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D’un studio l’autre … donner à rêver
« Au début du cinéma, il y avait une toile de fond, quelques silhouettes et un
premier plan. Comme la caméra n’avait qu’un œil, il n’y avait pas de relief,
ça marchait très bien … C’est surtout après 1918 qu’on a pu construire des
décors en volume…
» (Max Douy, extrait d’un entretien, 1994)
Après des études au Collège Stanislas, où l’on remarque ses dons pour le
dessin, Max Douy est engagé en juillet 1930, comme
‘’grouillot’’
, par Jacques
Colombier aux studios Pathé-Natan de Joinville, dans l’équipe qui construisait
des décors de Cinéromans. Né le 20 juin 1914 à Issy-les-Moulineaux, il avait
seize ans. En se souvenant de cette époque, il écrira, non sans modestie :
« Je
n’ai jamais été ouvrier. J’étais au crayon… ».
Il ne lui faudra que peu d’années pour devenir assistant-décorateur. En 1932
ce sera avec d’Eugène Lourié, lors du tournage de la Règle du Jeu de Jean
Renoir. Et il va bientôt travailler avec les plus grands, apprenant son métier avec
Jean Perier, Lazare Meerson et d’autres.
En 1942 il signe ses premiers décors pour Dernier atout. Pendant la guerre
il va continuer à travailler clandestinement avec Trauner, devenu invisible, sur
Lumière d’été et Le ciel est à vous (Grémillon, 1942 et 1943)
‘’Quand on a tourné
pendant l’Occupation ‘’Lumière d’été’’, Trauner avait dessiné les maquettes,
caché à Tourette, et moi j’étais chargé avec Barsacq de réaliser les décors… ».
À la Libération se profilera devant lui une longue carrière de chef-décorateur
et directeur artistique. Sur près de quarante ans on le trouvera aux décors
d’une longue série de réalisations dont quelques unes resteront parmi les films
mythiques de l’après-guerre :
La Règle du jeu, Quai des Orfèvres, l’Auberge
rouge, le Blé en herbe, French-Cancan
et
la Traversée de Paris
. Il collabora en
particulier de façon suivie avec Claude Autant-Lara et Jean-Paul Le Chanois.
Max Douy réalisa également les décors de nombreuses pièces de théâtre dont
Huis clos
de Jean-Paul Sartre, en 1944 et
Six Hommes en question
de Frédéric
Dard et Robert Hossein, en 1963.
Max Douy décède à l’âge de 94 ans, en 2007. Son frère, Jacques Douy, né en
1924, également décorateur, a été son assistant sur de nombreux films dont
L’Auberge rouge
(Claude Autant-Lara, 1951),
Le Blé en herbe
(Claude Autant-
Lara, 1953),
French-Cancan
(Jean Renoir, 1954), et tant d’autres …
En 1949, Max Douy obtint le prix du Meilleur Décor au festival de Cannes, pour
Occupe-toi d’Amélie
et le César des meilleurs décors en 1981 pour
Malevil
, de
Christian de Chalonge.
MAX DOUY… DÉCORS DE CINÉMA




