148 On sait aujourd’hui que ces reliures étaient destinées aux membres de l’une ou l’autre des congrégations religieuses fondées par Henri III, la présence du blason de France et de la devise royale s’expliquant par les relations privilégiées qui liaient les membres de ces confréries à leur fondateur. « Il s’agit généralement de reliures en maroquin de qualité, à décor de fanfare vide, autrement dit dont seule la structure de rubans entrelacés des décors aux petits fers a été tracée sur les plats, les compartiments restant vierges de tout ornement à l’exception de l’ovale central le plus souvent orné d’un médaillon à signification religieuse ; elles portent en outre sur le dos à décor analogue un crâne, le petit blason aux armes de France et la devise Spes mea deus. « […] On note dans cet ensemble une série particulièrement élégante de volumes de petit format imprimés au plus tard en 1587, presque tous reliés en maroquin brun ou olive, à décor doré, dont l’unité décorative tend à prouver que l’ensemble fut exécuté au même moment : une composition toujours unique de compartiments vides, avec dos à décor analogue et, au centre des plats, un petit médaillon de la Crucifixion à bordure perlée terminée par une petite croix » (F. Le Bars, in Henri III, mécène des arts, des sciences et des lettres. Paris, 2006, pp. 245-246). Le caractère exceptionnel de cet exemplaire, imprimé sur peau de vélin et à décor argenté (et non doré), permet toutefois d’envisager, malgré l’absence des armes au plat inférieur (cf. Le Bars, op. cit.), qu’il s’agisse de l’exemplaire personnel du roi Henri III. Brunet ne cite de cette édition qu’un seul exemplaire sur peau de vélin, en maroquin bleu, provenant de La Vallière, peutêtre le même que l’exemplaire unique cité par Van Praet, acquis par la Bibliothèque Royale en 1824. Belle impression en rouge et noir due à Alex Mettayer, imprimeur du roi Henri III, qui exécuta différents livres liturgiques à l’usage de ce prince. Gravure sur cuivre en médaillon ovale sur le titre, répétée au début du texte, montrant le roi David en prière. Inscription manuscrite ancienne au premier contreplat. Manquent les gardes. Provenance : Bulletin Morgand, 1887, n° 13583, avec reproduction : « Précieux exemplaire du roi Henri III. Conservation parfaite » ; Madame Poullier-Ketele (1924, n° 93) ; Cortland Bishop (1948, n° 176), avec ex-libris : “ Printed on vellum for king Henri III “ ; R. Esmerian, 1972, n° 103, avec ex-libris : « Exemplaire du roi Henri III » (citant l’exemplaire du Bulletin Morgand, la notice du catalogue parle d’un « exemplaire semblable », mais la reproduction du Bulletin montre sans aucune ambiguïté qu’il s’agit bien du même exemplaire). Acquis par Émile Rossignol en 1972, à la vente Esmerian. Brunet, IV, 940 ; Van Praet (VI, Supplément, 1828, n° 213 bis) ; G.D. Hobson. Les reliures à la fanfare. Londres, 1935, p. 57, n° 234 (dans la liste de 40 reliures à compartiments vides) ; A. Hobson et P. Culot. La reliure en Italie et en France au XVIe siècle. Bibliotheca Wittockiana, 1990, n° 62. L’exemplaire a figuré à l’Exposition de reliures de Baltimore, 1967, n° 331. 50 PLATON. Opera omnia quae extant ex latina Marsilii Ficini versione, nunc multo accuratius quam antea cum Graeco contextu collata et quam plurimis locis emendata. In hac editione ad Ficini argumenta accesserunt perpetuae notae marginales cuiusque disputationis summam et scopum brevieter indicantes. S.l. (Genève), apud Jacobum Stoer, 1592. Trois volumes in-16, reliures de l’époque en maroquin rouge, sur les plats, bordure de palmes et de feuillages encadrant un grand panneau central orné d’un décor à répétition de médaillons contenant sept espèces différentes de fleurs avec au centre un médaillon ovale de plus grande taille portant les armoiries du possesseur au premier plat et sa devise Expectata non eludet entourant un pied de lys à trois fleurs au second, dos lisses ornés de même, tranches dorées, étuis. 20 000/25 000 € Belle et rare édition des œuvres de Platon dans leur version la plus recherchée, celle traduite et commentée par Marsile Ficin. Publiée dès 1484, cette œuvre du grand humaniste réalisait la synthèse entre platonisme et christianisme, ouvrant ainsi la voie à la philosophie néo-platonicienne qui marquera toute la vie intellectuelle de la Renaissance. Portrait en médaillon de Platon gravé sur bois sur les titres des trois volumes. Superbe exemplaire de Pietro Duodo (1554-1611) recouvert des reliures caractéristiques de sa bibliothèque.
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