de Céline et de Lucette méconnu. Ils se rencontrent au Val-de-Grâce en 1914, puis au Mont-Valérien. Fortement marqué par la boucherie de 14-18, comme Céline, il revient écœuré et très critique. En 1933, Céline le recommande à son ami Charles Bonabel, chirurgien à Beaujon. Sous l’Occupation, Gentil est membre du Cercle européen, que fréquenta Céline. Il héberge des collaborateurs, certains envoyés par Céline. Gentil est l’un des premiers correspondants de Céline lorsqu’il est en prison. En 1945, celui-ci lui recommande sa secrétaire, Marie Canavaggia. Gentil est direc-teur et propriétaire de la Clinique et Maison de Santé de Nogent-sur-Marne, spécialisée dans le traitement de la thyroïde. Ils ont de nombreux amis communs : Gen Paul, Le Vigan, Jo Varenne… et leurs confrères les docteurs Clément Camus et Auguste Bécard.
Leur correspondance, restée inédite depuis toutes ces années, est essentielle pour la compréhension des années noires de Céline, sa fuite et son exil .
Epinglons quelques lettres de cette importante correspondance :
- En sept. 1939, Céline vit chez sa mère rue Marsollier, dans le quartier de l’Opéra. Sans emploi, il va tenter d’entrer comme médecin à l’Opéra Comique grâce à l’appui du Dr. Gentil. Les lettres sont violemment antisémites, Céline répète l’image du juif prenant la place du français... Et puis la franc-maçonnerie. Dans ses premières lettres au Dr. Gentil, il ne cache pas son opinion, dit les choses telles qu’il les pense, alors qu’ensuite il s’exposera moins. Ses lettres ne sont cependant pas dépourvues de son humour habituel : « Je suis pourri d’am-bitions. On me dit qu’il n’y a pas de médecin à l’opéra, est-ce exact ? Qu’ils sont tous partis
plus ou moins en zone libre... Pour raisons juives... Ces-bruits-m’affriolent... ». « Pour l’O.C. [Opéra Comique] je me suis expliqué de travers. Je serai bien entendu infiniment flatté d’être de l’O.C. Mais tu sais le chant, moi... Je ne suis pas initié. Tandis que je suis féru, ravagé par la danse. Alors puisqu’il s’agit de mirages ! Je préfèrerais l’opéra. C’est dans ce sens que je t’écrivais. Et pour que simplement tu tâches de savoir par ‘ceux’ de l’opéra s’ils ont des disponibilités éventuelles - lointaines... Vaguement possibles... A moins que la chose soit simplement comme je le soupçonne tout bonnement réservée aux juifs et aux internes. Dans ce cas il faudrait que je me dispose encore à provoquer l’émeute. C’est bien mon souci... »
- Saint-Malo, s.d. Lettre décrivant Saint-Malo, ville assiégée, meurtrie, mais où transparaît l’intense amitié de Céline : « Dans cet univers de fou, Saint-Malo n’est pas épargné tu t’en doutes ! Ils ne savent plus si ils nous chassent nous rasent nous brûlent nous assassinent nous font crever de fin, d’enculage ou de faim ! Enfin on rentrera au début de mars. Heureu-sement il fait beau, glorieux, mirifique ! […] On peut mettre tous les plaisirs de vivre sur la grosseur d’une tête d’épingle ! Celui de rencon-trer et de te connaître tient déjà de l’extrava-gance ! Ici rien trouvé d’azoté, d’hydraté ou de glycériné. Rien. Ils sont mêmes parvenus à boucher la mer. Plus un poisson ! Tout est défendu ! S’enculent ils au moins ? » - Carte postale, s.d., vue de Saint-Malo : « Te voici aux grandes récoltes certainement ! Pen-dant que nous folâtrons au bord des océans. Nous irons te voir dans ta Thélème ! ». - 1944. Preuve indéniable des liens importants qui reliaient les deux personnages, le Dr. Gentil est l’une des rares personnes que Céline averti de son départ en juin 1944. Lettre du 15 juin 1944 : « Mon bien cher vieux, il a fallu d’une façon pressante partir à la campagne ! Bien chagrinés tous les deux de ne t’avoir pas vu avant le départ ! Mais je n’osais pas télé-phoner, j’espère que ce ne sera pas long. » Ce voyage durera sept ans et produira trois livres. Nous apprenons qu’à sa demande et à mots couverts, le Dr. Gentil « recevra » — il faudrait lire « mettra à l’abri » —, Gen Paul et Le Vigan. - A Copenhague, Gentil sera l’un des premiers correspondants de Céline et Lucette. Dans la lettre du 2 août [1945], il est obligé de changer d’adresse postale et prend le pseudonyme de Courtial (personnage de Mort à Crédit), à l’adresse du maître de ballet Bartholin… Il se plaint de sa maladie, de son impossibilité de voyager et de sa solitude, du froid… Il est tragiquement prophétique sur la durée de son exil … : »Comme je voudrais être là-bas avec vous ! Ici l’isolement intellectuel est total. Hélas je suis encore trop malade pour pouvoir
193
This is a SEO version of cat-vent_artcurial9-10-05-2011. Click here to view full version
« Previous Page Table of Contents Next Page »