ADER. Paris. ENLUMINURES, LIVRES ANCIENS et MODERNES

54 Enluminures et manuscrits Absent de Lacombe. – Bohatta, 827. – Moreau, I, 1506, n° 93 – Claerr, T., Imprimerie et réussite sociale à Paris à la fin du Moyen Age : Thielman Kerver, imprimeur-libraire de 1497 à 1522 (Thèse ENSSIB, 2000), tome II, n° 115 (qui cite l’exemplaire de Venise). – Claerr, T., 2014, p. 330 : « Police « Kerver » Pica Italic : cette italique parisienne est bien dessinée, sans doute la meilleure avant Simon de Colines ». – Tenschert et Nettekoven, Horae B. M. V. : 158 Stundenbuchdrucke der Sammlung Bibermühle, Ramsen, 2014, VI, n° 62.1 : notons que les auteurs retiennent la date de 1516 (et non 1506) pour cette édition, en grande partie fondés sur le fait que pour eux la série de petites gravures employées date des années 1512-1515 et ne se trouvent pas dans les éditions antérieures à 1512 (« Späte Kleinbilder für Kerver », ca. 1512-1515). Vervliet (2008 et 2010) retient la date de 1516 pour cette édition. On notera une autre édition parue chez Kerver avec 104 ff., datée 27 octobre 1506, mais imprimée en caractères romains (Moreau, I, 1506, 92 ; almanach 1506-1530) ; voir Tenschert et Nettekoven, Horae B. M. V. : 158 Stundenbuchdrucke der Sammlung Bibermühle, Ramsen, 2014, VI, n° 60.4 : édition Paris, T. Kerver, 4 mai 1512, almanach 1506-1530. Exemplaires recensés : Venise, Biblioteca nazionale Marciana [d’après Renouard/Moreau, ICP, I, 1506, 93] ; Rome, Biblioteca nazionale, 69.3 A 29 ; Amsterdam, University Library, 974 C 22 ; Tenschert et Nettekoven, VI, n°62.1. Aucun exemplaire recensé dans les bibliothèques en France. Sur ce caractère italique employé par Kerver, voir Vervliet, 2010, n° 261 : « The ‘Kerver’ Pica Italic [It 79] or Cicero (1516) ». Cet ouvrage semble contenir l’une des premières occurrences du caractère italique à Paris [en 1512 par Le Rouge, puis en 1514 par Kerver, et celle-ci en 1516 par Kerver qui serait la troisième occurrence]. L’italique est un style typographique inspiré par l’écriture cursive et dont les caractères sont typiquement inclinés vers la droite. Il s’oppose à la typographie en romain dont les caractères sont généralement droits. Dans la présente édition aucune majuscule n’est inclinée : il faudra attendre Claude Garamond pour que les majuscules italiques soient inclinées comme les minuscules qui les accompagnent. Les caractères italiques, appelés au début « lettres vénitiennes » ont été introduits en France au XVIe siècle, principalement à Lyon, sous l’influence de l’imprimerie italienne et des typographes comme Claude Garamond. Alde Manuce à Venise est le premier à employer le caractère italique dans ses impressions, ce qui a concouru à la renommée de ses éditions de petit format et connu un immense succès. Cette typographie inédite, outre le fait d’être très lisible, permettait de gagner de la place et d’économiser du papier. On accepte généralement que l’édition de Virgile, Venise, 1501 présente la première utilisation des caractères italiques, créés par le graveur et orfèvre Francesco Raibolini (Francesco Griffo) pour le compte de Alde Manuce (exemplaire : BnF, Réserve des livres rares, RES P-YC-1265). Immédiatement, un libraire lyonnais d’origine florentine, Balthazar de Gabiano copie ce caractère dont il se sert pour imprimer des répliques des éditions vénitiennes (par exemple : Catulle, Lyon, B. Gabiano, 1502 ; voir D. J. Shaw, « The Lyons Counterfeit of Aldus’s Italic Type : A New Chronology », in The Italian Book 1465–1800, Londres, 1993, pp. 117–133, n°9). Par la suite, Gabiano contrefait de nombreuses autres éditions aldines. C’est par ces contrefaçons, sans doute plus que par les éditions originales, que le public français découvre et adopte le caractère cursif aldin. Le succès est « total et irrésistible » (M. Audin), et l’italique connaîtra à Lyon une grande fortune, puisque plusieurs imprimeurs, tels Sébastien Gryphe et Étienne Dolet, publieront des collections entières d’éditions composées exclusivement en italique. À Paris, il est généralement admis que l’imprimeur Simon de Colines imprime le premier en caractères italiques dès 1528 (Juvénal, Paris, Simon de Colines, 1528 ; Lucain, Paris Simon de Colines, 1528) [Renouard, Bibliographie des éditions de Simon de Colines, Paris, 1894, pp. 125-126] pour les textes latins : « The occurrences of Italic in France were rare and sporadic until Simon de Colines sponsored it in 1528 » (H. Carter, A View of Early Typography (1969), rééd. Londres, 2002, p. 117). Puis, dès 1533, R. Jimenes souligne le rôle pionnier de Simon de Colines dans l’utilisation de caractères italiques pour l’impression de textes français (Jimenes, 2020). Toutefois, les travaux de Vervliet ont recensé l’emploi de caractères italiques bien avant 1528 et ce dès 1512 (Vervliet, 2010, n° 258, Paris, Le Rouge, 1512 ; n° 275, Paris, Le Rouge, 1513). Le premier emploi par Kerver de caractères italiques se remarque dans des Heures, Paris, T. Kerver, 1514 [Moreau, II, 1514, n° 872] (Vervliet, 2010, n° 231 : « The ‘Kerver’ Bourgeois Italic [It 62] or Gaillarde (1514) »). À noter que l’on ne conserve pas de témoin répertorié et ce caractère italique de 1514 employé par Kerver est connu d’après Murray, 1910, I, n° 268. Dans son ouvrage, The Palaeotypography of the French Renaissance., vol. 2, 2008, Vervliet consacre un chapitre « Early Paris Italics, 1512-1549 » (pp. 287-289). Au sujet du « Kerver Pica Italic », Vervliet indique : « A well designed Parisian Italic, the best of those before Colines…I do not know who engraved this type. Its regularity and smoothness suggest that it was not the work of a minor master ». Après l’emploi du caractère italique par Kerver en 1514 (aucun témoin conservé), l’imprimeur propose une deuxième impression en 1516. Avec la présente édition .../...

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