KA-MONDO Paris. BEAUX LIVRES ANCIENS ET DE COLLECTION

N° 50 – Catalogue de vente du 15 juin 2026 18 19 par un nom propre ou le nom de l’air auquel ils se rapportent : « À vous dirais-je maman », « La Polimnie », « La Bonaparte », « Les deux mouchards »… Voir la reproduction. 400 / 600 € 55. [MARINE – GUÉROULT DU PAS (Pierre-Jacob), signé DUPAS]. Suite de six marines. Remarquable suite de marines du « Grand Siècle », gravée par un ingénieur du Roi, offrant une typologie précise de la navigation sous Louis XIV. Paris, chez Pierre Giffart, rue Saint-Jacques, 1708. Suite au format in-8 oblong (feuilles d’env. 140 × 214 mm ; cuivres d’env. 75 × 155 mm). Cartonnage à la bradel en demi-toile prune à coins, dos orné d’une pièce en cuir vert ornée de l’auteur, titre et filets aux fers dorés. Reliure de la fin du XIXe siècle. 6 planches. (Percaline un peu passée. Petit accroc en bordure des deux premières planches) Premier tirage de cette rare suite de 6 planches gravées à l’eau-forte signées en bas à gauche J.G. Dupas, légendées et numérotées (1-6). La première porte la date et l’adresse en marge inférieure : « 1708. Se vend à Paris Chez P. Giffart Ruë St Jacques à l’Image Ste Therefe. Avec privilège du Roy ». La suite est complète et présente une variété de bâtiments (vaisseaux de ligne, galères, bâtiments de charge) saisis dans des cadres portuaires ou en pleine mer : 1. Vue d’un Port de Mer et d’un vaisseau en carène. 2. Vaisseaux mouillés en rade… 3. Vaisseaux en pleine mer 4. Vaisseaux à la Cape aux basses voiles 5. Vue d’un combat et d’un vaisseau 6. Vue d’une tempête. Ingénieur des Ponts et Chaussées, dessinateur de la Marine à Toulon et talentueux graveur au burin, Pierre-Jacob Guéroult du Pas (16541740) se distingue de ses pairs par la clarté de son trait et sa rigueur documentaire. Loin des compositions purement pittoresques, il privilégie l’exactitude technique : ses navires sont représentés dans des situations de manœuvre spécifiques, fidèlement décrites par des légendes précises. Provenance : des bibliothèques de R. Roueil, avec ex-dono manuscrit daté 1887 et d’ André Barrier (Paris 1870 – 1957) grand bibliophile et collectionneur d’estampes avec ex-libris manuscrit daté 1916. André Barrier avec date manuscrite « Décembre 1916 ». Belles épreuves non rognées aux marges généreuses. 500 / 600 € 56. [MINUSCULE] – [JANET (Pierre-Etienne)]. Le nécessaire d’un homme de bien. Rarissime almanach révolutionnaire illustré de 1792 au format minuscule in-124), relié en plein maroquin rouge, orné d’un fer spécial de coq poussé en or aux centres des plats. Paris, Janet, sans date (1792). In-12 (24 × 16 mm), reliure en plein maroquin rouge, plats cartonnés, dos lisse orné, filets d’encadrement sur les plats avec au centre un fer spécial de coq poussé en or, toutes ranches dorées. 62 pages. (Menus défauts d’usage, quelques traces de manipulations) Édition originale, illustrée de 8 figures gravées en taille-douce. Ouvrage imprimé en petits caractères cursives, toutes pages dans un filet d’encadrement. Comprend un recueil de chansons, suivi de devises pour les demoiselles et pour les garçons & d’un calendrier pour 1792. Ouvrage réalisé par l’éditeur Pierre-Etienne Janet (1746-1830), père de Louis Janet également relieur et éditeur. Exemplaire très bien conservé. Voir la reproduction page suivante. 300 / 500 € Manuscrit dactylographié relatant l’internement d’une Allemande catholique en 1940, d’abord à Paris, au vélodrome d’Hiver (le « Vél’ d’Hiv’ »), puis au camp de Gurs, dans le Béarn. Texte jamais édité. Epreuve avec quelques corrections manuscrites. L’auteure débute : « Le « Camp de Gurs » est enfin derrière moi, et devant moi la liberté me tend les bras en m’indiquant les vastes horizons, la solitude, le calme ! Oh, enfin ! Je suis libre ! Je remplis mes poumons d’air pur et je pousse un profond soupir de soulagement. Merci, mon Dieu ! Enfin, je suis redevenue une femme ; je ne suis plus la collectivité ! … ». Exceptionnel témoignage, ce récit poignant anonyme donne voix aux femmes internées de Gurs, entre douleur collective et quête intime de dignité, dans l’une des pages les plus sombres et méconnues de l’histoire française de 1940. 