Page 76 - Mise en page 1

This is a SEO version of Mise en page 1. Click here to view full version

« Previous Page Table of Contents Next Page »

77

suite vers la médecine, encouragé dans cette voie par Claude Bernard avec lequel il par-tageait sa chambre d'étudiant. En 1847, il obtient son diplôme de médecin en soutenant une thèse intitulée : « De Stahl et de sa doctrine médicale. Question de thérapeutique médicale ». « La théorie du traitement moral est-elle possible ? ». Après son voyage en Russie, il est l'assistant et le collaborateur de Trousseau avec qui il signe de nombreux travaux... il est ensuite nommé médecin à l'Hôpital de la Salpêtrière, puis à la Pitié et enfin à l'Hôpital Necker où il occupera le poste de professeur de médecine clinique de 1869 à sa mort en 1883.

Lasègue s'intéressa à des aspects variés de la médecine. Dans les années 1860, il en-seigna les maladies nerveuses et mentales. Il considérait la physiologie et la psychiatrie comme complémentaires l'une de l'autre, et portait un intérêt particulier aux troubles psychosomatiques. Il donna l'une des premières descriptions de l'anorexie mentale et du délire de persécution. En psychiatrie, Lasègue pensait que par l'étude de l'his-toire du patient, la cause de sa maladie mentale pouvait être retrouvée. Selon lui le rôle des attitudes parentales et des interactions familiales était primordial. Ce faisant il opère une jonction entre la doctrine de la dégénérescence de son ami Morel (il l'avait connu très jeune, alors qu'il étudiait la philosophie, avant de se tourner vers la médecine - ils avaient écrit ensemble : « L’Origine de l'école psychique allemande ») et la grande tradition clinique française, celle de Falret, Séglas, Cotard, jusqu'au Chaslin des méticuleuses observations cliniques.

Avec Jean-Pierre Falret (1794-1870), il introduit en 1877 le concept de la « folie à deux » pour décrire l'apparence des symptômes psychotiques chez les membres proches d'une famille vivant sous le même toit. Ce concept est parfois appelé syn-drome de Lasègue-Falret. Il n'était qu'une forme particulière du délire de persécution, englobé plus tard par les aliénistes derrière la paranoïa. Tout aussi brillant aliéniste que neurologue, il est le dernier grand maître à concilier les deux, juste avant la pé-riode qui verra s'affronter l'école neurologique de la Salpêtrière et les aliénistes de Sainte-Anne regroupés autour de Benjamin Ball.

Grand clinicien, il établit la sémiologie des atteintes du nerf sciatique, et invente le signe aujourd'hui éponyme que tout étudiant en médecine apprend à rechercher. Le syndrome de Lasègue, rencontré dans l'hystérie (de conversion), a eu moins de pé-rennité que le signe : le malade y est incapable de faire un mouvement du membre

touché sans le secours de la vue, tandis que les mouvements suggérés peuvent être accomplis sans l'aide de la vision. Par ailleurs, de sa description de l'anorexie hystérique en 1873 sont issus les travaux qui délimiteront le concept d'anorexie mentale. Lasègue publie en 1881 un important article intitulé « Le délire alcoolique n'est pas un délire mais un rêve », où il oppose de-lirium (tremens) et délire (chronique) et insiste sur sa proximité avec le rêve. D’autres publications portent sur l'exhibitionnisme (1877) ou le vol aux étalages (1880), des problèmes médico-légaux dont il avait une bonne connaissance, tant par ses activités à l'Infirmerie spéciale qu'en tant qu'expert judiciaire.

Lasègue fut un des rares aliénistes de la deuxième moitié du XIX e siècle à s’opposer à l’organicisme psychiatrique triomphant. Dans un article paru dans l' Évolution Psychiatrique en 1979 (T. XLIV, fasc. III, pp. 585-616), Jacques Postel montre d’où vient pour Lasègue la révélation, dès 1846-1847, de ce qui est en jeu dans la relation médecin - malade, dans le traitement moral de l’aliéné par l'aliéniste, c’est-à-dire la cure individuelle, cura singularis : il a l’intuition de la relation transférentielle, et annonce les principes de ce que l’on appellera plus tard l’alliance thérapeutique. Charles Lasègue n’a écrit que des articles et de courts mémoires.

2 000 / 2 500 €

192 LASÈGUE (Charles). D E LA PARALYSIE GÉNÉRALE PROGRESSIVE ( THÈSE D AGRÉGATION DE MÉDECINE ).

Paris, Labé 1853

Grand in-8° relié, demi-chagrin grenat, dos lisse, titre gravé en long, 85 pages.

Lasègue s’était déjà présenté – sans succès – à l’agrégation, immédiatement après son doctorat, avec une thèse portant sur « Des altérations du sang dans les maladies inflammatoires et dans les affections dites typhoïdes » : ce sujet le fera choisir pour une mission d’étude en Russie méridionale pour y étudier une épidémie de choléra. Il en profita pour visiter des maisons d’aliénés et le rapport qu’il rédigea le fit désigner comme inspecteur adjoint des établissements d’aliénés ; à ce titre, il fut amené à visiter des maisons spécialisées dans le traitement des malades psychiatriques dans diverses villes de province. Fort de l’appui de Trous-seau, il obtint le grade de professeur avec cette thèse. Très bel exemplaire

900 / 1 000 €

Page 76 - Mise en page 1

This is a SEO version of Mise en page 1. Click here to view full version

« Previous Page Table of Contents Next Page »