Lot n° 134
Sélection Bibliorare

VERLAINE Paul. Parallèlement. Lithographies originales de Pierre Bonnard. Paris, Ambroise Vollard, 1900 ; in-4 (298 x 248

Estimation : 15 000 EUR
Description
VERLAINE Paul. Parallèlement. Lithographies originales de Pierre Bonnard. Paris, Ambroise Vollard, 1900 ; in-4 (298 x 248
mm) de [4] ff. le premier blanc, 139 [+ 1] p., [2] ff. le dernier blanc, broché, couverture illustrée (plus une suite à part volante
de [14] ff. et 2 ff. de couverture), chemise à dos de maroquin vert sombre avec titre à la chinoise sur de petits carrés dorés et
étui de même maroquin ([Alain] Lobstein).

Première édition ORNÉE DE 110 LITHOGRAPHIES ORIGINALES DE PIERRE BONNARD tirées en rose, et de dix dessins du même artiste gravés sur bois par Tony Beltrand et tirés en noir, celui du titre répété en couverture.
Ce premier en date des livres illustrés majeurs du XXe siècle inaugure aussi l'exceptionnelle carrière d'éditeur d'art d'Ambroise
Vollard. Il est imprimé sur les presses à bras de l'Imprimerie nationale avec une fonte nouvelle des caractères gravés en 1540 par Claude Garamond. Pierres effacées après tirage.

Tirage à 200 exemplaires. Celui-ci sur papier vélin fort au filigrane « Parallèlement », appartient à un tirage non signalé au colophon ; il est ainsi désigné à la plume par l'éditeur : « Vingt et un exemplaires numérotés de a à u. Vollard. Exemplaire b ».
Le frontispice tiré dans un ton plus sombre que le reste de l'illustration a remplacé au dernier moment, face au titre, un feuillet
qui portait la mention : « Imprimé par décision spéciale de M. le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice ». Cette sorte d' « approbation» avait été accordée au vu du titre qui pouvait laisser croire à quelque ouvrage de géométrie. Le frontispice, absent des tout premiers exemplaires pourvus de l'«approbation», porte dans les autres à 110 (au lieu de 109) le nombre des lithographies. Le ministre alors en fonction était Ernest Antoine Emmanuel Monis.
Quoique totalement nouvelle par son graphisme et ses figurations, l'illustration passa à peu près inaperçue. Le crayon léger et
sinueux de Bonnard emplit non seulement les marges et les blancs du texte mais, emporté comme par une fièvre venue pourraiton croire des vers brûlants, envahit la typographie et échauffe encore le climat voluptueux créé par elle. Fixées sur la pierre et tirées « à fond perdu », les illustrations se prolongent au-delà des limites extrêmes de la page et invitent l'imagination à les poursuivre (d'où l'obligation pour le relieur de ne jamais attenter aux marges du livre).

EXEMPLAIRE ACCOMPAGNÉ D'UNE SUITE À PART DE 21 ÉPREUVES D'ÉTAT DES LITHOGRAPHIES en feuilles où celles-ci particulièrement dix d'entre elles offrent des formes recomposées, des tonalités atténuées ou renforcées ; ce
sont celles des pages 17,18, 20, 22, 29, 73, 75, 78, 80, 83, 86, 117, 118, 129, 130 (deux épreuves), 131, 134, 135 (deux épreuves),
136 ; (celle de la page 20 est tirée en noir). Le visage ou la silhouette de Verlaine y apparaissent trois fois.
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