400 / 500 € 53. [MANUSCRIT] – EUDES (Saint Jean). Constitution de NotreDame du Refuge de Caen. Explications sur les règles, constitutions et coutumier des religieuses de Notre-Dame de Charité, tirées des réponses de la bienheureuse Mère de Chantal et des écrits et entretiens du Vénérable Père Jean Eudes, instituteur de cette congrégation. Recueillies par les premières […] de l’ordre et revues par les supérieures et députées, qui ont assisté à l’assemblée générale tenue au monastère de Caen en l’année 1734. S.l., Sans date. (circa 1820). In-4 (300 × 220 mm). Reliure en demicuir de l’époque, dos restauré à la bande adhésive au début du XXe siècle. Conservé dans un double emboîtage de chemise en demi-maroquin brun à coins et étui bordé. 323 pp., 3pp.n.ch., 43 pp., 1p.n.ch. (Dos un peu insolé. Quelques rousseurs et légers transferts) Manuscrit anonyme du XIXe siècle consacré à l’explication des règles, constitutions et usages des religieuses de Notre-Dame de Charité, fondée par le Vénérable Père Jean Eudes (1601-1680), revues, près d’un siècle plus tard, lors de l’assemblée générale du monastère de Caen en 1734. D’après la préface, l’ouvrage a été établi dans un double objectif : l’unification des règles et l’instruction des novices. Ouvrage très intéressant sur l’évolution des règles de cette institution religieuse, qui constituait la base de la vie communautaire et spirituelle des religieuses. Saint Jean Eudes (1601-1680) est une figure centrale du renouveau spirituel français du XVIIe siècle et donne son nom au culte du SacréCœur : l’eudisme. Prêtre oratorien, missionnaire infatigable, il est surtout connu comme fondateur de la Congrégation de Jésus et Marie (les Eudistes) et des Instituts des Sœurs de Notre-Dame de Charité. Notre-Dame du Réfuge est l’une des premières fondations féminines de Jean Eudes. Cette œuvre fut conçue pour le relèvement des « filles repenties », c’est-à-dire des femmes en détresse morale et sociale, souvent anciennes prostituées, que l’Église et la société de l’époque cherchaient à réintégrer par une vie chrétienne et protégée. 500 / 600 € 54. [MANUSCRIT] – Musique du régiment de S.A.S. le Prince de Condé. Précieux recueil manuscrit des principales musiques, marches et airs à l’usage du régiment du Prince de Condé. In-8 carré (163x190mm), 23ff., reliure plein maroquin rouge, plats encadrés d’une large frise dorée à la roulette, le supérieur frappé au centre « Régiment de S.A.S. M.G. le Prince de Condé », dos lisse à faux nerfs et fleurons dorés, gardes renouvelées. Les 23ff. du recueil sont montés sur onglet, les 4 premiers ainsi que le dernier présentent des restaurations en marge intérieure. Il est à noter que le cahier des feuillets est désolidarisé de la reliure ; la cause est à trouver dans la mauvaise qualité des gardes en papier à pâte de bois, probablement début XXe sièclee siècle. Intéressant recueil manuscrit réalisé à l’encre bistre sur papier vergé filigrané « Pro Patria » (largement répertorié sous l’appellation « à la palissade », provenance : Hollande ; utilisé dès le XVIIe et jusqu’à la fin du XVIIIe siècle). Un rapide examen permet d’isoler 64 morceaux, répertoriés tantôt par le nom de leur forme musicale (valse, marche, contredanse) tantôt 50. [MANUSCRIT] – [MUSIQUE]. Recueil d’airs de société par les auteurs les plus modernes (1776). Charmant recueil manuscrit d’airs de salon en vogue à la fin du XVIIIe siècle. Manuscrit in-8 (200x160mm) ; plein veau glacé havane, dos muet à 5 