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les collections aristophil

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LAMENNAIS Félicité de (1782-1854).

manuscrit autographe signé « Lamennais », [7 mars

1848] ; 2 pages et demie petit in-4, sur 3 feuillets montés en

cahier par un onglet.

500 / 700 €

Article célébrant la fondation de la République

.

[Cet article figurera en “Premier-Paris” du n° 10 du journal

Le Peuple

constituant

, le 7 mars 1848. Le manuscrit présente des ratures,

corrections et additions, ainsi que des marques d’imprimeur.]

« Un caractère bien remarquable de la révolution qui vient de rendre

la France à elle-même, est d’avoir effacé soudainement toutes les

dissidences entre les hommes qui placent le pays et ses grands intérêts

avant tout. Ils ont compris que les partis, naguères encore si animés,

n’appartenaient plus qu’au passé, et qu’une ère nouvelle commençait,

à l’entrée de laquelle tout ce qui divise devait s’arrêter, pour que rien

ne troublât le magnifique développement de l’avenir. Par un bonheur

providentiel et unique dans l’histoire, il s’est trouvé qu’il n’existait

visiblement qu’une voie de salut, la voie ouverte par le peuple et où

l’a poussé un instinct divin. Législateur inspiré, il a résolu tous les

problèmes en en résolvant un seul. En jetant ce cri, la République !

il a résumé toutes les conditions aujourd’hui possibles de l’ordre, de

la paix, de la liberté, il a proclamé la loi de vie. Et la France entière l’a

senti, et du Midi au Nord, de l’Est au Couchant, des millions de voix

répètent unanimement ce cri sauveur : La république ! »… Lamennais

rejette les trois autres hypothèses : l’Empire, une troisième Restauration,

la Régence d’un Orléans. La République est « le souverain intérêt de

tous, l’unique garantie de l’ordre comme de la liberté sans laquelle

désormais nul ordre, l’expression de tous les droits, le centre de tous

les devoirs, la source féconde des biens auxquels les peuples aspirent,

le sacré berceau du Dieu naissant qui règnera sur le monde »…

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LONDRES Albert (1884-1932).

L.A.S. « Albert », Shanghai 11 mars [1932], à des dames ;

3 pages in-8, sur papier à vignette et en-tête des

Hongkong

& Shanghai Hotels

(légères rousseurs sur la dernière page).

1 000 / 1 500 €

Rare lettre de son dernier reportage, au retour duquel il trouvera

la mort

.

[Albert Londres est depuis janvier 1932 en Chine, afin de couvrir la

guerre sino-japonaise pour

Le Journal

, à qui il envoie ses reportages

par câble en février et mars. Lors de son voyage de retour, il meurt

le 16 mai dans l’incendie de son paquebot, le

Georges Philippar

, au

large d’Aden.]

Il a reçu de leurs nouvelles. « En ce qui me concerne j’ai fini la guerre.

Je pars demain pour Nankin, Pékin, Moukden. Après je descendrai

à Hancheou où j’irai voir ce pauvre petit. De là je monterai dans le

Setchouen jusqu’à Tsonking [Chongquin] et je viendrai m’embarquer

à Shanghai. Je vais être bousculé. J’ai perdu 5 ou 6 jours ici, mais je

devais attendre l’apaisement. Donc, si rien de nouveau, […] j’embarquerai

à Shanghai le 23 avril sur le

Georges Philippar

et j’arriverai à Marseille le

26 mai au matin. Venez m’attendre […] Demandez pour cela de l’argent

à Carbuccia ou à Paul Erro directeur rédaction journal ou à Albin

Michel, les trois sont prévenus […] J’ai vu les dix premiers numéros du

Journal

. Je n’étais pas parti pour ce travail, mais enfin c’est fait et les

intéressés en semblent enchantés. Ce sera une préface improvisée

pour le morceau de résistance. Je me mettrai au travail – que j’aurai

préparé sur le bateau – immédiatement en arrivant pour avoir fini

début août. Où irai-je travailler, je ne sais. Sans doute n’irai-je pas de

Marseille à Paris où je perdrais du temps, enfin nous verrons. Je suis

content de quitter Shanghai où la vie est impossible, trop de diners,

trop de cocktails »… Il reprend sa lettre, une semaine plus tard, le 18

mars : « J’envoie cette lettre de Pékin où je suis depuis 2 jours. Je

vais monter en Mandchourie. Je verrai le pauvre petit vers le 10 avril.

[…] Tout va pour le mieux ».

On joint

une lettre de Florine ALBERT-LONDRES adressée à un « cher

maître », Vichy 15 mai (1 pages et demie in-4).