Catalogue de vente du 24 juin 2014
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56.
NOUVEAU
(Henri)
(1901-1959).ŒuvrespourPiano,1934-1946
.
Cinq Manuscrits et une copie autographes signés Henri Neugeboren.
–
«Minima»
. «Paris, mars 1934». Manuscrit musical autographe
signé de 8 pages in folio. Reproduit dans le supplément de
La Revue
Musicale
, n° 246 (1960).
–
« 8 pièces – ses plus brèves »
. « Paris, III. 1934 ». Manuscrit auto-
graphe musical signé de 5 pages in folio. Autre version de
Minima
.
–
« Six pièces sur des chansons paysannes hongroises »
. « Paris VI
1939 ». Manuscrit autographe signé de 4 pages in folio.
–
« 3
ème
Petite Suite »
. « I-II. 1940 ».Copie autographe signée de 8
pages in folio, avec l’envoi autographe : «Copie pour E.M.E. Rosé,
18.3.1940. H.N. ».
–
«2pièces:ElégieetValse».
«Paris,V. 1940».Manuscrit autographe signé
de 4 pages in folio, avec la dédicace autographe « à Mme E.M.E. Rosé ».
–
«Pastorale »
. Manuscrit autographe d’une page in folio, signé et
daté « 11.2.1946 ». Mélodie établie en correspondance musicale sur
le prénom de «Christine ».
On joint : deux partitions de Neugeboren publiées par Leduc (in-4,
en feuilles): «Quatre pièces sur des thèmes populaires roumains »
(1930, 11 pp.) et « Petite Suite »
(1930, 15 pp.), exemplaires portant
l’ex-dono manuscrit «Rosé ».
Voir la reproduction.
2 000 / 2500€
57.
NOUVEAU
(Henri).
ŒuvrespourPianoetViolon,1936-1940
.
Deux manuscrits et une copie autographes par Henri Nouveau.
–
«Epi milligramm»
. « 4. IV. 39 ». Manuscrit autographe signé
d’une page in folio, avec envoi à E.M.E. Rosé. Une autre version
d’une page avec un texte supplémentaire en allemand est jointe, ainsi
qu’un fragment de manuscrit comportant le thème du violon sur
deux portées.
–
« 3
ème
sonatine »
. «Nice, 1936 ». Copie autographe signée de
19 pages in folio, avec la mention autographe en allemand «Copie
pour E.M.E. Rosé, 23.9.39. H.N. ».
–
«Prélude, Cadence, Air, Finale »
. « (1940) ». Manuscrit auto-
graphe signé de 7 + 4 pages in folio, avec un envoi autographe à
E.M.E. Rosé.
Voir la reproduction.
1000 / 1200€
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Archives Henri Nouveau/E.M.E Rosé
Né le 6 mars 1901 en Transylvanie, Henri Nouveau, de son vrai nom Henrik Neugeboren, commence très jeune l’apprentissage de la musique avec
sa mère et un de ses oncles, pasteur – toute sa famille vivait encore dans une tradition ouvertement germanique. Son père, architecte, lui donne aussi
très tôt accès à des plans de travaux et des chantiers de construction en Hongrie et en Roumanie.
Elève au lycée de Budapest, il opte pour la nationalité hongroise et s’établit à Berlin en 1921 afin de suivre pendant quatre ans les cours de l’Académie
de musique. Il enchaîne ensuite sur Paris où il étudie auprès de Nadia Boulanger jusqu’en 1927, avant de retourner à Berlin pour deux ans. En 1928,
il est profondément marqué par son séjour à Dessau, occasion pour lui de fréquenter le Bauhaus et de rencontrer Klee et Kandinsky.
Henri Nouveau s’installe définitivement à Paris en 1929 et n’en bouge qu’exceptionnellement jusqu’à sa mort le 12 janvier 1959. Il se consacre
jusqu’au début des années quarante à la composition musicale, tout en développant sa technique picturale. Depuis ses premiers collages et montages
photographiques des années vingt jusqu’à ses grands dessins abstraits, proches du surréalisme, de sa maturité, il poursuit l’approfondissement de ses
deux grandes passions : ses œuvres de musique de chambre sont exécutées à la Société de Musique Indépendante et retransmises à la radio (1930-
1936), ses tableaux sont exposés au Salon des Réalités Nouvelles dès 1946, année de sa fondation. Une manifestation forte de son esprit aussi novateur
que synthétique se concrétise dans sa « Fugue de Bach représentée dans l’espace » qui donne lieu à une sculpture saisissante, reproduite dans le numéro
spécial de la
Revue Musicale
(1960). Son directeur, Albert Richard, écrit à cette occasion que «Henrik Neugeboren, musicien, peintre et penseur, laisse
une œuvre qui porte un message, une force, force de l’équilibre, présence de la logique, affirmation d’un monde continu de la pensée. ». Une première
grande exposition lui est d’ailleurs dédiée en 1960 à la Galerie de France.
Nouveau – qui conserve le nom de Neugeboren en tant que compositeur – a noué dès les années vingt un fort lien d’amitié avec Eleanor Mary Estelle
(E.M.E.) Rosé, fille d’Arnold Rosé, fondateur du fameux quatuor qui a créé au début du vingtième siècle les œuvres les plus novatrices de l’Eole de
Vienne,
la Nuit transfigurée,
les
Quatuors
opus 7 et opus 10 et la
Symphonie de chambre
opus 9 de Schönberg, les
Cinq Mouvements
opus 5 de Webern
et le
Quatuor n
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de Zemlinsky. Leur passionnante correspondance d’érudits en exil fait souvent référence à leurs goûts musicaux, littéraires et pictu-
raux mais aussi bien entendu aux difficultés de la guerre, et aux problèmes psychologiques d’Henri Nouveau, qui s’épanche parfois sans retenue auprès
de son amie, pour ensuite se confondre en excuses quant à ses débordements. Cet ensemble de lettres éclaire la quête spirituelle de l’artiste et offre un
contrepoint inédit à son journal intime publié par fragments en 1970 (
Pensées et aphorismes
, éditions Richard-Masse).