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135 STENDHAL.
▪
Le Rouge et le Noir. Chronique du XIX
e
siècle.
Paris, A. Levavasseur, 1831.
2 volumes in-8, demi-maroquin à
long grain rouge avec coins sertis d’un filet doré, dos lisse orné en long de fleurons dorés à fond criblé, non rogné,
couverture (
Mercier, succ. de Cuzin
).
▪
La Chartreuse de Parme. Par l’auteur de Rouge et Noir.
Paris, Ambroise Dupont, 1839
. 2 volumes in-8, demi-
maroquin à long grain orangé avec coins sertis d’un filet doré, dos lisse orné en long de fleurons dorés à fond criblé,
non rogné, couverture et dos, chemises à recouvrements de demi-maroquin assorti doublées de veau rose, étui collectif
(
Mercier, succ. de son père, 1913
)
.
150 000 / 200 000
Exceptionnelle réunion des deux chefs-d’œuvre de Stendhal accompagnés des contrats d’édition originaux de
l’auteur, pièces extrêmement précieuses et uniques.
I.
Le Rouge et le Noir
Édition originale, très rare et extrêmement recherchée.
Manifestement imprimée à
750
exemplaires, cette première édition ne connut pas de tirage en grand papier.
Elle est ornée sur le titre de chaque volume d’une vignette d’
Henry Monnier
reprise sur la couverture.
Très bel exemplaire à toutes marges, avec témoins, bien complet de l’avis de l’éditeur, de la note de l’auteur et des plats
de couverture.
Cité par Carteret dans le
Trésor du bibliophile
et par Cordier dans la
Bibliographie stendhalienne
, l’exemplaire a été
finement relié par Émile Mercier à l’orée du XX
e
siècle.
Précieuse provenance stendhalienne : l’exemplaire a figuré dans la collection Legrand (
1912
, I, n°
1027
), qui avait fait
établir tous ses Stendhal par Mercier du même maroquin rouge décoré de fers romantique ; puis dans celle du marquis de
Piolenc (
1913
, n°
524
), dont les éditions originales de Stendhal, acquises pour la plupart lors de la vente Legrand, avaient
été enrichies par ses soins d’autographes parmi les plus précieux, tel celui-ci ; et enfin dans la bibliothèque du marquis
Du Bourg de Bozas (
1990
, I, n°
260
), héritier de Gustave Chaix d’Est-Ange, avec ex-libris.
L’ouvrage est enrichi par l’exemplaire personnel conservé par Stendhal du contrat d’édition du
R
ouge
et
le
N
oir
,
passé avec Alphonse Levavasseur le
8
avril
1830
.
Ce précieux document manuscrit, copié sur la première page d’un feuillet in-
4
replié et monté sur onglet en tête du premier
volume, détaille avec précision les conditions de l’édition du roman d’Henri Beyle, qui ne porte pas encore pour titre
Le Rouge et le Noir
mais
Julien
, avant d’être rebaptisé au mois de mai
1830
.
Stendhal avait repris la première version de son manuscrit, jugée trop courte, en janvier
1830
et n’avait alors achevé que
la première partie du roman. Il dut en rédiger la seconde dans la hâte pendant qu’on imprimait la première. Les deux
volumes parurent le
13
novembre
1830
, sous le millésime de
1831
, avec ce sous-titre trop souvent oublié :
Chronique de
1830
.
Par ce contrat, Stendhal vend à Levavasseur « le droit d’imprimer et de publier son roman intitulé Julien ou autrement,
à quinze cents exemplaires avec leur main de passe ». Suivent le détail du tirage prévu, en deux éditions, in-
8
et in-
12
,
de
750
exemplaires chacune, et les modalités de paiement du manuscrit : vendu
1500
francs par l’auteur, il devra être remis
à l’éditeur « vers la fin du présent mois d’avril », délai qui ne sera pas respecté. Enfin, « M. Levavasseur s’oblige à en
remettre vingt-cinq exemplaires gratis à l’auteur. Le titre sera Julien, par M. de Stendhal. », etc.
Revêtu des signatures autographes d’Henri Beyle et d’Alphonse Levavasseur, le document comporte plusieurs
ajouts et corrections de la main de l’écrivain : « Henri Beyle, propriétaire rue Richelieu n°
71
» et « Julien ou
autrement », ajoutés dans des blancs ménagés par le scripteur ; deux lignes biffées et remaniées concernant le règlement
de ses droits par billets à échéance : « remise du manuscrit [...] cinq cents francs en un billet à trois mois et cinq cents francs
en un billet à six mois » ; mais surtout, la phrase centrale : « Le titre sera Julien, par M. de Stendhal » ; et, à la fin du
document, les mentions « Approuvé l’écriture » et « Approuvé douze mots rayés nuls ».
Stendhal a de plus titré le document sur le revers du pli, en marge du second feuillet, en y inscrivant à la plume : « Julien,
marché :
1 500
f. en
3
payements
8
Avril
1830
», et encore : « Marché Julien »
(voir la reproduction en 1
ère
de couverture)
.
Provenant des archives de l’écrivain qui furent léguées à sa mort à son cousin, ami et exécuteur testamentaire Romain
Colomb, par qui il fut pieusement conservé et légué à sa fille Claire Bos de Chavanon, ce contrat d’édition du
Rouge et le
Noir
passa ensuite entre les mains d’Auguste Cordier, qui le fit imprimer en
1900
dans son ouvrage
Comment a vécu
Stendhal,
avant d’échoir à Casimir Stryienski. La version établie par Vittorio Del Litto en
1999
dans la
Correspondance
générale
n’a pu être établie que d’après l’ouvrage d’Auguste Cordier.