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histoire
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FRÉDÉRIC II
(1712-1786)
Roi de Prusse.
L.A.S. « F. », [Potsdam octobre 1752, à VOLTAIRE] ; 3/4 page
in-4 (légères fentes réparées).
8 000 / 10 000 €
Belle lettre à Voltaire sur le
Dictionnaire philosophique.
« Si vous continuéz du train dont vous alléz le Dictionnaire sera fait
en peu de tems. L’article de l’ame que je resois est bien fait celui du
batheme y est superieur, il ni touche pas, il semble que le hazard vous
fait dire ce qui pourtant est la suite d’une meditation. Votre dictionnaire
imprimé je ne vous conseille pas d’allér a Romme, mais qu’importe
Rome, Sa Sainteté, l’Inquisition et tous les chefs imbûs des ordres
ireligieux qui criront contre vous, l’ouvrage que vous faites sera utile
pour les choses et agréable par le stile, il n’en faut pas davantage.
Si l’amme de vos nerfs demeure dans un état de quietude je serai
charmé de vous voir a ce soir, sinon je croirai qu’elle se vange sur
votre corps du tord que votre esprit lui fait. Ce quil y a de sur c’est
que je ne crois pas que moi ni persone ne soit double, les grands
en parlant d’eux dissent nous, ils ne s’en sont pas multipyéz pour
cela, metons la main sur la confiance et parlons franchement, et lon
avouera de bonne foy que la pensée et le mouvement dont notre
corps a la faculté sont des atributs de la matiere animée formée et
organisée comme l’homme »…
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FRÉDÉRIC II
(1712-1786)
Roi de Prusse.
L.S. « Frederic » avec 6 lignes autographes, Ruppin 6 mai
1735, à Samuel von MARSCHALL, ministre d’État ;
1 page in-4 ; en allemand.
500 / 700 €
[En conflit permanent avec son père le Roi-Sergent Frédéric-Guillaume
I
er
, le futur Frédéric II vit au château de Ruppin, dans le Brandebourg,
entouré de beaux esprits et de beaux jeunes gens. Il s’adresse ici
au ministre d’État de son père, le baron Samuel von MARSCHALL
(1683-1749).]
Il remercie le ministre de ses efforts pour satisfaire à ses désirs
concernant les recrues (« Recruten »). Il est persuadé qu’il fera de son
mieux pour recruter de jeunes gens aux qualités physiques certaines
(« daß ich denselben versprochener maaßen erhalten möge »). En
post-scriptum, il lui fait entièrement confiance pour en obtenir d’autres,
car jusqu’à ce jour il n’a qu’un seul homme sur la liste…
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FREDERIC IV
(1574-1610)
comte palatin.
Lettre manuscrite (minute ou copie d’époque), Heidelberg 28
août 1593, à HENRI IV ; 2 pages et demie in-fol.
700 / 800 €
Importante lettre au sujet de la prochaine conférence de protestants
français à Mantes.
[Le Roi avait abjuré le culte réformé un mois plus tôt. La conférence
de Mantes aura lieu de novembre 1593 à janvier 1594.]
Il approuve sa décision de « convoquer une grande assemblée
des princes seigneurs officiers de sa couronne et autres notables
personnages d’une & d’autres religion, pour regarder ensemblement
a ce qui est de la religion et de l’Estat »… Cette consultation dans le
but de soulager ses sujets est une nouvelle si agréable, qu’il prie Dieu
« quil luy plaise tellement présider par son Esprit au milieu de lad.
assemblée que l’Esprit en soit à sa gloire – au bien des Eglises des
français si long temps affligées, et au contentement tant des uns que
des autres, a ce que […] nous puissions bien tost voir la fin d’une si
longue et tant dommageable guerre, ne doubtant point au surplus
que V.A.R. ne tasche de faire en sorte que l’exercice libre de la vraye
& chretienne religion, soit ni plus ni moins promis a ceux qui en font
profession, comme aux Papistes de la leur, chose qui sans doubte
comblera son Royaulme de tout heur »… Il l’invite à considérer l’heur
et le bien du Saint-Empire, depuis tant d’années, pour avoir accepté
la pacification de la religion… Il regrette le rappel de l’ambassadeur
Pierre Canaye du Fresne, qui cependant « pourra infiniment servir
en cette assemblée »…
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