Lot n° 129

Constant COQUELIN aîné. L.A.S., [31 mars ? 1905], à Catulle Mendès ; 3 pages et demie in-8.
Longue et intéressante lettre au lendemain de la création de Scarron [la « comédie tragique » en vers de Catulle Mendès, Scarron, a été...

Estimation : 250 - 300
Description
créée le 29 mars 1905, au Théâtre de la Gaité. Coquelin tenait le rôle-titre.]
Coquelin défend l’actrice [Gilda Darthy] qui joue Ninon de Lenclos : « La malheureuse a été tirée dans un sens par vous, dans un autre sens par moi, et je comprends qu’elle ne sache plus que faire. Quand dans les moyens d’interpréter un rôle, il n’y a pas unité de direction, rien de bien n’en peut sortir ». Mais Coquelin veut convaincre Mendès de supprimer le 4e tableau ; le changement à vue n’a pas réussi, et pourtant « le décor de la chambre jaune est exceptionnellement beau. Non, le malheur, le vrai malheur, on s’en est rendu compte hier soir, en entendant la pièce acte par acte, dans l’ordre. C’est le tableau du souper qui n’y tient par aucun point, dont tous les personnages sont en dehors de l’action. […] Le rôle de Ninon ne tient pas à la pièce qui ne se compose que de Destin et Étoile d’une part – et de Scarron, Villarceaux et Francine [Françoise d’Aubigné, Mme Scarron] de l’autre part – et c’est tout. Ninon n’est qu’une confidente. Elle n’est ensuite qu’une chambre à coucher. Elle ne peut même pas être une salle à manger, puisqu’il ne se passe rien là qui ait aucun rapport au drame […] si le 4e tableau est maintenu c’est plus de 100.000 F que nous perdrons. Hier soir il n’y a eu qu’un cri contre le carême de Ninon […] par la beauté de votre œuvre, par mes efforts, par le soin que vous m’avez vu mettre à tout, par ce que nous risquons, par ce rêve que je fais pour vous du succès sans réserve, je vous adjure de renoncer à ce tableau »... Etc.
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