Previous Page  120 / 268 Next Page
Information
Show Menu
Previous Page 120 / 268 Next Page
Page Background

429

428

118

les collections aristophil

428

DARIEN Georges (1862-1921).

L.A.S. « Georges Darien », Londres 1

er

octobre 1897, à

Pierre-Victor STOCK ; 4 pages petit in-4 (trace d’onglet).

1 000 / 1 200 €

Importante lettre à son éditeur, fixant les conditions de publication

de son roman

Le Voleur

, qui sera adapté au cinéma par Louis Malle

.

« Je n’ai jamais douté de vous, mais sans doute me suis-je trompé

sur les gens qui ont accès auprès de vous […]. Le principal est que

vous ne teniez aucun compte des opinions des autres sur moi. Je ne

cherche ni à vous tromper, ni à essayer de vous passer de mauvaise

copie pour de la bonne ; je ne demande qu’une chose : c’est que

nous puissions faire des affaires […] Je n’éprouve aucun embarras […]

à déclarer que

Le Voleur

est un livre remarquable ; je le pense et je

n’ai pas de fausse modestie. Mais c’est surtout un livre remarquable

quant à ses possibilités de vente. […] Voyez-vous comme j’ai placé,

par-ci par-là, d’adroites amorces pour des romans subséquents ? »…

Il pense avoir réuni dans ce livre tous les éléments du succès, ainsi

que dans les suivants : « Ce sera de plus en plus fort. En deux ans,

si je suis bien secondé, je puis certainement arriver à avoir la plus

grosse vente de Paris et à réduire le succès des Zolas et des Daudets

à des proportions infimes »… Darien compte sur son éditeur pour

un « lancement habile » : « peut-être pourrai-je vous indiquer de

quelle façon on procède ici et en Amérique. Il y a bien des choses

en prendre là, je crois »… Quant aux conditions de publication, il

n’y a selon lui rien à débattre car celles qui étaient stipulées dans

le contrat signé pour

Biribi

devaient être applicables au prochain

roman : « Je vous ai envoyé mon manuscrit sur la foi de ce contrat

et nous nous y tiendrons, je le préfère. […] Du reste, je n’aurais pas

accepté de conditions inférieures à celles qui y figurent ». Seule reste à

déterminer la question de la date de parution, qu’il souhaite immédiate,

ne pouvant imaginer que le succès d’un livre publié en automne soit

amoindri « par les déballages du jour de l’an ». Selon lui, ce n’est pas

la critique qui fait vendre un livre, mais les chroniqueurs et surtout

la publicité orale, qui « ne s’arrêtera pas devant les étalages de fin

décembre »… Son manuscrit sera fin prêt le 25 octobre au plus tard,

et il renonce à la correction si elle doit représenter une trop grosse

perte de temps : « Les libraires ne renverront pas le livre s’il se vend

bien, et il se vendra bien, j’en suis sûr. – Je ne puis pas, absolument

pas, remettre la publication à février, c’est pour moi une question

vitale. […] Cette publication est une condition

sine qua non

de la

réussite de projets que je suis sur le point de réaliser ». Il ne peut lui

donner davantage de détails. Il le prie de croire qu’il ne met là aucune

mauvaise volonté et que les désagréments éventuellement causés

par cette parution précoce seront compensés par la publication de

son prochain roman dès avril. Par ailleurs le contrat signé engageait

l’éditeur à faire paraître le livre dans les trois mois suivant la remise du

manuscrit… Il termine en listant à nouveau les trois points principaux

de sa lettre et lui annonce d’ores et déjà un projet d’adaptation

« dramatique » du

Voleur