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86 BRETON (André). VIE LÉGENDAIRE DE MAX ERNST, PRÉCÉDÉE D'UNE BRÈVE DISCUSSION SUR LE

BESOIN D'UN NOUVEAU MYThE. MANUSCRIT AUTOGRAPhE, Sans date [1942], 5 pages in-4 écrites à l'encre

verte, sous chemise demi-maroquin noir.

6 000/8 000 €

R

EMARQUABLE TEXTE EXTRAIT DU SURRÉALISME ET LA PEINTURE

.

Publié en 1942, ce texte écrit aux Etats-Unis, où s'était exilé Breton, fut recueilli dans l'édition définitive (1965) de Le Surréalisme

et la Peinture.

Pour évoquer son ami Max Ernst et sa peinture, Breton a choisi un ton des plus surréalistes : les deux premières pages sont ainsi

occupées par le récit d'un dîner imaginaire, à New York, entre Breton et le président de Brosses, écrivain du XVIII

e

siècle. Breton en

profite pour lancer quelques piques contre le Collège de Sociologie de Georges Bataille, puis il enchaîne sur Ernst :

… je tiens l'œuvre

de Max Ernst pour grosse de faits appelés à se produire sur le plan réel : qui plus est je crois qu'elle préfigure dans leur ordre les

faits qui se produiront…

Et Breton d'évoquer la vie du peintre, mais de manière très libre et très personnelle. Loin de retracer sa

biographie, il procède par analogies et métaphores, mêlant certains souvenirs de rencontres à l'évocation précise de toiles ou collages

du peintre.

Ce n'est pas en vain que Max Ernst passe pour être né à Cologne sur une des boucles du serpent liquide qui se plaît comme

nul autre à attiser l'épée, le Rhin dans quoi se peignent les ensorcelantes filles aux blonds cheveux sans fin quand nous avons vingt ans…

…Max Ernst regagna au petit jour le réservoir désaffecté où il avait élu domicile

(…)

. Tout du long, à notre hauteur, une femme nue,

au visage recouvert d'un loup, patinait sur place. Le calendrier marquait 1921-22-23.

(…)

Silence. Peu après, Max Ernst se signale

par une réapparition tumulteuse "dans le bassin de Paris". Sous l'aspect d'un gros oiseau, il porte alors le nom de Loplop, dit parfois

"l'hirondelle". Assisté d'une superbe jeune femme, Perturbation, celle qu'il appelle tendrement "Ma sœur la femme 100 Têtes", il se

livre impunément sur la personne humaine aux pires voies de fait…

Evocation de toiles plus récentes (Jardin gobe-avions) :

…Voici

Max Ernst beaucoup plus loin dans le temps, après de Sémiramis. Les jardins suspendus ont été plantés de népenthès géants et

invisibles - le dernier mot de l'art des sièges. Les avions futurs s'y engouffreront comme des mouches, et quelle découverte : le progrès

technique arrêté dans son cours démentiel - la mort déléguée par l'homme ne passe plus… Elle l'a saisi comme un grand tournesol

pour le porter du fond des caves au plus haut sommet de l'être même : l'histoire d'un homme…

Remarquable texte critique d’André Breton, qui évoque toute l'originalité de Max Ernst et de son art.

Manuscrit conforme au texte imprimé.

85

85 BRETON

(André).

LA

TOUR SAINT

JACQUES. Poème objet signé sur carte postale,

circa 1938.

2 000/3 000 €

Dans la préface du catalogue de l’exposition

André Breton au Centre Pompidou en 1991, José

Pierre évoque ce que Breton appelle “le hasard des

rues”.

André Breton choisit la Tour Saint Jacques - qui

sera photographiée à de nombreuses reprises par

Brassaï, reproduite dans le numéro 7 du Minotaure

et à laquelle Breton fait encore allusion dans

l’Amour fou en 1937 - pour illustrer des premières

lignes de son poème « Vigilance » publié en 1932

dans le Revolver à cheveux blancs : « à Paris -

la Tour Saint Jacques chancelante pareille à un tour-

nesol ».

R

ARE DOCUMENT POÉTIQUE

.

Ancienne collection Jacques Brunius