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«Dans ces

Adonides,

la verve, la faconde, la trouvaille ininterrompue de Prévert, les voici réduites à de fragiles éclats, à de

bouleversants appels. Mais écrits de sa main, à l’encre noire sur de l’Arches blanc soulevé par des figures estampées à sec. Sur ces

reliefs manuscrits, Miró revient plusieurs fois, à la pointe, à l’eau-forte, à l’aquatinte, et aboutit à quarante-cinq gravures, qui ne

sont ni des illustrations ni des enluminures, mais plutôt une écriture parallèle, avec l’épaisseur sémantique et symbolique d’un

palimpseste, jour après jour soulevé. Un travail complexe, une œuvre d’une simplicité désarmante. Un dessin très vibrant, des

couleurs pures en aplats, en halos, en vaporisation. Une lecture gravée du texte, qui n’hésite pas à le traverser, à l’interpeller, à le

prolonger au-delà des marges. Une mise en mouvement, en espace, d’une force et d’une retenue extrêmes. Jamais comme dans ce

livre il n’a mieux rebondi, inventé, dansé, approfondi, et créé, sans lourdeur, un ouvrage monumental, mesure de la justesse d’un

désir et d’une amitié » (Jacques Dupin,

Miró

, p. 428).

Tirage à 225 exemplaires sur papier vélin d’Aches, plus quelques exemplaires nominatifs, signés par le peintre et l’éditeur et

comprenant la reproduction de la signature de Jacques Prévert qui mourut avant la fin de l’impression de l’ouvrage. Un des 200

numérotés en chiffres arabes.

Exemplaire parfaitement conservé.