nerfs, caissons dorés aux petits fers, plats encadrés d’un double filet doré, tranches rouges (reliure de l’époque). [1f.] 129pp. [3ff.] (Épidermures, mors et dos craquelés, petite fente d’1cm en tête de mors du premier plat, coins supérieurs émoussés) Le manuscrit est réalisé à l’encre bistre de différentes mains sur papier vergé filigrané « Pro Patria ». Il alterne des feuillets de texte contenant paroles et couplets de chansons sur des airs populaires simplement mentionnés, et des feuillets de portées musicales comportant le texte. Si la plupart des mélodies et des paroles sont anonymes, certaines sont attribuées à des noms célèbres tels que Favart, Boufflers, Rameau, Philidor, Gretry, Monsigny, Beaumarchais, etc. La table manuscrite en queue de volume mentionne 50 airs consignés. Provenance : Alfred Cortot (ex-libris et tampon humide) ; considéré comme l’un des grands interprètes français, il fut principalement pianiste et chef d’orchestre. Pédagogue renommé, il fut un des fondateurs de l’École normale de musique de Paris. Il réunit durant sa vie une très importante bibliothèque musicale, et donna son nom à une salle parisienne toujours en activité. Voir la reproduction. 300 / 500 € 51. [MANUSCRIT] – [THÉÂTRE]. Journal d’une comédienne à la fin du XIXe siècle, illustré par la photographie. Manuscrit, 1875. Petit in-8 (150x100mm), demi basane à coins, plat supérieur légendé de 3 initiales « P. R. L. », d’une citation « Il est un tas de vieilles choses… », du titre « Concours Conservatoire / Début Vaudeville » et des dates « Paris, 4 Sept 1875 – 4 Sept 1905 », tranches dorées. [1f.] 80pp [1f.] , les p.64 à 80 sont demeurées vierges ; 7 photographies sépia contrecollées, 2 brochures de pièces truffées (« Le Glorieux » de Destouches ; « Une fille d’Ève » de Deslandes et Bocage), 1 portrait gravé de Régnier de la Comédie-Français glissé. Le corps du journal est composé de 40ff. de parchemin, rédigé à l’encre noire avec une belle graphie évoquant celles de Pierre Louÿs ou Marceline Desbordes-Valmore, des dessins parsèment les pages faisant office d’encadrement des photographies ou des titres de parties dans un goût préfigurant l’Art Nouveau. Une grande photographie en p.4 représente le Grand Théâtre de Bordeaux, tandis que les autres plus petites au format carré représentent des devantures et portes de bâtiment, dont l’un est clairement identifié comme le Théâtre du Vaudeville du boulevard des Capucines – aujourd’hui cinéma Gaumont-Opéra. Relativement au contenu, le journal semble couvrir – rétrospectivement – les 2 premières années (1875-1876) de carrière d’une comédienne, et plus précisément deux événements majeurs : le concours du conservatoire et le premier engagement au Théâtre du Vaudeville. Il renferme des reproductions d’articles de journaux faisant compte-rendus des concours, un calendrier de représentations, ainsi que plusieurs citations de poèmes ou de livres ; un poème de Rosemonde Gérard, la préface d’Arsène Houssaye à un livre intitulé « Confessions d’une cantatrice » ainsi que des extraits de ce dernier, signé A. Reney Lebas. Les initiales de cette signature, associées à celles d’un des comédiens de la pièce « Une fille d’Ève » joint au journal (Paul Reney, en alternance avec A. Lebas) pourraient indiquer que ces deux personnes se marièrent et firent une Mme Paul Reney Lebas, qui correspondrait aux initiales du plat de reliure… Un émouvant jeu de piste à continuer d’élucider ! 200 / 400 € 52. [MANUSCRIT] – « Des femmes derrière le fil barbelé ». Récit glaçant d’une femme allemande internée en 1940 au Vél’ d’Hiv, puis au camp de Gurs, dans le Béarn. S.l., [vers 1945]. In-folio (314 × 213 mm). Reliure postérieure en demitoile ; dos lisse orné du titre aux lettres noires, tranches mouchetées rouges. 1 p.n.ch., 91 taspuscrites paginées. 50 54

RkJQdWJsaXNoZXIy NjUxNw==