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1
ère
Vente aux Enchères
– Genève,
27
novembre
2018
aide aux plus démunis, puis, en 1633, avec Louise
de Marillac, la
Compagnie des Filles de la Charité
qui deviendra la
Compagnie des Filles de la Charité
de Saint-Vincent de Paul
. Louise de Marillac sera
béatifiée en 1920 et canonisée en 1934.
Pendant l’hiver 1649, Saint Vincent de Paul séjourne
au lieu-dit
« le Petit Frenneville »,
à Valpuiseaux
(Essonne), dans une ferme que sa congrégation a
reçue de la marquise de la Herse. Monsieur Vincent
porte secours aux habitants durement éprouvés
que les troubles de la Fronde ont réduits à la misère.
La chapelle Notre-Dame de Varennes où il célébrait
la messe est devenu un lieu de pèlerinage.
Les documents autographes de Saint Vincent de
Paul sont rares.
« La grâce de notre Seigneur soit avec vous pour
jamais. Je suis encore à Fréneville, où ce temps si
froid m’a surpris à l’occasion de la fête
que j’y ay
voulu passée pour aider à disposer ces bonnes
gens pour se donner à Dieu afin quil luy plaise leur
faire la grâce de faire bon usage des afflictions
qu’ils attendent
.
Nos chères sœurs me paraissent de plus en plus, plus
unies et aimant leur vocation et s’en acquittant bien,
Dieumercy. Elles donnent de leur pain … le fermiermet
de l’orge dans le sien, cela est venu de leur charité,
nous leur donnerons du blé en retour…elles nous ont
aussi envoyé des pommes que de bonnes gens leurs
ont données. Elles se confessent à Mr Le Gros
[Jean-
Baptiste Le Gros (1614-1655), prêtre à Saint-Lazare
depuis juin 1644, il a prononcé ses vœux en 1646]
depuis le temps qu’elles ont assisté à quelques unes
des nôtres et ont fait de même à nous depuis qu’elles
ont été à Mr Le Gros…ce qui me paraît bon.
Je vous trouve bien courageuse de tenir ainsi bon dans
votre maison. L’on parloit du fou autrefois, et ce qui me
fait vous écrire, ce que je vous ay écrit…Notre Seigneur
vous donne la santé parmi tout ceci, je l’en remercie de
tout mon cœur. Et le prie à la Sainte messe où je vous
voy devant Dieu tous les jours qu’Il vous conserve.
Dès que le beau temps sera venu, j’espère partir et
aller droit à Anger où Dieu sait de quelle joie j’y verray
vos filles.
Mr Escart
[Pierre Escart, né dans le Valais en 1612, il
rejoint la Congrégation le 6mars 1637 et est ordonné
prêtre en 1638. Il officiera ensuite à Annecy, puis à
Richelieu]
m’a parlé d’une qui est à Bicêtre qui égare
bien les autres. Il sera bon que vous voiez ce qu’il y
aura à faire.Voilà Mad
[emois]
elle ce que je vous diray
pour finir, que je me recommande à vos prières et à
celles de nos chères sœurs, qui suis dans l’amour de
notre Seigneur, Votre très humble serviteur… »
Au sujet de ce séjour à Valpuiseaux, dans
La Vie de
Saint Vincent de Paul
– Collet, vol. I, pp. 472-473 :
« Cependant pour désarmer la colère de Dieu,
& apprendre à ceux, avec lesquels il étoit, à faire
la même chose, le Saint leur prêchoit et par ses
paroles, et par ses exemples, la nécessité de
faire pénitence. Il en faisoit lui-même une très
rigoureuse. Mal chauffé pendant un hyver fâcheux,
nourri avec du pain de seigle & de fèves, mangeant
si peu, qu’assez souvent, après avoir pris réfection,
il avoit le tems de faire une partie de la Lecture de
table ; distribuant à des paysans, qu’il faisoit manger
avec lui, ce qu’on lui servoit de moins mauvais, il
ne laissait pas de travailler au salut des habitans
du Val de Puisseaux. Il les exhorta par un discours,
qui ne se sentoit point de la caducité de son âge,
à faire un bon & saint usage de la guerre & des
troubles dont ils étoient menacés ; il leur fit voir que
le renoncement au péché, une Confession exacte,
une satisfaction proportionnée à leur faute, étoient
les seuls moyens de se procurer la paix avec Dieu,
& avec les hommes. Cette seule prédication lui
réussit mieux, que celles d’un Carême entier ne
réussissent à d’autres. La plupart des Paroissiens
voulurent se réconcilier, & comme le Curé du lieu
ne pouvoit suffire à leur empressement, notre
Saint, avec un autre Prêtre de sa Congrégation, s’y
livrèrent tout entier. »
€ 10’000 - 15’000




