ADER. Paris. Femmes de lettres et manuscrits autographes - page 360

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Haïfa 20 octobre
. Elle est en Palestine depuis dix jours… « Autour de Jérusalem, la terre est très desséchée, mais même là il y a des
colonies. Presque toute la terre est inculte, mais on n’a même pas besoin de demander, quand on voit des arbres ou des cultures,
c’est presque toujours des juifs à qui elles appartiennent. C’est étonnant ce qu’on a fait déjà malgré des grandes difficultés. […]
Ce qu’il y a de plus encourageant, c’est le type très supérieur des Halutzim : les pionniers. J’ai vu une colonie qui date d’un an,
20 couples jeunes, forts, pleins d’espoir, dans un endroit incroyable seulement des pierres. Ils ont déjà fait la terre des champs,
ont des vaches, font du beurre ; leurs cabanes sont élémentaires comme simplicité, mais tout si propre. L’unique ornement, les
bougeoirs d’argent pour vendredi soir. Ils travaillent tous très dur, parlent tous hébreu, semblent si heureux. Il y a du reste une
grande atmosphère d’espoir, d’amour pour le pays. Ils ne veulent pas de charité mais qu’on fonde des industries pour qu’il y
ait du travail »… Elle décrit encore la ferveur des « juifs polonais qui ne font rien pour bâtir le pays, que pleurer. Les nouveaux
immigrants ressemblent plutôt à des jeunes fermiers du Canada ou de chez nous. C’est si touchant d’être le samedi à Jérusalem,
tous les magasins fermés, personne ne va en voiture, il y a une telle paix »… Elle raconte ses visites de Jaffa, Tel Aviv, Haïfa…
26 octobre 1923
. Elle a quitté avec peine la Palestine : « C’est un pays si intéressant et si attrayant, jamais je ne me suis sentie si
at home
nulle part. Nous avons été si enchantés de Haïfa que nous allons acheter de la terre sur le Mont Carmel. C’est un bon
placement, puis, plus il y a de la terre en des mains juives, mieux cela vaut. […] Les nouveaux immigrants sont un type si supérieur.
Ils sont jeunes grands, forts, cultivés et font avec amour les travaux les plus durs. […] Ils vivent sur leur sol et parlent hébreu. […]
Ils sont juifs comme on respire […] Le sol est très fertile […]. Le gouvernement anglais harcelé par les antisémites en Angleterre ne
veut pas dépenser de l’argent en Palestine pour assainir les marais, travaux publics et que les arabes trouvent superflus. […] C’est en
ce moment les américains qui font vivre le pays »… Elle évoque également la naissance de plusieurs secteurs d’industrie et l’arrivée
des capitaux : « Ce qui est important et essentiel c’est que les juifs du monde se rendent compte de leurs responsabilités et aident
les créations d’industrie où ils gagneront de l’argent »…
668.
Marie-Berthe de R
OHAN
, duchesse de MADRID
(1868-1945) princesse autrichienne, seconde épouse (1894) de
Charles de B
OURBON
, duc de Madrid, prétendant aux trônes d’Espagne et de France (1848-1909).
Lettre autographe signée « Marie Berthe », Vienne 14 janvier [1934], à Jean-Louis-Napoléon Régnier, duc de M
ASSA
;
2 pages in-4.
100/150
« Il y a des personnes de
l’ancienne
famille ici, qui sont beaucoup chez moi. – Ils ont toujours leurs rang ici. Il y a des garçons et
des filles de différents âges à marier. – Mon séjour chez la famille Raoul de Rohan m’a laisser un bon souvenir »…
O
N
JOINT
2
L
.a.s. de Philippe de BOURBON-BRAGANCE (1847-1922, petit-fils de François I
er
des Deux-Siciles) et une de son
épouse morganatique Maria-Flora Boonen, comtesse d’E
SPINA
(1847-1912), Nice ou
château de Guran
1905-1911, [à la duchesse ou
au duc Charles L
ANNES DE
M
ONTEBELLO
], dont une dénonçant le faux comte de Valbranca, qui « ne se nomme qu’Emilio Weiss », et
son ex-gendre, « enfant naturel de mon frère », qui « n’est pas des Bourbons et encore moins des Bourbons Deux Siciles »…
669.
Marthe HANAU
(1886-1935) « la Banquière des années folles », femme d’affaires qui fut impliquée dans un
important scandale financier, elle se suicida.
Lettre dactylographiée signée « Marthe Hanau », avec quelques ajouts autographes, Paris 14 février 1935, à Marcel
L
ABBÉ
, professeur à la Faculté de Médecine ; 3 pages et demie in-4 à son en-tête
Marthe Hanau
.
400/500
R
ARE
LETTRE
SUR
SA
GRÈVE
DE
LA
FAIM
,
DONT
LE
PROFESSEUR
L
ABBÉ
A
CONTESTÉ
LA
VÉRACITÉ
DANS
UN
ARTICLE
DE
L
A
PRESSE
MÉDICALE
.
[Incarcérée à la Prison Saint-Lazare en
1928 pour escroquerie financière et abus de
confiance, Marthe Hanau entame une grève
de la faim, puis s’évade de l’hôpital dans
lequel elle a été transférée pour finalement
regagner spontanément la prison. Elle sera
libérée sous caution avant d’être à nouveau
condamnée en 1934 ; elle se suicidera à la
Prison de Fresnes l’année suivante.]
« Vous avez commis une mauvaise action.
[…] En ce temps où la calomnie et le mensonge
règnent souverainement, vous ébranlez notre
foi en la vérité scientifique. […] Emprisonnée
arbitrairement, ayant épuisé vainement
et seize mois durant, tous les moyens en
mon pouvoir pour dresser publiquement
les preuves de l’inanité de l’accusation
d’escroquerie dont on m’accablait, victime
d’un véritable déni de justice […] j’ai recouru
au seul mode de suicide que la prison laissait
à ma portée. Était-ce là manière de chantage, comme vous ne craignez pas de l’écrire ? »… Elle dément avoir accepté les piqûres
nutritives et avoir jeûné partiellement : « Afin d’en avoir plus tôt fini, j’ai, moi, au contraire, adjoint à la grève de la faim, la grève
de la soif, ce supplice sans nom. […] les expertises officielles […] établissent, sans contestation possible, que ma grève de la faim fut
intégrale. Elle fut si
mal supportée
, Monsieur le Professeur, que, du propre aveu des praticiens, les accidents mortels menaçaient
sous quarante-huit heures, lorsque sur leurs objurgations, je consentis à m’alimenter le 27
ème
jour, à Saint-Lazare, en vertu d’un
véritable
contrat judiciaire
[…]. À ce moment, la liberté m’était promise qui allait me permettre de me défendre et de me réhabiliter
en prouvant la vérité »…
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