38 Enluminures et manuscrits Le nom de La Rochette ou Larochette se rapporte au rocher sur lequel a été édifié le château. Larochette est mentionné dès 1176, sous la forme latine : « Rupe » (rupes en latin « rocher »). En 1182, on trouve une forme romane, qui est un diminutif : « Roketa ». En 1310 une forme latine qui est aussi un diminutif : « Rupella ». À Larochette (Savoie) on trouve des traces de l’Abbaye des Carmes, avec une « place des Carmes » toujours nommée. Les Carmes font leur apparition à La Rochette, à la demande des seigneurs Hugues et Pierre, le 20 mars 1329 [AD de Savoie, 25 H 1 et 2] (voir Leguay, J.-P. « Urbanisme et ordres mendiants : l’exemple de la Savoie et de Genève (XIIIe-début XVIe siècle) », in Religion et mentalités au Moyen Age. Mélanges en l’honneur d’Hervé Martin, Rennes, 2003). Rien ne demeure de l’église du couvent des carmes de La Rochette achevée en décembre 1466. Une inscription XVIIe au fol. 26v semble suggérer que le manuscrit était toujours en Savoie : « Hodie vigesima quarta augusti anni 1680 benedicta fuit hoc oratorium de novo constructum…canonicum Sancti Petri Tharentasiae nec non Sancti Mauritii parrochia praepositum ». Il s’agit sans doute d’un chanoine de la cathédrale Saint-Pierre à Moûtiers-Tarentaise (Haute-Savoie). 28 [MANUSCRIT]. [HEURES] Deux fragments d’un livre d’heures à l’usage des frères prêcheurs (dominicains). En français et en latin, manuscrits sur parchemin enluminé. Pays-Bas du sud, très certainement Bruges, vers 1510-1530. Deux volumes reliés indépendamment. - Volume 1 : Office de la Vierge au complet [matines à complies], 46 ff., précédés et suivis de deux feuillets de garde de papier [collation volume 1 : i-v8 vi6 ]. Reliure de plein vélin rigide, dos lisse orné de fleurons et de filets dorés, encadrements de triple filets dorés sur les plats, fleurons dorés aux quatre angles. Rubrique en rouge pâle confirmant l’usage, peu commun : Les heures de Nostre Dame selon l’usage des freres prescheurs. - Volume 2 : Oraisons diverses, dont Oraisons de saint Grégoire, Oraisons de saint Thomas, 14 ff., précédés et suivis de deux ff. de garde de papier [collation : i1 (dernier feuillet d’un cahier), ii1 (dernier feuillet d’un cahier), iii1 (dernier feuillet d’un cahier), iv8, v4 (d’un cahier de 4)]. Rubrique en rouge pâle fol. 6v : Oraison a tous les sains de la religion des freres prescheurs. Éléments communs aux deux volumes : texte copié sur une colonne, écriture bâtarde à l’encre brune, 18 lignes par page, réglure à l’encre rouge (justification : 100 x 68 mm), rubriques à l’encre rouge pale, initiales 1-line, or liquide sur fonds rouge foncé et bleu, bout-de-lignes avec ornementation à l’or liquide sur fonds vert ou brun ou bleu et rouge, plus grandes initiales en gris et blanc sur fonds à l’or liquide, 8 grandes initiales (5 lignes de hauteur) en gris et blanc sur fonds vert ou rose avec motifs floraux, un oiseau, une mouche, des fraises, 2 bordures enluminées en trompe l’œil, avec oiseaux, papillons, fleur de pois, œillets, pensées, lys, fraises et feuilles d’acanthe sur fonds d’or. Quelques écaillures de peinture, sans gravité, fente au parchemin au fol. 2 du volume 2 ; quelques taches dans les marges des ff. 11v-12, 27v-28 du vol. 1 et f. 2v du vol. 2, sinon bon état général. Reliures de plein vélin rigide, dos lisses ornés de fleurons et de filets dorés, encadrements de triple filets dorés sur les plats, fleurons dorés aux quatre angles, contregardes et gardes de papier marbré. Quelques taches aux plats mais généralement en bon état de conservation. Dimensions des reliures : 175 x 120 mm ; dimensions des feuillets : 170 x 110 mm 6 000 / 8 000 € Ce manuscrit fut réalisé pour l’usage liturgique peu commun des frères prêcheurs (dominicains) et pour un commanditaire d’expression française (au vu des rubriques en français). L’usage dominicain est confirmé par des rubriques qui indiquent : Les heures de nostre dame selon l’usage des freres prescheurs (vol. 1, fol. 1), et parmi les prières au vol. 2 on trouve la prière dominicaine : « Christi pia gratia sanctos sublimavit quos patris dominici... » (ff. 6v-7) et plusieurs prières attribuées à saint Thomas d’Aquin (ff. 9-14). L’écriture de ce manuscrit présente toutes les caractéristiques de celle attribuée à Johannes ou Jan de Bomalia (Hanskin, « petit Jan » de Bomalia). Ce copiste signe deux livres d’heures « Per Hanskin de Bomalia » (La Haye, Meermanno-Westreenianum, MS 10 E 3, f. 223) et « Finis libri huius per me Hanskin de Bomalia » dans un livre d’heures ancienne collection Rodocanachi Collection (Paris, Drouot, 7 mai 1934, lot 52 ; Sotheby’s, Londres, 23 June 1992, lot 93 ; Tenschert, Tage und Werke, 2021, no. 5). Il signe de son nom latin les Heures de James IV d’Ecosse : « Perf[ecit] Io[hannes] de Bomalia » (Vienna, ÖNB, Cod. 1897, f. 58v). Ce copiste est recensé dans les archives de la confraternité de Saint Jean l’Evangéliste et Saint Luc entre 1489 et 1499 (voir Weale, 1872-1873, pp. 318, 322, 329, 332). Dans une archive, il est dit religieux dominicain. Macfarlane (1960, p. 16) a attribué un certain nombre d’autres livres d’heures au copiste Hanskin/Johannes de Bomalia puis Brinkmann (1997) a ajouté d’autres .../...
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