This is a SEO version of Mise en page 1. Click here to view full version
« Previous Page Table of Contents Next Page »62
u
153 GAUPP (Robert). D IE D IPSOMANIE – EINE KLINISCHE STUDIE ( THÈSE D ’ AGRÉGATION ) P RÉCIEUX EXEMPLAIRE PROVENANT DE LA BIBLIOTHÈQUE D ’H ENRI E LLENBERGER . Iena, Gustav Fischer 1901
In-8° relié, demi-percaline noire de l’époque, dos lisse et titre contrecollé. Bel ex-libris d’Henri Ellenberger contrecollé au verso du premier plat, [4]-161 pages.
Robert Gaupp est l’un des plus grands neuropsychiatres allemands du XX e siècle. Après des études de médecine à Tubingen, à Genève et à Strasbourg sanctionnées par un doctorat en 1894, il entre à Breslau dans la clinique dirigée par Wernicke. Renseigné sur les talents si brillants du jeune neurologue, Kraepelin l’appelle à Heidelberg. C’est à lui qu’il doit ce sujet de thèse d’agrégation (Dozent dans le système allemand) qui lui fera accéder, après avoir encore suivi Kraepelin à Munich pendant deux ans, à la Chaire de Neuropathologie de Tubingen en 1906, poste qu’il occupera jusqu’à sa retraite en 1936.
Gaupp est l’initiateur de l’approche pluridisciplinaire dans la psychiatrie allemande. L’équivalent en France de profils comme ceux de Jules Baillarger ou Charles Féré. Il doit cette approche à sa double formation, à la fois élève de Wernicke et de Kraepelin. Familiarisé avec les tendances localisationnistes et nosologiques, il en saisit les limites et tente de les compléter par la dimension biographique. Il établit ainsi les bases de la pensée psycho-dynamique et Henri Ey le reconnaîtra comme un précurseur de ses conceptions organo-dynamistes.
C’est Henri Ellenberger, qui lisait parfaitement l’allemand, qui, pendant ses années d’internat, fit connaître Robert Gaupp à ses camarades, Henri Ey et Jacques Lacan (comme en témoigne le cachet gras de la bibliothèque d’Henri Ey à qui Ellenberger offrit le volume). Lacan resta toute sa vie fasciné par le cas Ernst Wagner. Cette orientation vers la biographie a certaine-ment été animée par les expériences qu’il a faites à Tübingen : alors qu’à Breslau il était es-sentiellement confronté avec une population pauvre dans laquelle l’alcoolisme constituait le problème psychiatrique le plus important, le milieu bourgeois de Tubingen laissait voir ses troubles psychiques dans un contexte beaucoup plus nuancé et imprégné d’éléments biogra-phiques. Ainsi le but de son œuvre devient « le dénouement de tous les fils qui conduisent la personnalité saine à la maladie ». Déjà en 1906, il provoque scandale et admiration dans sa leçon d’ouverture à la Chaire de neuropathologie de l’Université de Tübingen en déclarant l’hystérie non pas comme une maladie mais comme une réaction de la personnalité (ce qui est encore proche des positions développées ultérieurement par Henri Ey).
Il connaîtra la gloire universitaire grâce à ses écrits sur la paranoïa dont les plus célèbres concernent le cas Wagner. Ernst Wagner, maître d’école, avait, dans une bouffée délirante et après une folle cavalcade nocturne dans la campagne allemande, décimé sa famille et la po-pulation de deux hameaux qui, déclara-t-il, médisait de façon insupportable sur lui depuis quelques temps, plus qu’il n’en pouvait souffrir. Gaupp lui évita la condamnation, à la barre où il avait été commis comme expert, en le déclarant totalement irresponsable et en attribuant la paranoïa du criminel à des conflits psychosociaux mal surmontés. Plus tard, Wagner ayant été interné à vie, Gaupp apprendra de sa bouche – il était resté quasi muet pendant le procès – qu’il avait commis des actes de bestialité ou s’était imaginé vouloir les commettre et n’avait pas supporté le poids de cette culpabilité, extrapolant alors qu’il avait été surpris et qu’il fallait éliminer ces témoins insupportables.
L’analyse du destin de Szondi est toute entière, comme celui-ci l’a révélé à Henri Ellenberger, bâtie sur les théories de Gaupp. Kretschmer, qui refonde la psychiatrie allemande dans les années 30, le considérait comme son maître. Enfin, Gaupp est, par le biais d’Ernst Wagner, le premier psychiatre allemand à se pencher sérieusement sur la littérature écrite par les malades mentaux, après les recherches dans le domaine des œuvres plastiques de Morgenthaler et Prinzhorn. Il publie en 1921 L’œuvre dramatique du paranoïaque Wagner , nombre de ses pièces comme son Louis II de Bavière mettent en scène des psychiatres assassinés par leurs patients ! Plus tard, il installera le premier atelier d’écriture à l’asile de Winmenden et commencera une collecte dans tous les hôpitaux allemands d’écrits de malades mentaux, aujourd’hui conservés a l’Université de Marbourg.
800 / 900 €
u
154 GILLES DE LA TOURETTE (Georges). T HÉOPHRASTE R ENAUDOT D ’ APRÈS DES DOCUMENTS INÉDITS .
Paris, Plon & Nourrit 1884
Grand in-8° relié demi-chagrin de l’époque, dos à cinq nerfs, titre gravé, 316 pages. Bel ENVOI AUTO-GRAPHE de Gilles de la Tourette à son ami Poirier sur la page de garde.
300 / 350 €
This is a SEO version of Mise en page 1. Click here to view full version
« Previous Page Table of Contents Next Page »