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L'ouvrage est surtout remarquable par le
délire typographique
(dixit Antoine Coron) mis en œuvre par l'auteur qui
succomba à l'obsession de l'horreur du vide. Selon ses propres termes, l'extravagant typographe « bariola » donc son livre
d'un grand nombre de vignettes sur bois, pierre et cuivre, et l'enrichit de documents divers.
Incapable de limiter son discours,
[il]
y ajoutait en effet sans cesse des notes complétées de sous-notes, de feuillets
intercalaires, de dépliants et même de papillons collés sur ceux-ci. Ce foisonnement d'additifs, cette accumulation de
procédés, jusqu'à l'annotation autographe, font qu'aucun des exemplaires n'est exactement semblable, qu'il n'en existe
pas non plus d'idéal. La plus extravagante des productions de Cirier est aussi la plus rare : à peine publiée, son auteur
annonça qu'il allait la détruire sauf « cinq ou six » exemplaires. On n'en connaît guère plus
(Antoine Coron in
Des livres
rares depuis l'invention de l'imprimerie,
n°241).
Finalement, comme l'annonçait Cirier sur la couverture,
L'Apprentif administrateur
est bien une
publication qui a la
prétention de ne ressembler à aucune autre.
À son sujet, Raymond Queneau, à qui l'on doit l'honneur d'avoir tiré notre
auteur de l'oubli, a d'ailleurs écrit dans
Bâtons, chiffres et lettres : Aucun fou littéraire n'a jamais fait usage d'une façon
aussi profonde des ressources de l'imprimerie, ni aussi consciente pour exprimer son délire. L'indignation du persécuté,
l'exaltation du paranoïaque ne peuvent utiliser plus de majuscules ou de points de suspension que les auteurs, déjà
cités, et l'étrangeté des conceptions cosmogoniques des schizoïdes n'a jamais su, du moins à ma connaissance,
transgresser la rigueur des lois gutenbergiennes de la composition.
Tirage à 100 exemplaires.
Outre le
Mémoire à l'appui d'une pétition
(1 f.n.ch.), les IV pages de
Dédiquasse
[sic], et les 24 et 72 pages de texte
(les pp. 19-24 de la seconde partie n'existent pas, comme dans les deux exemplaires numérisés de la BnF et un autre en
mains privées), notre exemplaire comprend un double feuillet (
Études et tribulations
), un feuillet non chiffré portant le
grand chiffre III dans l'angle supérieur gauche, 2 planches dépliantes (sur un maximum de 5), dont le grand tableau
généalogique, ainsi que 14 petits papillons ou feuillets (ou cahiers) et 20 vignettes lithographiques ajoutés dans le texte
ou en bas des pages. Le sceau de cire rouge est bien présent sur la couverture.
S
UPERBE RELIURE DE
J
EAN DE
G
ONET EN LAMES D
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ÉBÈNE
, dont l’aspect brut de sciage et l’irrégularité des formes, outre
une forte connotation Art premier, semble nous préparer au désordre du livre, si ce n’est à celui de l’esprit de l’auteur.
Elle a figuré à l’exposition de 1987 à l’atelier Jean de Gonet Artefacts (n°1, reproduction au catalogue).
Restauration de papier à la couverture et au premier feuillet de texte. Un bifeuillet volant (oubli au moment de la reliure).
Reliure reproduite page précédente




