67 BRANCUSI Constantin. 15 LETTRES AUTOGRAPhES SIGNÉES à FLORENCE MEYER. Paris, 1933-1947.
15 Lettres autographes à l’encre en français signées par Constantin Brancusi adressées à Florence Meyer. 11 pages
in-4, 6 pages in-8 et 7 pages in-12 et trois billets sur papier bleu adressés pour la plupart de Paris, impasse Ronsin Paris XV
e
.
35 000/45 000 €
Importante correspondance adressée à Florence Meyer, danseuse américaine, également célèbre pour ses portraits photographiques aussi
bien d’acteurs que d’artistes. Elle fut l’amie entre autres de Man Ray et photographia bien sûr Brancusi. Elle quittera l’Europe pour s’ins-
taller à Los Angeles à la suite de son mariage avec l’acteur Oskar homolka.
Florence Meyer fut l’amie proche et la confidente de Constantin Brancusi, Brancusi se surnommant et signant Morice III, Florence Meyer
nommant ses deux fils Morice I et Morice II.
Le sentiment amoureux envers Florence Meyer est toujours sous jacent de la part de Brancusi.
Dans cette correspondance Brancusi fait part de ses travaux, de ses soucis, de son état de santé, de sa vie parisienne, mais aussi de sa
relation très amicale avec Marcel Duchamp …
« si je t’ai écrit un peu laconiquement c’est que je suis dans un tourbillon de travail, je t’ai
envoyé un paquet de photos à l’adresse de ton école de danse… ici il fait un temps de chien, j’allume le feu, le matin maintenant à la danse
pense chère Florence que l’art n’est pas une chose facile, de bon plaisir, mais une nécessité qu’on arrive à donner qu’avec beaucoup de
patience et du travail méthodique et continu »… « Tu as parfaitement raison de dire que les danseurs sont des phénomènes et non les
résultats d’un développement. Et dans tous les arts c’est exactement pareil, l’école n’enseigne que ce qu’on sait. Le chemin en avant est
inconnu. Mais nous le continuons malgré nous étant poussés par une nécessité nouvelle. Et c’est à cette nécessité que j’ai pensé quand
j’ai dit que nous devons faire ce qu’il faut faire, pas ce que le bon plaisir peut nous amener à vouloir faire. Et cette nécessité profonde qui
nous tourmente constamment est comme une pierre précieuse, brute, que pour mettre en valeur il faut la travailler avec patience et
méthode. » …
… « Je suis en train de faire ma valise. Mon ami Duchamp est parti en avant pour aller chercher un petit trou dans le pays où on fait les
châteaux » … « Je suis encore à Paris, Caramba ! Le voyage en Espagne, n’a pas voulu me donner le visa pour le passeport »… « Je ne
passe qu’un jour à Bucarest et je suis maintenant dans les Carpates où j’étudie dans une usine la possibilité de faire une chose en métal. »
… « Je viens de voir Duchamp qui arrive de l’Amérique et il me dit qu’il n’y a pas de sucre en Amérique et je regrette de t’avoir dit de
m’en envoyer » … « Je suis content que tu aimes le croquis que j’ai fait de toi. Je vais voir comment je vais faire pour te l’envoyer car on
empêche les œuvres d’art pour sortir de France et surtout que je suis sur la liste de nationalisation. Tu l’auras sans faute et d’autres autant
que tu voudras. D’ici je ne saurais que te dire car depuis la guerre je vis en ascète, mais avec les chaussures que tu m’as envoyées je vais
trotter tout Paris pour voir qu’est-ce qu’il se passe. » … « J’ai bien reçu deux pyjamas et une robe de chambre, je te remercie beaucoup
mais c’est autre chose que je voulais, c’est des combines pour le travail comme tu m’as toujours vu habillé ».
(Nous n’avons pas respecté l’orthographe très personnelle de Brancusi, son français étant de toute façon absolument compréhensible).
E
XCEPTIONNELLE CORRESPONDANCE UNIQUE
,
VÉRITABLE CœUR DE LA VIE INTIME ET ARTISTIQUE DE
C
ONSTANTIN
B
RANCUSI
.
20
66 [BRANCUSI Constantin]. BRANCUSI, VERAMOORE ET
SA SœUR. Paris, circa 1933. 8,9 x 7 cm, sous encadrement.
1 500/2 000 €
Tirage argentique d’époque représentant Brancusi, Vera
Moore (à droite) et sa sœur.
Vera Moore fut la compagne de Brancusi à partir de 1931, et
lui donna un fils John.
(très légère trace de pliure à gauche).
66




