ADER. Paris. ENLUMINURES, LIVRES ANCIENS et MODERNES

27 Enluminures et manuscrits 2. Jésuites de Pont-à-Mousson (Meurthe-et-Moselle), avec une inscription à l’encre dans la marge supérieure du recto : « Collegii Mussipontani societatis Iesu catal[olgus] inscriptus ». Cette inscription indique que le manuscrit était répertorié dans le catalogue de la bibliothèque des Jésuites de Pont-à-Mousson. 3. Collection Docteur Lucien-Graux, important collectionneur et bibliophile célèbre. Traces de sa vignette ex-libris de cuir rouge, ici manquante, mais un temps fixée sur le contreplat supérieur. Manuscrit vendu en 2014 dans une vente OgerBlanchet « Bibliothèque du Docteur Lucien-Graux ». Cet intéressant exemple de compilation biblique, réalisée sans doute dans un contexte de moines prédicateurs (ici franciscains ?), offre une sorte de « vademecum » biblique servant de support pour puiser des citations dans le cadre de rédactions de sermons. Il ne s’agit pas d’une Bible portative classique dont on connaît un grand nombre de témoins et qui se développa à Paris dans les ateliers laïcs avec l’essor des universités et des ordres mendiants. Ce manuscrit contient certes des sections importantes de livres bibliques, mais le choix est parfois fait d’inclure seuls quelques chapitres d’un livre donné, et la séquence des livres bibliques ne suit absolument pas l’ordre canonique en cette première moitié du XIIIe siècle. De plus, on notera que le système de chapitrage n’est pas non plus entièrement respecté ni mis au point, avec des mentions de chapitres rajoutées en marge, et certains textes entièrement dépourvus de séparations en chapitres (voir par exemple les extraits des livres des Rois, d’Ézéchiel ou encore Daniel). Ceci plaide pour une datation certainement antérieure au milieu du siècle, vers le second quart du XIIIe siècle. Cette compilation biblique présente en outre un système complexe de renvois et de références croisées, qui gagnerait à être mieux étudié. Soulignons que ce type de manuscrit est plus rare qu’une Bible portative et mérite une étude plus poussée sur les instruments et manuscrits liés à la prédication au XIIIe siècle. Sont absents de ce manuscrit trois livres du Pentateuque : Lévitique, Nombres, Deutéronome (sans manque de cahiers à signaler). Puis sont également écartés : Josué, Juges, Ruth, Ezra. D’autres livres bibliques ne sont pas présents ou alors seulement en extraits. On notera l’absence totale des Psaumes. Ceci nous porte à dire qu’il ne s’agit pas d’une Bible portative incomplète, mais bien d’une compilation d’extraits bibliques – avec certains livres bibliques copiés au complet – copiés selon un ordre qu’il faudra étudier. Il est intéressant de voir que le Nouveau Testament (ici a priori au complet) est interpolé entre des textes vétéro-testamentaires, faisant fi de l’ordre traditionnel des livres bibliques.

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